Résultats : Après une année de pertes STMicro supprimera 4 500 postes en 2009

Le 4ème trimestre a confirmé ce que laissait entrevoir le 3ème : en dépit d’une bonne résistance au regard du secteur, STMicro pâtit de la crise et de la dépréciation d’actifs lourds à porter, concluant l’exercice avec de lourdes pertes et un recul de son activité. Conséquence : la direction promet du sang et des larmes pour 2009 et annonce la suppression de 4 500 postes. Une décision que craignaient les syndicats.

Fin d’exercice particulièrement difficile pour STMicro qui annonce la poursuite de sa restructuration et la suppression de 4 500 postes en 2009. Le fabricant franço-italien de composants électroniques a terminé l’année avec une perte abyssale de 786 millions de dollars sur un chiffre d’affaires en recul de 1,6% à 9,842 milliards de dollars. L’activité a été particulièrement plombée par le recul du chiffre d'affaires de l'activité mémoires flash et des actifs mobiles hérités de NXP. La perte enregistrée est également le fait d’une kyrielle de dépréciations d’actifs, dont ceux liés à la participation dans Numonyx, la coentreprise de fabrication de puces électroniques créée en juillet 2007 avec Intel. Ce même Intel qui, il y a quelques jours, a inauguré une période de publication de résultats particulièrement difficile pour les fabricants de semi-conducteurs, en licenciant 6000 salariés et en fermant plusieurs usines. Il faut dire que l'ensemble de l'industrie envoyait depuis la mi-décembre des signaux alarmants.

Résultat de cette année calamiteuse pour STMicro : Carlo Bozotti, le PDG du groupe, prévoit pour 2009 une réduction de coûts supplémentaires de plus de 700 millions de dollars « grâce aux initiatives de restructuration en cours et aux nouveaux programmes qui visent à redimensionner nos activités de production et à rationaliser nos dépenses ». Les salariés en paieront le prix avec la suppression de 4 500 postes dans le monde. En France, les syndicats s’y attendaient, redoutant récemment dans nos colonnes que la crise soit surtout le prétexte à un plan plus vaste de restructuration conduisant à des licenciements. On y est donc.

Signes avant-coureurs, STMicro avait imposé des périodes de congé sur la fin 2008, et annoncé vouloir recourir au chômage partiel pour le début 2009 sur son site de Tours. Dans ses différentes communications au comité d’entreprise, la direction se déclarait récemment très inquiète, invoquant notamment un 4ème trimestre catastrophique. La direction du groupe, dont l’Etat français est l’un des actionnaires de référence, avait, au niveau mondial, récemment demandé que des congés soient pris sur le premier trimestre 2009. A Tours, cela s’est transformé en chômage « partiel partiel » avec 25 % des 1 000 salariés de l’unité de production absents de manière tournante chaque semaine pendant trois mois. En attendant désormais de savoir si le site sera touché par les suppressions de postes annoncées.

Pour le patron de STMicro, cette restructuration ne sera d’ailleurs pas le seul point d’économie pour l’exercice à venir. Il parie également sur la finalisation de la coentreprise dédiée aux communications sans fil avec Ericsson Mobile Platforms pour améliorer la compétitivité. La poursuite d’un plan de réduction des investissements qui devrait permettre d’économiser 500 millions de dollars sur l’exercice par rapport à 2008.

Mais de manière générale, la société traîne comme un boulet des investissements aujourd’hui dépréciés et surtout son implication dans des secteurs sinistrés. Sur le 4ème trimestre, l’automobile représentait 12,6% du CA mais les revenus en provenance de ce segment ont chuté de 21% par rapport à un 3ème trimestre où la dégradation du secteur automobile pesait déjà sur les comptes. Plus généralement, selon STMicro, « que ce soit par rapport au trimestre précédent ou à la même période de l’exercice 2007, tous les segments de marché ont enregistré une baisse reflétant le ralentissement économique mondial ». Ainsi le CA « Télécommunications » a baissé de 20% par rapport au 3ème trimestre (38,2% de l’ensemble) ; celui de l’Informatique à baissé de 14% (15,5% du CA total) ; celui des Applications industrielles a reculé de 10% (16,7% du CA) et même le grand-public – en dépit des ventes de fin d’année – a reculé de 8%. La chute est encore plus marquée par rapport au 4ème trimestre 2007.

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