Datacenters IA : SoftBank investit 75 mds€ dans des infrastructures en France

Le groupe financier japonais se lancer dans la construction et l’exploitation de datacenters pouvant représenter 5GW de puissance sur le territoire. Schneider Electric est l’un de ses principaux partenaires.

La holding financière japonaise SoftBank Group annonce son intention de développer et d'exploiter une capacité de 5 GW de datacenters dédiés à l'intelligence artificielle sur le territoire français. Son investissement pourrait atteindre 75 milliards d'euros. La première phase, dotée de 45 milliards d'euros, prévoit le déploiement de 3,1 GW dans la région Hauts-de-France d'ici 2031, avec des sites prévus à Dunkerque (Nord), au Bosquel (Somme) et à Bouchain (Nord).

« L’IA entre dans une nouvelle ère, et les pays qui construiront l’infrastructure pour cette transformation façonneront l’avenir de la technologie, de l’industrie et de la société », a déclaré Masayoshi Son, le PDG de SoftBank Group, en amont de la signature officielle du projet ce 1er juin au Palais de L’Élysée, dans le contexte de l’événement Choose France 2026 et en présence du Président de la République.

En ligne avec la stratégie IA de la France

Pour le gouvernement, l'objectif de ce projet est de répondre à la demande croissante en capacités de calcul haute performance tout en soutenant la souveraineté technologique du pays. L’annonce de l’investissement de SoftBank s'inscrit d’ailleurs dans le cadre d’une stratégie nationale visant à mailler le territoire français de campus de datacenters capables d'héberger des infrastructures d'IA.

En février dernier, le gouvernement faisait état de 63 sites susceptibles d’accueillir des datacenters hautement performants, totalisant en théorie 28,6 GW de puissance électrique.

« La décision de SoftBank d’investir massivement dans des centres de données dédiés à l’IA en France – une première pour le groupe en Europe – témoigne de l’ambition du président Emmanuel Macron de positionner la France comme une destination de choix tout au long de la chaîne de valeur de l’IA », déclare Roland Lescure, le ministre de l’Économie, des Finances, et de la Souveraineté industrielles, dans un communiqué.

« Ce projet reflète les atouts considérables de notre pays : un accès rapide au réseau électrique le plus fiable d’Europe, un écosystème numérique et industriel solide doté d’une main-d’œuvre qualifiée et un gouvernement qui travaille en concertation avec les collectivités locales et les parties prenantes pour accélérer les procédures relatives aux projets stratégiques », ajoute-t-il.

Ce n’est pas la première fois que SoftBank Group investit dans un tel chantier avec des répercussions nationales. On se souvient qu’il s’était précédemment impliqué dans le projet américain Stargate.

Lancé début 2025, Stargate visait à investir 500 milliards de dollars pour bâtir une flotte de datacenters censée incarner la suprématie des USA en matière d’IA. Mais l’aventure a entretemps pris l’eau, car elle concernait davantage un objectif de financement pour OpenAI, l’éditeur de ChatGPT, qu’une réelle ambition nationale. En mars dernier, Stargate a connu un revers majeur avec l'abandon par OpenAI et Oracle du campus pilote d'Abilene au Texas. Les raisons semblent liées aux difficultés financières d’OpenAI.

Un projet industriel

Pour mener à bien ce projet, SoftBank s'appuiera notamment sur deux acteurs industriels. Le premier est SB Energy, une entreprise californienne qui construit des infrastructures de datacenters alimentés par des énergies renouvelables. Ce choix ne relève en rien du hasard : SoftBank était entré au capital de SB Energy dans le cadre du projet Stargate.

Le second est le français Schneider Electric, qui fournira les équipements d’alimentation et de refroidissement aux datacenters. Schneider Electric et SoftBank vont par ailleurs créer une usine près du port de Dunkerque qui se chargera d’assembler les équipements énergétiques dans des modules préfabriqués pour ensuite être facilement déployables dans les datacenters.

En tant qu’opérateur, SoftBank louera ensuite les allées de ses datacenters à des hébergeurs et des entreprises privées. Il n’a pas à ce stade l’intention d’opérer lui-même des machines.

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