LeWeb’08 : Sun et Microsoft préparent l’avenir en draguant la start-up

Toutes ne réussiront pas, mais elles sont l’objet de toutes les attentions : comme dans les années 2000, la crise actuelle ne dément pas l’intérêt des investisseurs et de l’industrie IT pour les jeunes pousses. Toutes orientées web 2.0, elles peuvent profiter en France des services amicaux proposés par Sun et Microsoft. Un support intéressé, où se dessine déjà l’avenir des stratégies de cloud computing des deux sociétés.

LeWeb’08 est l’occasion de mettre en avant les start-up – venues nombreuses dès la première journée de l’événement –, mais également leurs principaux soutiens du côté des investisseurs et surtout de l’industrie IT. De ce point de vue, en France, Microsoft et Sun tiennent depuis un an le haut du pavé. Le premier avec BizSpark, programme mondial arrivé en France depuis quelques semaines en complément de l’initiative Idées. Le second avec Sun Startup Essentials, programme proposé en France depuis janvier 2008. Deux programmes donc pour un objectif commun pour les deux géants : étendre les écosystèmes respectifs au maximum et – à terme – pouvoir compter sur un réseau de partenaires, de développeurs et d’applications le plus complet possible dans le cadre des offres de services en ligne sur architecture en nuage.

Les approches diffèrent cependant. Question de moyens, un point particulièrement visible sur LeWeb’08. Là où Microsoft est sponsor principal et a mis à disposition de douze de ses jeunes poulains bon nombre de mètres carrés de stands, Sun est absent de la « vitrine », ayant préféré – pour des questions budgétaires et de cible – se concentrer sur le sponsoring de la compétition de start-up, l’un des moments phares de la deuxième journée et qui doit connaître son apothéose aujourd'hui, en fin d’après midi.

Constituer des écosystèmes forts et captifs

Pour Dan’l Lewin, vice-président pour le développement statégique et des nouveaux business, « le modèle de Microsoft est centré sur les partenaires. Il est donc naturel que nous en cherchions de nouveaux. Plus nombreux ils seront, mieux ce sera ». Pour Sun, l’idée est plutôt de se poser en grand frère. Laurent Chiozzotto, responsable du programme Startup Essentials pour la France, explique ainsi : « nous avons mis l’accent sur un dispositif technologique orienté sur une assistance à l’industrialisation des applications Web développées par les start-up. On répond ainsi au problème de montée en charge de la vague Web 2.0 grâce à l’expertise que nous avons développée sur la première vague avec des acteurs de première importance comme eBay ». Une centaine de jeunes pousses ont adhéré au programme du Californien en France pour 4 000 au total dans le monde, notamment en Chine.

Concernant BizSpark, lancé plus récemment mais s’appuyant en France sur le travail de Julien Codorniou, responsable du programme Idées, Dan’l Lewin explique être face à un « succès incroyable » alors même que « l’entrée est limitée aux projets – pas nécessairement structurés dans un premier temps –, qui ont moins de trois ans et génèrent un CA annuel inférieur au million de dollars. On est à bien plus d’un millier d’entreprises inscrites avec un tiers en provenance de l’Europe, un tiers des Etats-Unis et un tiers du reste du monde. Et le réseau de partenaires, notamment côté investisseurs, grossit également ». Aucun chiffre précis, mais le projet de faire un point dans quelques mois pour valider des tendances.

Une approche par le financement et le support technologique

Dans un premier temps, Dan’l Lewin souligne que « l’idée est de faire profiter de la puissance du réseau Microsoft via un programme et une plate-forme de mise en relation. Il ne s’agit pas d’un programme technologique, ni de financement, ni de distribution, mais de tout ça à la fois ». LeWeb’08 est l’occasion – sur un espace réservé par Microsoft - de mettre en avant une douzaine des pépites soutenues par la société.

Très orienté investisseurs selon le vœu de son concepteur Loïc Le Meur, l’événement colle moins au programme de Sun. Laurent Chiozzotto explique que sa société « a créé un écosystème dans lequel il y a tout type d’acteurs, dont bien sûr des investisseurs capables de financer les projets. Plutôt que de le faire directement, nous avons préféré jouer les intermédiaires en mettant notre carnet de contacts à la disposition des start up que nous soutenons ». Autre aspect important de la stratégie du constructeur, « au-delà du financement, on apporte une caution technologique. Ce qui n’est pas sans incidence dans le cas de levées de fonds, les investisseurs voyant d’un assez bon œil que Sun valide le dispositif au niveau de l’infrastructure ».

Le cloud computing n’est jamais loin

Reste l’un des motifs clés de l’investissement des deux industriels américains, motif qui sous-tend une partie de leur action. Chacun a dans ses cartons l‘idée d’imposer son nuage. Dans un paradigme où l’adhésion de communautés de développeurs et d’éditeurs sur l’une ou l’autre des plates-formes existantes ou en création sera très important pour imposer ses propres produits et services, tant Microsoft que Sun cherchent verrouiller à leur écosystème le maximum de futurs acteurs potentiels. Pour Dan’l Lewin « il est très clair que ce programme est aussi à relier à nos développements dans le cloud computing. Nos partenaires pourront à terme profiter de notre cloud ». Et de souligner la proximité cet automne des annonces portant sur le lancement du programme BizSpark et sur Azure, la future infrastructure en nuage de Microsoft.

Les choses sont un peu moins claires chez Sun, en pleine réorganisation. Mais la création d’une division cloud computing chez le Californien parle d’elle même. Pour Laurent Chiozzotto, « on a une légitimité à terme sur l’hébergement Web et les start-up trouveraient naturel que l’on y aille. Pour les développeurs, nous avions l’offre Network.com, mais elle a été suspendue. On pense cependant relancer assez rapidement une offre liée à notre division cloud computing ». Une stratégie que confirme Sun sur le site de son service de grille qui ne sert plus qu’à promouvoir cette future stratégie.

Dans ce contexte, les programmes de financement de start-up sont déjà l’occasion de compter les futures troupes (gouttes ?) des différents nuages en formation.

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