Intégration : Weexa continue de croire en l’EDI

Qui a dit que l’EDI devait disparaître ? Weexa, ESN spécialisée dans ce domaine n’y pense même pas. Au contraire, son expertise dans la gestion de flux de données BtoB auprès des acteurs de la supply chain, plus particulièrement dans les domaines de l’EDI et de l’EAI est de plus en plus réclamée, selon Laurent Leboisne, Directeur général France chez Weexa.

Weexa est né de la fusion d’Eumatech, société créée en 2002, spécialiste du « pilotage de flux d’information » devenue la branche recrutement de l’ESN, et d’EDI Xperts, entreprise fondée en 2009 développant une activité autour de l’intégration de données.

La société fournit des services de conception de flux B2B/EDI (Electronic Data Interchange, ou échange de données informatisé) et EAI (Enterprise Application Integration, ou intégration d’applications d’entreprise), d’intégration et de support ainsi que de tierce maintenance applicative (TMA).

Mais l’ESN va plus loin encore dans la spécialisation. Weexa cible les industriels à forte rotation, la grande distribution, l’industrie pharmaceutique, la prestation logistique, le secteur automobile et les transporteurs.

« Nous parlons le même langage métier que nos clients. Nous connaissons les processus logistiques, les problématiques des constructeurs et des équipementiers automobiles. Nous avons développé une expertise sur les problématiques logistiques, d’approvisionnement, de just-in-time, de just-in-sequence », assure Laurent Leboisne.

En ce sens, Weexa a développé un savoir autour de l’intégration des WMS (Warehouse Management System) comme SAP EWM, e-Logistics de Generix ou Savoye, avec des ERP puissants, mais complexes tels SAP ou Odoo. « Nous avons des consultants experts de la personnalisation des interfaces ou encore dans la création de tableaux de bord spécifiques dans SAP », indique le dirigeant.

Du même coup, elle accompagne de grands comptes comme Danone, Valeo, Lacroix, BMW, Brico Depôt ou encore Faurecia.

Weexa spécialiste des intégrations dans l’industrie et la supply chain

« Nous savons obtenir la bonne donnée au bon moment, à la bonne étape d’un processus. Ces flux sont assez complexes, surtout dans la gestion des produits frais dans la grande distribution ».
Laurent LeboisneDirecteur général France, Weexa

Certaines de ces entreprises font appel à Weexa parce que les consultants de l’ESN se sont spécialisé dans les spécifiques IDoc, un format de document développé par SAP. Les IDoc sont particulièrement utilisés dans les échanges de données entre les entreprises, leurs fournisseurs et leurs clients. Il peut autant être déployé pour établir des bons de livraison que pour partager des factures avec un système de comptabilité.

« Nos clients industriels maîtrisent mal l’intégration et le sujet des interfaces, malgré une bonne connaissance de leurs systèmes. Ils doivent faire communiquer leurs systèmes avec l’extérieur : avec les banques, les fournisseurs, les clients. Nous ne sommes pas une grosse ESN, mais nous avons ce savoir-faire », vante Laurent Leboisne. « Nous savons obtenir la bonne donnée au bon moment, à la bonne étape d’un processus. Ces flux sont assez complexes, surtout dans la gestion des produits frais dans la grande distribution ».

Même si la plupart des acteurs ciblés ont des processus et des interfaces établis, il n’est pas rare que certains cas d’usage ne soient pas couverts, selon le dirigeant. Si l’on s’éloigne du standard EDI, les flux XML ou IDoc font toujours leur office, affirme-t-il.

« Pour un client de l’industrie pharmaceutique, nous avons numérisé un processus de fabrication de médicaments auprès de 50 sous-traitants. C’était un processus manuel qui ne dépendait pas d’une formalisation précise, suivant les paramètres et les relations des responsables avec les prestataires. Nous avons connecté le passage et la confirmation de commandes avec engagement de quantité, de réception des matières premières aux sous-traitants », illustre Laurent Leboisne. « Aujourd’hui, c’est complètement intégré et interfacé avec SAP ».

De plus en plus de technologies d’intégration

« Nous venons de l’EDI, mais nous nous sommes élargis à toute problématique d’intégration et de communication intersystème. »
Laurent LeboisneDirecteur général France, Weexa

Et si Weexa connaît bien les architectures SAP, il est rare qu’elle déploie les solutions d’intégrations concoctées par SAP. « À ma connaissance, aucun de mes gros clients ne déploie SAP CPI (Cloud Platform Integration) », déclare Laurent Leboisne. « C’est trop compliqué, ils passent par des solutions externes ».

Le paysage de l’intégration se complexifie. À l’EDI et à l’EAI s’ajoutent les API. « Nous venons de l’EDI, mais nous nous sommes élargis à toute problématique d’intégration et de communication intersystème », assure le dirigeant de Weexa.

