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GenAI : Anthropic lève 30 milliards de dollars et s’affirme comme le fournisseur des entreprises
Anthropic confirme une levée de fonds de 30 milliards de dollars. Le concurrent d’OpenAI se préparerait à une introduction en bourse, d’après le Financial Times. Les fonds serviront en partie à développer les produits B2B, à construire des centres de données, et à payer les factures cloud.
Il n’aura fallu que cinq ans à Anthropic pour atteindre la lettre G dans son cycle de financement. La société fondée en 2021 a donc été plus rapide que Databricks.
Avec sa levée de fonds de 30 milliards de dollars, Anthropic est valorisé 380 milliards de dollars (350 milliards avant l’obtention des fonds). Presque 100 milliards de plus que lors de la tour de table précédente. Au total, la société aurait levé 64 milliards de dollars, selon Crunchbase, 69 milliards, selon Pitchbook.
Cette série G est menée par le fonds singapourien GIC et Coatue. D.E Shaw Ventures, Dragooneer, Founders Fund, Iconiq et le fonds d’Abou Dhabi MGX en sont les co-meneurs. Une trentaine d’investisseurs y ont également participé, dont des entités de BlackRock, Goldman Sachs, de JPMorgan, Menlo Ventures, Sequoia ou encore LightSpeed.
La course aux gros sous avec OpenAI
Une « portion » des investissements annoncés préalablement par Nvidia et Microsoft en novembre 2025 font partie de la cagnotte. Nvidia promettait alors d’investir jusqu’à 10 milliards et Microsoft jusqu’à 5 milliards de dollars.
« Nous utiliserons cet investissement pour poursuivre le développement des produits et modèles de niveau entreprise sur lesquels, ils [les grands groupes et startups] comptent », se contente d’expliquer Krishna Rao, directeur financier d’Anthropic.
Dans un même temps, Anthropic s’est engagé à acheter 30 milliards de dollars de capacité de calcul à Microsoft Azure, 210 milliards de moins que l’engagement pris par OpenAI.
En comparaison, la société dirigée par Sam Altman a levé 40 milliards de dollars l’année dernière par l’intermédiaire de Softbank. Cela a fait grimper sa valorisation à 500 milliards de dollars. OpenAI prétend pouvoir atteindre un chiffre d’affaires de 20 milliards cette année. Et elle prévoit de lever non plus 50, mais 100 milliards de dollars pour une valorisation estimée à 830 milliards de dollars, rapporte CNBC.
OpenAI et Anthropic cibleraient l’introduction en bourse. La société dirigée par Dario Amodeï a engagé le cabinet d’avocats Wilson Sonsini pour s’y préparer, selon le Financial Times.
Au vu de l’engouement présent, Anthropic projette un chiffre d’affaires annuel de 14 milliards de dollars (revenue run rate), contre 1 milliard de dollars l’année passée. En 2025, il aurait réalisé un chiffre d’affaires effectif de 9 milliards de dollars, d’après Private Equity Insights. L’AFP rapporte qu’Anthropic vise la rentabilité en 2028, soit deux ans avant OpenAI.
Claude Code, un atout considérable auprès des entreprises
« Le nombre de clients qui dépensent plus de 100 000 dollars par an avec Claude a été multiplié par 7 au cours de la dernière année », affirme Anthropic, dans un communiqué de presse. « Et les entreprises qui ont commencé à utiliser Claude pour un seul cas d’usage – API, Claude Code ou Claude for Work – étendent leurs intégrations à l’ensemble de leur organisation », ajoute le fournisseur de LLM. « Il y a deux ans, une douzaine de clients dépensaient plus d’un million de dollars avec nous sur une base annuelle. Aujourd’hui, ils sont plus de 500. Huit des dix entreprises les plus importantes au monde (Fortune 10) sont aujourd’hui clientes de Claude ».
Anthropic a une poule aux œufs d’or : Claude Code. Ses revenus projetés dépassent 2,5 milliards de dollars aujourd’hui. Les souscriptions des entreprises auraient quadruplé depuis le 1er janvier. Le fournisseur vient d’ajouter un moyen de souscrire à l’offre entreprise en libre-service dans le but d’amplifier le phénomène.
Et de citer Semi Analysis qui le 5 février estimait que 4 % des commits sur GitHub sont publiés depuis Claude Code. GitHub a compté 986 millions de commits en 2025. À ce rythme, le cabinet entrevoit que 20 % des commits publiés quotidiennement d’ici à la fin de 2026 seront attribuable à l’agent de programmation.
« Anthropic est le leader incontestable du segment de l’IA en entreprise », a déclaré Choo Yong Cheen, directeur des investissements, capital-investissement, GIC, dans le communiqué de presse. « Il démontre de capacités de rupture et établit une nouvelle norme en matière de sécurité, de performance et d’échelle qui sera le moteur de son succès à long terme ».
Auprès de CNBC, Dario Amodei avait déclaré en janvier qu’Anthropic réalisait 80 % de son chiffre d’affaires auprès des entreprises. La société s’est organisée pour tenter de bouleverser plusieurs marchés, en commençant par les acteurs de la « legal tech », comme Thomson Reuters ou Wolters Kluwers. C’est également l’objectif derrière Cowork.
Équilibrer les dépendances auprès des fournisseurs cloud
Si Anthropic ne l’exprime pas de la même manière qu’OpenAI, sa croissance est fonction de la puissance de calcul disponible. Contrairement à son concurrent qui s’était d’abord associé à Microsoft, l’entreprise a tôt fait de diversifier ses fournisseurs : ses modèles sont disponibles sur AWS (principal partenaire cloud et investisseur important), Google Cloud et sur Microsoft Azure. Il a rendu ses technologies compatibles avec les puces de Nvidia, AWS (Trainium) et de Google (TPU).
En outre, la société cherche à bâtir sa propre infrastructure. Et pour ce faire, il a prévu d’investir 50 milliards de dollars dans des data centers aux États-Unis, dont certains avec Fluidstack (partenaire de Mistral AI pour co-opérer le centre de données d’Eclairion) au Texas et dans l’État de New York. À titre de comparaison, OpenAI a promis d’investir 1 400 milliards de dollars dans la construction de data centers
