Apple, le coup de projecteur qu’attendait ARM pour s’inviter solidement sur le marché de PC ?

La firme à la pomme vient d’annoncer la migration de ses ordinateurs personnels vers ses propres puces ARM, marquant l’abandon graduel d’Intel et, avec lui, des processeurs x86. L’annonce d’une lame de fond ?

La rumeur prêtait à Apple, depuis longtemps maintenant, l’ambition de produire des ordinateurs portables animés par des puces ARM. Les spéculations avaient été relancées l’an dernier, Bloomberg indiquant alors que le groupe prévoyait de commencer à produire des Mac animés par des puces conçues en interne dès cette année. De son côté, Axios assurait à l’époque que les « développeurs et responsables d’Intel s’attendaient à une telle initiative dès l’an prochain ». Tim Cook, le patron d’Apple, vient de lancer officiellement cette migration, à l’occasion de l’ouverture de la WWDC, la conférence développeurs du groupe.

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Une transition de plus

Comme il l’a rappelé, Apple a déjà, par le passé, su faire changer son matériel de CPU sans trop de peine pour les développeurs et les utilisateurs, lors de l’abandon des processeurs 68K au profit des PowerPC, puis de ceux-ci vers des puces x86 d’Intel. Et cette fois-ci, il s’agit de capitaliser sur l’expérience acquise avec les iPhone et iPad, notamment, la sauce secrète d’Apple : « intégrer matériel et logiciel est fondamental dans tout ce que nous faisons. C’est ce qui rend nos produits si bons. Et le silicone est cœur de nos produits ». De quoi se concentrer sur le ratio performances/watt.

Par le passé, Apple avait appris à gérer la cohabitation de machines à architectures matérielles différentes, sans laisser de client au bord du chemin. Alors le groupe ressort ses vieilles recettes, entre applications dites universelles et Rosetta, lequel, dans sa version 2, doit pouvoir assurer la « traduction » d’une application à l’installation, pour améliorer l’expérience utilisateur, tout en supportant l’adaptation à la volée lorsque c’est nécessaire.

La démonstration faite de Maya ou d’un Tomb Raider récent sur un prototype de Mac à base de puce ARM, est à cet égard assez impressionnante. Et cette machine se contente d’une puce A12z, celle-là même qui équipe les iPad Pro mouture 2020. Et puis la firme peut en prime promettre l’exécution native des applications iPhone/iPad sur Mac. Le premier Mac à puce ARM est attendu pour la fin de l’année. La transition doit s’étaler sur deux ans.

Mais si cette migration n’avait pas nécessairement un impact commercial immédiat significatif pour Intel, elle pourrait envoyer à toute l’industrie un signal majeur, potentiellement préjudiciable également à AMD : les systèmes sur puce ARM constituent des alternatives viables aux processeurs x86.

ARM ne fait pas mystère de ses ambitions sur les ordinateurs portables. En mai dernier, il a présenté le cœur Cortex-A77, aux performances et à l’efficacité énergétique considérablement améliorées par rapport à son prédécesseur, le Cortex-A76. Et ARM apparaît aussi de plus en plus attractif sur les serveurs ou même les supercalculateurs. Le processeur Rhea de SiPearl, prévu pour 202, devrait être plus puissant qu’un x86, en profitant notamment de cœurs Neoverde Zeus conçus par ARM pour travailler en parallèle aussi bien que les puces d’Intel et d’AMD.

Un nouveau relais de croissance

Enfin, avec cette transition, Apple se donne les moyens de relancer la machine à renouvellement matériel. Les apports des processeurs Intel, d’une génération à l’autre, ne sont plus, depuis plusieurs années, suffisants pour motiver les utilisateurs à rafraîchir leur équipement. Avec un Mac, notamment, il n’est pas rare qu’une machine suffise à répondre aux besoins de manière satisfaisante durant 4 ou 6 ans. Mais avec ses puces ARM, Apple introduit des améliorations voire des ajouts fonctionnels significatifs sinon chaque année, au moins tous les deux ans. De quoi potentiellement inciter les clients du groupe à revenir à des cycles de renouvellement plus courts. De quoi faire de cette transition un nouveau relais de croissance, sans avoir à se lancer sur une nouvelle classe de produits.

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