HP lance Helion Network, une fédération de clouds OpenStack mondiale

Le constructeur veut contrer les géants du cloud avec une fédération réunissant les offres des fournisseurs de services utilisant sa pile OpenStack Helion à travers le monde.

HP ne devrait finalement pas lancer HP Cloud, son service de cloud public en Europe. Comme il le laissait entendre depuis plusieurs mois par la voix de son directeur cloud Europe, Xavier Poisson, le constructeur semble aujourd’hui privilégier la constitution d’une vaste alliance de fournisseurs de services cloud, baptisée Helion Network, qui auront en commun l’usage de sa plate-forme OpenStack et pourront fournir aux clients des hébergements locaux et une palette de services communs à travers le monde. Parmi les premiers membres du Helion Network annoncés cette semaine à Discover, figurent des opérateurs comme AT & T, BT et Hong Kong Telecom et il est vraisemblable que d’autres devraient les rejoindre aux environs de la rentrée, notamment Numergy, la filiale cloud de SFR et Bull, qui a misé sur la plate-forme Helion d’HP et sur les serveurs de la marque pour l’élaboration de son cloud OpenStack.

Un réseau  fédéré de fournisseurs cloud OpenStack  l'échelle mondiale

Comme l’a expliqué Xavier Poisson lors d’un entretien avec un groupe de journalistes européens, dont LeMagIT, à Las Vegas, Le réseau Helion sera constitué d’opérateurs cloud indépendant qui partageront un certain nombre d’éléments de catalogue de service et rendront transparents leurs SLA afin de garantir aux clients l’interopérabilité des services délivrés. Sur la base de ces SLA, les différents opérateurs du réseau pourront échanger des services sur des bases géographiques par exemple. Ainsi, BT pourra par exemple proposer à ses clients des services Helion OpenStack à l’échelle mondiale même si ses propres datacenters ne couvrent pas certaines zones en s’appuyant sur des accords négociés avec d’autres membres du réseau (un peu comme le font Aujourd’hui les opérateurs avec leurs services MPLS). Bien sûr les clients pourront, s’ils le souhaitent, sélectionner eux-mêmes leur fournisseur dans chaque pays, s’ils préfèrent une relation directe avec chaque acteur.

L’un des avantages de cette approche décentralisée, explique Xavier Poisson, est qu’elle règle les problèmes de localisation de données et de conformité, les clients pouvant choisir des fournisseurs locaux dans chaque pays ou zone géographique où ils opèrent. Un modèle qui contraste singulièrement avec les approches mondialisées d’acteurs comme Amazon, Google, VMware ou IBM. Cette approche a aussi l’avantage de ne pas fâcher HP avec aucun de ses partenaires, puisqu’il ne concurrencera pas leurs services mais jouera au contraire un rôle de marchand d’armes et de promoteur de leurs offres. Avec l’approche Helion Network, HP espère donc faire coup double : être à même d’offrir à ses clients un portefeuille de services cloud OpenStack mondial tout en accroissant ses chances de devenir le fournisseur des grands opérateurs cloud « indépendants, mais aussi des multiples intégrateurs systèmes qui à travers le monde commencent à lancer leurs propres services cloud.

L’annonce a aussi été l’occasion pour HP d’en dire plus sur sa pile OpenStack Helion. Le constructeur a déjà présenté en mai la version communautaire de sa pile OpenStack – HP Helion OpenStack Community -, gratuite et 100 % Open Source et il dévoilera fin juin la version Preview de sa distribution commerciale — HP Helion OpenStack – enrichie de composants techniques maison et de fonctions HA. Cette seconde version a pour but de séduire les services providers mais aussi les entreprises cherchant à bâtir leurs propres cloud OpenStack privés. Elle permettra aussi aux entreprises de mettre en place des stratégies de cloud hybride en conjonction avec les services offerts par les partenaires du réseau Helion Network. Notons qu’en juin, HP proposera aussi une première itération de sa plate-forme PaaS dérivée de Cloud Foundry – HP Helion Development Platform, Community Edition.

Helion OpenStack : une offre proposée à des tarifs agressifs

Côté tarif, HP est agressif, voire très agressif. Sa distribution OpenStack couplée à sa propre distribution Debian Linux sera proposée au prix unique de 1400$ par serveur et par an (avec des tarifs dégressifs au-delà de 50 serveurs), un prix qui semble plus que raisonnable face aux tarifs d’un VMware, d’un Microsoft ou d’un Red Hat. On comprend mieux d’ailleurs l’agacement de ce dernier qui lors du Red Hat Summit, avait laissé entendre qu’il ne certifierait pas sa plate-forme Linux pour les plates-formes OpenStack tierce. Une annonce surprenante de la part d’un acteur dont la position officielle est de se faire le chantre de l’ouverture et de l’OpenSource. Interrogé sur le sujet, Steve Dietch, le VP cloud d’HP a souligné les contradictions de Red Hat tout en indiquant que HP Helion, dont le code est dérivé d’HP Cloud, s’appuie sur près de 3 ans d’expérience de cloud OpenStack en production et que sa compatibilité avec Red Hat n’a jamais été prise en défaut…

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