« L’EDI existe depuis une cinquantaine d’années et a beaucoup évolué, mais, les industriels cherchent des solutions capables de centraliser tout leur flux, que ce soient des flux EDI, EAI ou des API. Cela provoque des migrations et des évolutions de systèmes afin de pouvoir gérer tous les protocoles depuis une seule plateforme », observe Laurent Leboisne.

Pour autant, cela demande de disposer des compétences et de trouver la solution capable de gérer tous les flux. Selon le dirigeant, des outils comme ceux d’Axway ou Mulesoft trouvent grâce aux yeux des clients. « Beaucoup se tournent vers les solutions cloud ou infogérées, cela devient inévitable », remarque notre interlocuteur.

« Nous voulons être agnostiques des solutions », précise-t-il rapidement. Pour autant, Weexa développe une expertise autour de plusieurs technologies, dont IBM Sterling, OpenText, Generix ou encore Axway.

Par ailleurs, Weexa est la société mère d’une filiale indépendante éditrice d’une solution iPaaS, nommée iXPath, hébergée sur OVHcloud. « Cette petite solution tactique vise les PME et les TPE. Elle permet de répondre à des problématiques simples de gestion de flux », déclare Laurent Leboisne.

L’EDI, un standard « stratégique » selon Weexa

Si les domaines de l’intégration s’élargissent à d’autres technologies, cela ne veut pas dire que l’EDI est voué à disparaître, selon l’intéressé. L’EDI est vieillissant, mais demeure très fiable, robuste, affirme Laurent Leboisne.

« Le cœur de business des grands groupes membres du CAC40 repose sur des flux EDI. Plus de 70 % du chiffre d’affaires mondial d’un de nos très gros clients de l’agroalimentaire est généré via des flux EDI : ce n’est pas important, c’est stratégique », déclare-t-il. « Les standards de l’EDI ont près de vingt ans, ils évoluent, mais l’on n’y touche pas parce que cela fonctionne ».

« On me dit souvent que l’avenir de l’EDI, ce sont les API. Peut-être, mais quand je vois la complexité de certains industriels à monter des flux API qui sont tous spécifiques, ce n’est pas encore le cas », tranche Laurent Leboisne. « Souvent les partenaires industriels n’emploient pas les mêmes outils de conception et de gestion d’API et cela crée des problèmes d’incompatibilité. Les standards API restent à construire, alors qu’une commande Edifact reste une commande Edifact, quel que soit l’outil. Un acteur comme GS1 n’est pas intervenu pour normaliser les échanges API, contrairement à l’EDI », défend-il.

Les ambitions internationales de Weexa

Au total, Weexa compte 150 collaborateurs puisque l’ESN vient d’acquérir EDT, un autre spécialiste de l’intégration de flux BtoB. « EDT nous intéressait pour ses offres de solutions. EDT est un expert d’IBM Sterling, entre autres, qui nous permet d’adresser davantage les ETI et les grands comptes ». Aussi, EDT apporte des clients en provenance du secteur publicitaire et des médias. « Les régies publicitaires utilisent l’EDI pour leurs bons de commande liés à la diffusion des publicités à la télévision ».

« Il y a un marché de l’EDI et nous cherchons à nous développer à l’international. »
Laurent LeboisneDirecteur général France, Weexa

Autre levier de croissance pour Weexa, EDT dispose d’une solution de dématérialisation de la facturation qui administre environ 10 millions de factures par an. La solution est en cours de refonte pour respecter les préceptes de la loi finance 2024. La dématérialisation des factures sera prochainement une obligation pour toutes les entreprises françaises d’ici à 2024. Tout comme iXPath, EDT demeurera un acteur indépendant, mais ciblera les grands comptes.

« Nous commençons à être un acteur important sur le marché français et européen », vante notre interlocuteur. Présent dans huit pays en Europe, au Moyen-Orient et en Asie (France, Maroc, Japon, Royaume-Uni, Thaïlande, Turquie, République tchèque, et Hongrie), Weexa se déploie au rythme des projets avec ses clients. L’ESN prévoit de s’installer au Mexique d’ici la fin de l’année pour suivre ses clients du secteur automobile. « L’industrie automobile nous pousse à le faire et cela intéresse des clients d’autres secteurs ».

Weexa prévoit de générer un chiffre d’affaires annuel de 12 millions d’euros d’ici à la fin de l’année 2021. « Nous mesurons une croissance organique de 15 à 20 % par an. Il y a un marché de l’EDI et nous cherchons à nous développer à l’international ». L’un des volets de cette croissance passera par des partenariats avec les grands intégrateurs et ESN qui n’ont pas forcément une expertise EDI. « Nous avons déjà travaillé en sous-traitance avec les gros intégrateurs et les éditeurs. Nous sommes en train d’œuvrer pour multiplier ce type de partenariats », conclut Laurent Leboisne.

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