BlackBerry aux mains des financiers

Le fonds canadien Fairfax Financial propose 4,7 milliards de dollars pour la reprise du pionnier du smartphone en déconfiture. Les analystes y pressentent la préparation d'une vente par appartement fondée sur quelques belles pépites.

Le scénario se précise pour le proche avenir de BlackBerry. Trois jours après l'annonce d'une drastique réduction de voilure, le constructeur canadien confirme la prise en compte de la proposition d'achat d'un groupe d'investisseurs mené par le fonds Fairfax Financial (déjà détenteur de 10% du capital) pour un montant de 4,7 milliards de dollars. Soit près de 20 fois moins que sa valorisation boursière à l'heure de gloire en 2008. Et 2,5 milliards de moins que ce que Microsoft vient d'investir dans la reprise de Nokia. Merrill Lynch, BMO Capital Markets, ainsi que le fonds Quantum Valley de Mike Lazaridis (co-fondateur et ex-co-CEO de Blackberry) seraient également de la partie.

 

Durant la période de due diligence courant jusqu'au 4 novembre, l'état-major du constructeur et le comité « chargé d'évaluer toutes les options possibles » restent ouverts à toute offre alternative. Le recentrage sur le marché professionnel, assorti d'un retrait du marché grand public annoncé en fin de semaine dernière rend de plus en plus improbable la reprise par Lenovo que l'on disait intéressé par un positionnement renforcé sur le segment des smartphones.
 

La prise de contrôle par Fairfax et consorts permettrait d'envisager à court terme une sortie des cotations boursières et une nouvelle restructuration. Dont la filialisation des activités liées à la messagerie BBM qui a fait la gloire du constructeur et la valorisation de l'offre de serveur d'entreprise BES (BlackBerry Enterprise Server) et de services associés seraient les principales composantes. La part de marché en peau de chagrin sur le segment des smartphones (2,8% au premier semestre 2013, contre 5% en 2012, selon les relevés du Gartner) ne ferait plus guère illusion quant à un possible rebond sur le marché grand public. A l'inverse, l'image de marque du BlackBerry et de la messagerie sécurisée, confortée dans le milieu entreprises par le positionnement de l'offre de gestion de parc, désormais ouverte au support des smartphones Android ou iOS, reste un atout de valeur. Sur lequel mise d'ailleurs une bonne part des analystes réagissant à l'annonce de la cession à venir. Dont ceux du Gartner.

 

Quid du proche avenir du constructeur ? «La cession qui permettrait de créer du business à partir des actifs de BlackBerry peut être la bonne direction », estime Roberta Cozza, directeur de recherche du Gartner (pour la région EMEA). « Le marché grand public s'est déplacé vers les concurrents, mais BlackBerry peut encore valoriser ses services auprès des entreprises et le portefeuille de brevets est appréciable ». Une vente par appartement qui pourrait aussi faire l'affaire de concurrents tel Microsoft ? « La part de BlackBerry sur le marché des smartphones était déjà en fort déclin depuis quatre trimestres, et Windows Phone est bien positionné pour prendre quelque peu de cette part auprès des utilisateurs en entreprise », analyse Roberta Cozza.

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