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Rachat de SETRA Conseil : Axians complète son offre analytique

En février dernier, Vinci Energies a annoncé l’acquisition de SETRA Conseil. Elle déléguera sa direction à sa filiale ICT, Axians, qui compte bien muscler son offre consacrée à l’analytique.

Vinci Energies a dévoilé pour un montant inconnu le rachat de SETRA Conseil, une PME composée d’une quarantaine de salariés basée à Valbonne, commune qui accueille la technopole de Sophia-Antipolis. Elle dispose d’agences à Aix-En-Provence, Lyon et Paris.

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SETRA Conseil s’est spécialisé dans l’infogérance de base de données 24 h/24 et 7 jours sur 7. Elle propose des solutions à la demande pour plus de 90 clients et administre quelque 650 instances de bases de données Oracle, MySQL, Apache Cassandra, MongoDB, MariaDB, ou encore SQL Server. En 2019, l’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros.

« Historiquement, Axians propose des solutions réseau, de cybersécurité, du cloud, du multicloud et du cloud hybride », rappelle Yves Pellemans, CTO d’Axians France et directeur du département data analytics. « Nous avons déjà une expertise consacrée aux HPC, donc à l’exécution de calcul haute performance, comme des workloads de machine learning, mais nous souhaitons développer un savoir-faire sur la valorisation de la donnée ».

SETRA Conseil, l’atout SGBD d’Axians

En janvier 2020, Vinci Energies avait annoncé l’acquisition d’Appex, devenu depuis Axians IA. Appex est un spécialiste du datawarehousing, de la data virtualisation, de la préparation de données et de la data science. « Nous savions rassembler des données non structurées sur des data lake ; avec les data warehouse dont Snowflake ou Netezza d’IBM, nous pouvons consolider les données structurées. Nous pouvons analyser ces informations avec des HPC. Il nous manquait deux choses : une expertise BI et une de gestion de base de données », liste Yves Pellemans.

SETRA est également un spécialiste de Qlik et de la suite ELK (Elasticsearch, Logstasch, Kibana). Le cabinet apporte apporte ainsi une expertise BI. Mais en la matière, Axians compte sur une autre corde à l’arc de SETRA. « Cassandra est énormément utilisée par nos clients. Ils s’appuient sur ce SGBD NoSQL pour faire de la BI, et il est structuré pour exécuter de la segmentation métier ».

SETRA Conseil vient combler ce trou dans la raquette d’Axians. « SETRA Conseil est capable de concevoir et mettre en production des bases de données, optimiser les performances, administrer l’exploitation “as a service” », indique le CTO d’Axians. « Désormais, nous allons proposer des data lake, des data warehouse, des bases de données à la demande et à l’usage ».

Des offres DbaaS… dans le cloud privé

Les deux entreprises se connaissent déjà. SETRA travaillait depuis deux ans en tant que sous-traitant d’Axians, selon le CTO. « Nous avons vu la complémentarité de nos solutions pour nos clients communs et la possibilité de nous adresser à de nouveaux clients », indique-t-il.

Ainsi, Axians entend surtout renforcer son offre PaaS avec des DbaaS sur des clouds privés et hybrides. « Nous sommes capables de gérer l’ensemble du cycle de la gestion de données à la demande » vante Yves Pellemans.

Mais le groupe industriel ne veut pas se contenter d’administrer l’IT de ses interlocuteurs. « Chez Vinci, nous avons une expertise métiers, nous avons un laboratoire à ciel ouvert pour engranger de l’expérience et la rebasculer chez nos clients ».

Or les entreprises du secteur industriel traitent des données sensibles.

En France et en Europe, le CTO observe que le cloud public des fournisseurs américains n’est pas forcément la solution idéale pour répondre à tous leurs enjeux.

« Nous pensons que le cloud hybride est la solution. Il est possible de placer les données dans un data center, un cloud privé localisé infogéré, sécurisé et placer le front-end, par exemple un portail web, dans le cloud public », estime Yves Pellemans.

L’analytique, une nouvelle vague poussée par la crise sanitaire

Si Vinci Energies a lancé ses investissements dans l’analytique avant la crise sanitaire, le CTO d’Axians discerne un changement de perception. Après l’impossibilité d’accéder aux centres des données des clients, s’est posée la question du télétravail et de l’usage du VDI, qui a de manière générale profité à l’ensemble du secteur. Une troisième phase est en cours. « Je pense que la prise de conscience des entreprises a été très forte, elles ont compris que les données touchent directement à leur métier. Nous observons que dans la fin de l’année 2020 et le début 2021 les besoins en analytiques sont exponentiels », affirme Yves Pellemans.

Pour autant, l’analytique correspond à une partie minoritaire de l’activité d’Axians France, dont un peu plus de la moitié du chiffre d’affaires provient du déploiement des infrastructures de réseaux cellulaires et de la fibre, selon le CTO.
L’autre moitié est attribuée à la « division IT » (réseau d’entreprise, cybersécurité, réseaux convergents, solutions collaboratives, cloud, etc.) et a, semble-t-il, participé à l’équilibre de Vinci Energies qui a présenté un bilan 2020 en légère baisse de 13,7 milliards d’euros (contre 13,75 milliards en 2019). En 2019, la filiale Axians (25 pays, 12 000 collaborateurs dont 3 000 en France) revendiquait 2,6 milliards d’euros de revenus. Le rachat de SETRA Conseil s’inscrit en revanche dans sa stratégie de croissance externe.

Axians n’est pas la seule ESN française à vouloir se positionner sur le marché de l’analytique. En 2020, Capgemini a mis la main sur Advectas, un cabinet de consultance suédois spécialisé en data science, en BI et en analytique avancée.

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