L'industrie du PC a peur du portable « low cost »

Les constructeurs de PC s'engagent à reculons dans la voie des portables à bas coût. Car l'industrie craint de voir ce créneau cannibaliser une partie de ses ventes de portables traditionnels. Mais impossible d'ignorer plus longtemps le phénomène.

aspire oneAprès une période de réticence, tous les grands noms de l'industrie du PC se sont engagés dans la voie du netbook, appellation signée Intel et désignant les ultraportables à bas coût. HP, avec son Mini Note (499 dollars aux Etats-Unis, 450 euros en France à la rentrée), Acer, avec son Aspire One (300 euros environ, en photo ci-contre) puis Dell, avec la série E (à partir de 300 dollars), ont emboîté le pas à Asus, le constructeur taïwanais qui avait montré le chemin en début d'année avec ses désormais célèbres EeePC.

Une galerie de grands noms auxquels il faut désormais ajouter Lenovo ; le Chinois ayant annoncé le lancement d'un modèle, l'IdeaPad S10 (330 euros env. à partir d'octobre). Et, selon le Financial Times, les autres grands acteurs du marché du portable que sont Toshiba, Sony et Fujitsu s'apprêtent à s'engager dans la même voie. En quelques mois, Asus aura donc contraint les principaux industriels - à l'exception d'Apple - à le suivre dans cette voie.

"L'industrie est effrayée par ce phénomène"

Contraint ? Oui, car derrière les discours de façade - sur le thème : les netbooks sont des secondes, voire des troisièmes machines; elles font grossir le marché dans son ensemble -, l'inquiétude est réelle. En témoigne cet entretien avec un dirigeant d'AMD, fondeur qui, au contraire d'Intel, ne propose pas de puce spécifique pour le marché des netbooks, dont nos confrères de PCWorld publie des extraits. Pat Moorhead, le vice-président pour le marketing, y explique : "Le fait que de nombreux modèles sortent semble indiquer que ce marché croît. Mais ce qui est intéressant, c'est que quand les masques tombent, tout le monde dans l'industrie semble effrayé par le phénomène". Selon lui, les constructeurs redoutent de voir ces machines à bas coût remplacer une partie de leurs ventes traditionnelles. Dans le grand public mais aussi en entreprise. Avec des effets désastreux sur les marges.

Plus de 10 % des ventes en France

D'autant que la multiplication des modèles de netbook ne fait que renforcer la crédibilité d'un scénario noir. L'arrivée de machines plus puissantes, avec des écrans plus spacieux, pourrait conduire une partie des consommateurs, mais aussi des entreprises, à déporter leurs achats de portables "standards" vers cette nouvelle catégorie de PC. Richard Slim, analyste au cabinet d'études IDC, relativise toutefois la menace : selon lui, le risque de cannibalisation diminue avec la baisse des prix des portables traditionnels.

En France, le phénomène du low cost est particulièrement saillant. Selon Gartner, au cours du deuxième trimestre, les netbooks représentaient 10,6 % des ventes de portables. Un succès qui a permis à Asus de se hisser à la quatrième place au classement des constructeurs dans l'Hexagone. On comprend mieux pourquoi les grands noms de l'industrie n'ont eu d'autre choix que de s'aligner.

Pour en savoir plus :

Voir également, notre revue de presse pour un article de Channel Register se penchant sur le retour de Microsoft dans ce segment au départ dominé par Linux, segment qui aurait pu être pour l'OS libre une façon de percer sur le poste de travail.

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