Les RIA, un levier pour le réajustement des SI

Les RIA poussent les entreprises à revoir la façon dont sont architecturés les systèmes d'information et les données. Un point qui fait leur force, mais peut constituer pour les DSI un frein à leur adoption. Car la refonte est contraignante.

Avec leur capacité à consommer et agglomérer des services et à proposer des méthodes d'affichage et de visualisation efficaces et ultra-contextualisées, les interfaces riches contraignent les entreprises désireuses de les adopter à revoir l'architecture de leur SI. Ainsi que la qualité de leurs données. C'est un des constats que l'on pouvait dresser à l'occasion d'une rencontre organisée par Adobe, mardi 16 décembre, et entièrement dédiée à la cause de RIA (Rich Internet Application) ainsi qu'à Flash/Flex, le moteur des interfaces riches chez l'éditeur.

« Nous sommes entrés dans une 4ème génération d'architecture », explique Christian Fauré, directeur senior chargé de l'entreprise 2.0 chez Atos-Origin. Une génération baptisée « dataware », qui place les données au centre de toute manipulation informatique. « Elles sont désormais ouvertes, possède des URL qui les rendent faciles à exposer et à consommer » , explique-t-il, montrant combien le contexte actuel est propice à ce changement d'ère. 

Naturellement, les RIA ont un rôle à jouer dans l'évolution de la qualité des données du SI, semble-t-il marteler tant « la qualité est à la base des projets de RIA efficaces. » Sans des données bien structurées, pas de RIA pertinents. Ces derniers sont ainsi un levier vers une refonte, ou du moins vers une amélioration des données de l'entreprise.

Un point que partage Vivek Badrinah, directeur de la technologie chez Orange, qui estime que la mise en place d'interfaces riches a tiré vers le haut la transformation informatique du groupe. Pour répondre à une offre de services extrêmement complexe, car multicanale (Internet, téléphonie mobile et TV), l'opérateur a dû « découpler la couche basse de la couche haute, et fournir une série d'API pour consommer les services sur les interfaces riches ».

Les RIA poussent les démarches SOA (et vice-versa)

C'est ainsi que les RIA sont également le moteur de la SOA. Sans décomposition des applications de l'entreprise sous forme de services, pas de possibilités étendues de mashup par exemple ou encore pas de tableaux de bord décisionnels pertinents.

« L'adoption des RIA est très liée à la SOA dans la mesure où les deux technologies impliquent de repenser l'architecture des systèmes d'information. En ce sens, la SOA est un levier pour les RIA », souligne Rémi Lentheric, directeur de l'offre chez la SSII SQLI, un des partenaires d'Adobe présents lors de la manifestation.

Mieux, les RIA seraient une solution pour fluidifier les travaux d'alignement de l'IT sur les métiers, le point de départ de tout projet SOA. Et de lever un des barrages qui freine sa progression : les relations entre la DSI et les utilisateurs qui définissent les besoins métiers, comme nous l'expliquait au printemps dernier le cabinet d'analyste Pierre Audoin Consultant. « On sait que les querelles de baronnies empêche les projets d'avancer, confirme Christian Fauré. Les RIA imposent aux deux camps de composer ensemble, car ils doivent revoir la conception de la logique applicative. Ils impliquent encore de gérer des flux avec des efforts de scénarisation qui poussent le IT et le business à collaborer. » La cure de communication adéquate en somme.

Autant de perspectives qui se heurtent à un frein majeur pour les décideurs. Car, avant de s'engager sur la voie des RIA, ces derniers doivent reconsidérer leurs données cloisonnées dans des silos, au sein de leurs énormes systèmes legacy. Le passage à un monde plus ouvert ne se fait pas sans douleur... Sans oublier d'identifier la ou les personnes à même de prendre en charge le projet, car « aujourd'hui, il n'y a pas d'architecte des données », relève Christian Fauré.

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