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Forrester prédit l’avènement du low-code/no-code en 2021

Forrester Research a publié ses prédictions pour 2021 consacrées au développement. Si le cabinet constate que les projets ont connu un ralentissement en 2020, il espère que télétravail, l’automatisation et les outils low-code, provoqueront des changements importants dans certaines organisations l’année prochaine.

Comme chaque année, Forrester Research ressort sa boule de cristal. Cette fois-ci le contexte est particulier : l’année a été largement bouleversée par la crise sanitaire et socio-économique en cours.

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Malgré la spécificité de la période, une dualité subsiste. D’un côté, il y a les entreprises qui avaient déjà adopté les outils et les pratiques modernes de développement. De l’autre celles qui subissent le poids de l’existant et de méthodes de développement parfois vieillissantes (toutefois la majorité des organisations sont adeptes de l’Agile, note le cabinet). Forrester estime qu’en 2021, le premier groupe continuera à accélérer son développement, tandis que le second devra moderniser ses équipes et ses applications existantes pour « maintenir la lumière allumée » (sic).

Le SaaS et le cloud, encore et toujours la priorité des entreprises

En ce sens, le cabinet prédit qu’après une pause entraînée par le COVID-19, les équipes de développement vont reprendre les migrations vers le cloud. Environ 87 % des décideurs d’entreprises de plus de 1 000 employés estiment que migrer les applications existantes vers le cloud est au moins « une priorité modérée », d’après une étude de Forrester. Si le lift and shift restera une pratique courante, beaucoup des organisations veulent moderniser leurs applications : faire évoluer les UX, automatiser les processus, ajouter de nouvelles fonctions, etc. En cela, ces dernières adopteront de préférence des logiciels à la demande, elles en feront d’ailleurs une priorité pour réduire les coûts, selon Forrester.

Cependant, les analystes notent que la proportion de personnes capables d’influencer les achats en faveur de la modernisation ou du remplacement des applications existantes a diminué pendant la crise. Le cabinet de recherche les invite à revoir leurs priorités en 2021 afin de ne pas subir une dette technique de plus en plus contraignante face à des entreprises et des startups qui auront su moderniser leurs couches applicatives.

Des plateformes low-code/no-code pour (enfin) déployer des applications critiques

Les organisations qui s’engagent dans cette modernisation comptent de plus en plus sur les plateformes low-code/no-code. Selon un sondage de Forrester auprès des développeurs, 75 % des équipes de développement utiliseront ces outils d’ici à la fin de l’année 2021. En 2020, 44 % des chefs de projet interrogés relataient que leur entreprise, utilise ou prévoit d’utiliser ces plateformes. Le cabinet observe que les entreprises ayant déjà adopté ces technologies accessibles à un plus grand nombre de développeurs en ont bénéficié pendant la crise.

Mais 2021 devrait marquer un tournant. Il ne s’agit pas seulement d’adopter l’approche low-code/no-code, mais de l’utiliser pour déployer des applications critiques ou moderniser celles déjà en place, tandis que « les programmes de développement citoyen à succès deviendront courants ». Ces deux tendances seront influencées par les grandes ESN qui pousseront leurs clients en ce sens. LeMagIT, lui, a constaté cette année que les entreprises qui commençaient à déployer des applications low-code/no-code modernes, à forte valeur ajoutée, ont adopté les outils il y a un an ou deux ans.

Dans ce contexte, le maintien en place des pratiques de télétravail ne sera pas un frein, selon Forrester, à condition d’adopter des pratiques de gestion adaptées, de mettre en place des war rooms virtuelles plutôt que de forcer les équipes à rester connectées en permanence en visioconférence. De même, certaines entreprises réglementées adopteront les pratiques de value stream management, proposées dans les logiciels de certains éditeurs. Ces outils, encore jeunes, doivent collecter des métriques et faciliter la gestion des pratiques de développement, tout en provoquant l’émergence du BizDevOps.

Le machine learning automatise les tests et… le machine learning

Pour les développeurs qui continueront à écrire du code (ils seront de plus en plus rares si l’on en croit Forrester), 2021 sera l’année de l’utilisation d’outils d’automatisation de tests infusés au machine learning, voire au deep learning. Plus spécifiquement, ces outils bénéficient des avancées en matière de réseaux de neurones récurrents (RNN) et de traitement de langage naturel (NLP). Ils permettront de comparer les similitudes dans le code, d’éliminer les doublons, de détecter plus rapidement les erreurs et les bugs, voire les vulnérabilités. Un tiers des testeurs Q&A utiliseront ce type d’outil l’année prochaine, prédisent les analystes. Ce type d’outils permettra également aux équipes de data science d’optimiser leurs algorithmes, pour accélérer les entraînements et réduire les coûts.

Enfin, les développeurs et les architectes chargés du développement de microservices devraient enfin trouver le moyen d’exploiter correctement les outils de maillage de services, dont le plus populaire d’entre eux, Istio. Malgré leur jeunesse (et leur feuille de route complexe), Forrester estime que ces services mesh facilitent les développements et qu’ils gagneront en maturité l’année prochaine. Les organisations, elles, doivent de leur côté dompter les microservices pour passer réellement en production.

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