Le Hub France IA recense 60 % de fournisseurs d’intelligence artificielle de plus qu’en 2025. Pour l’association, l’écosystème a franchi un cap avec des acteurs qui développent plus leurs propres technologies. Mais il faut encore les soutenir, insiste sa directrice.
La nouvelle cartographie du Hub France IA, publiée aujourd’hui, identifie 972 entreprises actives dans l’intelligence artificielle en France. Ce chiffre est en très forte hausse par rapport à l’édition 2025 (+60 %).
Selon l’association, il s’agirait même du panel d’acteurs IA « le plus large jamais constitué » sur le marché français, preuve de la vitalité du secteur.
Selon un sous-échantillon de 253 entreprises, un peu plus de la moitié des acteurs (54 %) disent développer leurs propres modèles ou technologies deeptech propriétaires.
Pour le Hub France IA, ces données illustreraient une évolution de l’écosystème français, qui ne se limiterait plus à intégrer des technologies, mais qui participerait plus à leur conception et à leur industrialisation.
Une souveraineté technologique aux multiples visages
Puisqu’elles développent elles-mêmes leurs technologies, on peut penser que ces entreprises de l’IA sont « souveraines ». De fait, une sur deux le revendique ou dit être indépendante sur le plan technologique.
Plus nuancés, 43 % des acteurs déclarent avoir adopté une approche hybride – comprendre une approche qui mélange des solutions françaises, européennes et extra-européennes.
La cartographie souligne donc que la notion de souveraineté – qui va du développement propriétaire au fine-tuning de modèles ouverts, en passant par l’intégration maîtrisée de solutions tierces – revêt des sens bien différents en fonction de celui ou celle qui répond.
Un milliard d’euros de fonds levés
Signe d’un « passage à l’échelle » sur le plan économique, les entreprises d’IA auraient par ailleurs levé plus d’un milliard d’euros depuis 2024. Pour 2026, l’association anticipe environ 220 millions d’euros de fonds supplémentaires.
Côté emploi, 65 % des nouvelles startups indiquent prévoir des recrutements en 2026. Près de 3 000 postes pourraient être créés, dont plus de la moitié en Île-de-France.
La région parisienne concentre en effet 60 % des entreprises et se spécialise davantage dans les solutions SaaS et transversales.
D’autres régions motrices, comme l’Occitanie, l’Auvergne-Rhône-Alpes ou les Pays de la Loire, se distinguent sur des applications industrielles et deeptech. Leurs startups se positionnent sur des marchés B2B, dans des secteurs plus spécifiques comme la santé, la finance ou l’industrie.
Un tissu de startups qui doit encore mûrir
« La France produit désormais une IA de classe mondiale. L’urgence est maintenant de lui donner les moyens de grandir. »
Caroline ChopinaudDirectrice générale, Hub France IA
Foisonnant, l’écosystème français de l’IA resterait largement composé de petites structures créées après 2018. 90 % comptent moins de 50 salariés. Ce qui pose la question de leur pérennité et de leur croissance.
« Notre Cartographie en apporte la preuve chiffrée : la France produit désormais une IA de classe mondiale », se félicite Caroline Chopinaud, directrice générale du Hub France IA. « L’urgence est maintenant de lui donner les moyens de grandir », ajoute-t-elle en appelant à « structurer les financements, à accompagner les scale-up jusqu’à leur maturité et à accélérer le déploiement ».
Un appel qu’elle a lancé dans les murs du ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Reste à savoir s’il raisonnera à vide dans ses couloirs, ou s’il trouvera écho auprès de responsables politiques.