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S/4HANA : la majorité des clients SAP veulent rester sur ECC6 (malgré la fin du support en 2025)

Un rapport de Remini Street souligne la réticence de 80% des clients américains de SAP à migrer vers la nouvelle version de l'ERP. Des clients qui ne déploieraient plus non plus les Enhancement Package. Mais la situation est à nuancer.

La migration vers SAP S/4HANA n'est pas à l'ordre du jour pour de nombreux clients SAP, et malgré l'échéance de 2025, date à laquelle SAP mettra fin au support d'ECC6. C'est en tout cas ce qu'indique un rapport de Rimini Street, qui fournit des services de support tiers pour SAP et Oracle.

Le rapport conclut qu'une majorité de clients SAP (79%) prévoient de rester sur leur déploiement actuel de SAP ECC6, au moins jusqu'en 2025.

Plus précisément, 53 % déclarent qu'ils prévoyaient de faire tourner leurs « applications SAP actuelles au moins jusqu'en 2025, tout en explorant des alternatives ». Les 26% disent qu'elles prévoient de faire tourner leurs « applications SAP au-delà de 2025 ».

Le rapport intitulé « How SAP Customers Are Responding to the Planned 2025 End of ECC6 Mainstream Maintenance Deadline » compulse les réponses de 148 organisations nord-américaines qui utilisent divers produits SAP - SAP R/3 4.x, ECC5, ECC6, S/4HANAC/4HANA et la base in-memory HANA. Les personnes qui ont participé à l'enquête occupent divers postes dans les domaines de l'IT, des finances et des achats / approvisionnements.

Les clients SAP veulent le contrôle

L'enquête indique que les clients de SAP veulent reprendre le contrôle de leur destin, résume Hari Candadai, vice-président mondial du marketing produit de Rimini Street.

« Le thème principal, c'est que les clients SAP prennent désormais le contrôle de leurs feuilles de route et se déconnectent, ou souhaitent se déconnecter, de la fin prévue du support de SAP pour 2025 pour la gammes ECC », explique-t-il. « Ils veulent faire ce que leurs métiers veulent qu'ils fassent ».

En outre, le rapport montre qu'environ un quart seulement des personnes interrogées prévoient une migration vers S/4HANA. Plus d'un tiers, 35%, n'ont « aucun projet de migration » et 32% sont « indécis ».

Toujours selon le rapport, seules 11 % des personnes interrogées ont déjà migré ou sont en cours, et 22 % sont en train de planifier leur migration.

En interne, les clients de SAP ont aussi du mal à justifier une migration vers S/4HANA, ajoute Hari Candadai. Ils n'auraient pas non plus les ressources nécessaires pour lancer un tel projet et veulent au contraire maximiser les investissements dans ECC6, où ils ont souvent dépensé des millions de dollars en personnalisations et développements spécifiques.

« Il n'y a pas d'envie de migrer - ou d'être forcé de migrer - sur S/4HANA, même avec l'échéance de 2025 qui approche. C'est très clair », constate Hari Candadai.

Les entreprises n'utiliseraient pas non plus les derniers Enhancement Package d'ECC, qui apportent de nouvelles fonctionnalités à l'ERP historique. Seuls 15 % des répondants ont indiqué qu'ils étaient sous Enhancement Package 8. Les 85 % restants sont sous des versions antérieurs.

Pour Hari Candadai, ce désintérêt pour les mises à jour est probablement dû au fait que les clients n'y perçoivent plus d'innovation clef pour le coeur de produit.

« C'est logique du point de vue de SAP, car ils consacrent toutes leurs ressources et affectent toutes leurs innovations à S/4HANA. Mais cela signifie aussi que les clients n'ont plus de nouveautés significatives pour ECC ».

L'étude montre également que les trois priorités IT des organisations sont l'optimisation des coûts, l'amélioration de la productivité et les projets transformation numérique. Or les budgets informatiques sont stables. Il est donc souvent difficile de trouver des cas métiers suffisamment convainquant pour justifier le coût d'une initiative comme une migration vers S/4HANA, souligne Hari Candadai.

De ce fait, les clients SAP sont donc plus enclins à maximiser les ressources IT existantes et à chercher des moyens de rendre les processus existants plus efficaces, conclue-t-il.

Des rapports à prendre avec des pincettes

Le rapport Rimini Street fait suite à plusieurs autres qui remettent en question la volonté (ou la capacité) des clients SAP à migrer vers S/4HANA au cours des prochaines années.

Mais ces études doivent tous être considérés avec prudence, avertit l'analyste Vinnie Mirchandani, fondateur de Deal Architect, une société de conseil en ERP.

« Personne ne sait véritablement ce qu'il en est, parce qu'il s'agit de décisions complexes et que vous parlez de milliers de clients », dit-il. « Il est donc difficile de généraliser. Ceci étant, l'année à venir ou les deux prochaines années vont nous dire plus clairement ce que les clients choisissent de faire ».

En attendant, et à l'inverse de Remini Street, Vinnie Mirchandani se dit surpris par le nombre de clients qui ont implémenté S/4HANA ou qui prévoient de le faire. Bien que les chiffres soient relativement faibles au total, ils sont plus élevés que ce à quoi il s'attendait.

Par ailleurs, le fait de rester à l'ECC6 a également des inconvénients. L'environnement IT évolue très rapidement. Et les entreprises qui ont des systèmes existants vieillissant éprouvent de plus en plus de difficultés à recruter de jeunes talents habitués à des plateformes de type Salesforce ou Google qui ne sont pas compatibles avec ABAP, le langage de programmation par défaut des applications SAP, explique Vinnie Mirchandani.

« J'ai entendu certains DSI dire : "Je pourrais rester sur ECC, mais je vais rater tout ce qui est Machine Learning et toutes les innovations qui arrivent », raconte l'analyste. « Donc faites bien attention à votre stratégie, même si vous restez sous ECC, parce ce n'est pas aussi simple que de dire "je reste sous ECC et je me moque du reste". »

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