Exaspération des employés de HP

Les circonstances rocambolesques du départ de Mark Hurd, l'ex-Pdg de HP, continuent de poser questions. D'autant que le bilan de ce dernier et ses pratiques managériales et salariales suscitent bien des critiques. Les relations du l'ex-Pdg avec l'ex-actrice Jodie Fisher, motif invoqué par le conseil d'administration pour justifier le départ de Hurd, n'étaient-elles qu'un prétexte ?

Suite à la démission forcée de Mark Hurd, le Pdg de HP accusé d'avoir trafiqué des notes de frais et des factures au profit d'une consultante avec il entretenait des liens étroits, la CFTC de la filiale française du groupe a demandé des explications au Pdg de HP France. Principale remarque du syndicat : pourquoi le dirigeant, accusé d'avoir manqué aux principes éthiques de la firme, reçoit-il malgré tout un parachute doré de 12 M$ (auquel s'ajoutent des stock-options) ? "N'importe quel employé aurait été licencié pour faute grave et poursuivi. Lui, non", remarque le syndicat. "Nous pensons que Mark Hurd ne sera pas regretté par les représentants du personnel et bon nombre d'employés. On a même envie de dire : "bon débarras", tout en regrettant que les circonstances de son départ forcé soient aussi ridicules, mystérieuses et tragiques", écrit la CFTC sur son blog.

Pdg trop gourmand ?

De fait, les circonstances du départ de Mark Hurd continuent d'alimenter les spéculations sur les motivations réelles du conseil d'administration de HP. Selon le Wall Street Journal, au moment de son éviction, Mark Hurd était en train de renégocier son salaire et demandait 100 M$ pour les trois ans qui viennent. Le site d'information financière The Street détaille, lui, les pratiques de Mark Hurd et de sa garde rapprochée en matière de salaires et de frais, en se penchant sur les rapports officiels fournis par HP à la SEC (le gendarme des bourses américaines). En 2008, Mark Hurd (avec une rémunération totale de 43 M$) est ainsi devenu le quatrième Pdg le mieux payé. Ses lieutenants recevant des augmentations comprises entre 31 et 400 % (progression atteinte par Randy Mott, le DSI, qui a touché 28 M$). Les frais de Mark Hurd en matière de déplacement ou de restauration (calculé à plus de 240 000 $ pour ces derniers) sont également pointés du doigt. "La magie Mark Hurd s'est épuisé après deux ans et demi à son poste, écrit The Street. Sur cette période, l'action HP a gagné 137 %. Mais, depuis deux ans et demi, le titre a perdu 20 %. Même si cette performance dépasse celle du S&P 500 (l'indice des grandes valeurs aux Etats-Unis, NDLR), elle est loin de suivre la voie tracée par le rival IBM, dont l'action s'est renchéri de 20 % sur la même période".

Une enquête de satisfaction interne désastreuse

De son côté, Chuck House, un vétéran de HP qui dirige aujourd'hui un programme de recherche à l'université de Stanford, insiste dans un billet de blog sur l'exaspération des employés du groupe à l'égard des méthodes de l'ex-Pdg. Selon lui, la dernière enquête de satisfaction interne (Voice of the workplace), publiée en avril dernier, montrait que plus de deux-tiers des salariés de HP étaient prêts à quitter l'entreprise pour un poste seulement équivalent. "Ce chiffre était habituellement sous les 10 %", écrit-il. Rappelons que l'insatisfaction des employés a déjà été à l'origine du départ brutal d'un autre dirigeant d'une grande entreprise IT : celui de Léo Apotheker, évincé par le conseil d'administration de SAP en février dernier.

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