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Vinci Energies rachète APX

Axians, la filiale de Vinci spécialisée dans les infrastructures réseau pour les télécoms et les industriels, acquière l’un des leaders de l’intégration de Clouds privés. L’objectif : faire rayonner en Europe une offre de Clouds privés mieux conçus pour le business.

APX, l’un des principaux intégrateurs de Clouds privés en France, est sur le point de se faire racheter par l’industriel Vinci. Une fois que l’autorité de la concurrence aura donné son feu vert, le prestataire informatique - qui compte parmi ses clients Total, la SNCF, Thalès, Groupama, Sanofi, Airbus ou encore un hôpital français sur deux - sera absorbé par Axians, la filiale spécialisée dans les services IT de la branche Vinci Energies (elle même filiale de Vinci).

« APX et Axians sont historiquement complémentaires. Le premier est reconnu pour ses solutions convergées de serveur et de stockage, quand le second vend essentiellement des solutions de communications unifiées et d’infrastructure réseaux », a déclaré au MagIT Bruno Lampe, le Président et co-fondateur d’APX.

Le rachat d’APX va à l’évidence permettre à Axians d’apporter un savoir faire en matière de Software Defined Datacenter à des clients qui maintiennent historiquement de grands centres de données et qui, comme tout le monde, sont pressés d’en alléger l’administration.

Outre à peu près tous les opérateurs télécoms européens, le portefeuille d’Axians comprend plusieurs industriels privés (Land Rover, 3M, Philips, Nikon, Adidas), des banques (Crédit Agricole, ING), de la grande distribution (Groupe Casino) et des entreprises publiques (la RATP...). Pour APX, le bénéfice le plus visible est l’extension de son marché au-delà de l’hexagone : Axians est présent dans toute l’Europe du Nord, en Espagne, en Roumanie et au Maroc.

Plus de moyens pour vendre des Clouds privés plus industriels

Bruno Lampe voit surtout dans ce rachat l’arrivée de fonds qui vont permettre de concrétiser plus rapidement les projets d’APX en matière de Clouds de nouvelle génération.

« Nous sommes reconnus dans notre milieu comme le précurseur des ‘Cloud builders’, notamment grâce à nos vPack qui constituent depuis 2011 des Clouds privés clés en main, bien avant que ne se soient démocratisées les infrastructures convergées. Il était important pour nous de passer maintenant à l’ère industrielle. C’est-à-dire inclure dans notre offre des fonctions de haut niveau comme l’automatisation applicative, mais aussi l’hybridation, lesquelles sont nécessaires pour raisonner en terme de business et non plus en terme d’informatique », explique-t-il.

En l’occurrence, APX travaillait déjà à la conception d’offres de Cloud privés prêts à l’emploi capables d’aller chercher des ressources supplémentaires - ou moins chères - dans des Clouds publics. Et, ce, au travers d’un portail qui permettrait à l’entreprise cliente de, par exemple, choisir d’un simple clic du stockage ou de la puissance de calcul chez Amazon, Azure, ou Google plutôt qu’à demeure. Bien entendu, le portail - un catalogue de services - agglomérerait tous les services de Cloud en une seule facturation.

Chaque fournisseur d’infrastructure - HP, EMC, Cisco, VMware, etc. - propose désormais ce genre de fonctions, mais uniquement pour ses propres produits. Il restait à inventer, ou plutôt à pouvoir racheter, une solution générique qui fonctionne sur des configurations packagées.

Les vPack d’APX, sont en effet assemblés à partir de matériels (infrastructures convergées et stockage, voire infrastructures hyperconvergées) et de logiciels d’exploitation qui varient selon la nature du projet de transformation digitale propre à chaque entreprise. Rien que pour le stockage, APX utilise par exemple autant l’Open source Ceph, que les modules VSAN de VMware ou ViPR d’EMC.

Bruno Lampe refuse de confirmer qu’il effectuera des rachats dans le monde Open source, typiquement du côté des outils OpenStack.

Vers une activité qui dépend moins de la vente de matériels

Depuis 2011, le nombre de déploiements de vPack en entreprises doublait tous les ans. En 2015, il a doublé au bout de seulement six mois. « Le marché parle de Cloud hybride depuis des années, mais il ne s’agissait jusque là que d’évangélisation. Désormais, nous sommes arrivés au moment charnière où les entreprises veulent franchir le pas », commente Bruno Lampe.

Selon lui, un Cloud privé clés en main à la fois hybride, qui déploie ses ressources automatiquement selon les applications et qui dispose de fonctions de refacturation, permettrait à une entreprise cliente d’économiser 70% de ses coûts d’exploitation par rapport au Cloud privé-type actuel.

Le chiffre d’affaires d’APX est aujourd’hui réalisé à 60% par la vente de produits (sur un modèle locatif) et à 40% par la vente de services et de conseil. Le CA généré par les produits se répartit lui-même entre du matériel à 66% et du logiciel à 33%.

Le premier objectif fixé dans le cadre du rachat par Axians est d’avoir dans le CA produits autant de revenus de la part des logiciels que de la part du matériel (ce qui est envisageable dans le cadre du Software Defined Datacenter puisqu’on favorise les licences logicielles au détriment de matériels plus génériques). Le second objectif est d’avoir plus de la moitié du chiffre d’affaires total qui soit réalisée par la vente de services et de conseil.

Le prix payé par Axians pour racheter APX n’a pas été dévoilé. Selon l’annonce, tous les salariés d’APX feront partie du personnel d’Axians. Pour sa part, Bruno Lampe continue de diriger les activités historiques de l’intégrateur et se voit nommé au conseil de direction d’Axians.

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