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Le ROI de l’IA est là, mais pas où on l’attend
L’intelligence artificielle aide à fournir des éléments d’analyse métier et à améliorer l’interaction client, mais pas nécessairement à économiser temps et argent. C’est ce que conclut une étude de Oxford Economics.
La plupart des entreprises peineraient à identifier et à définir le ROI de leurs IA, alors même que l’usage de cette technologie se repend dans leurs organisations. C’est une des conclusions d’une étude d’Oxford Economics, associé à SAP, qui a interrogé 2 600 dirigeants d’ETI (midmarket) et de grands groupes dans 13 pays.
La satisfaction concernant l’IA progresse légèrement (elle s’établit à 69 %), mais presque autant de dirigeants estiment que cette technologie n’exprime pas encore tout son potentiel.
« C’est une situation délicate », explique Sean Kask, directeur de la stratégie IA chez SAP. « Le ROI reste difficile à mesurer. Les entreprises doivent adopter une démarche méthodique. Il faut recenser les cas d’usage, anticiper leur valeur et mettre cette valeur en balance des efforts d’implémentation. »
Mais plus les entreprises utilisent l’IA, plus leur confiance dans cette technologie grandit.
Les bénéfices de l’IA ne sont pas dans les coûts
Selon les répondants, les bénéfices de l’IA seraient plus tangibles dans l’aide à l’analyse métier, l’aide à la décision et dans l’interaction client que dans la réduction des coûts opérationnels.
« L’IA peut réduire les coûts, mais ce n’est pas le premier de ses atouts », confirme Sean Kask.
Globalement, l’usage de l’IA progresse. En moyenne, 30 % des tâches sont désormais accomplies avec son assistance, contre environ 25 % l’an passé. Oxford Economics anticipe que ce chiffre atteindra les 48 % dans les deux prochaines années.
Mais les déploiements d’IA, plus « transversaux », sur des processus entiers, restent minoritaires (18 %).
Les défis du passage à l’échelle
Selon une autre récente de KPMG, les dirigeants vont devoir concentrer leurs efforts sur ces déploiements plus étendus de l’IA et sur la clarification de son rôle opérationnel. Sean Kask note toutefois que les défis liés aux données, aux compétences et à la gouvernance restent ceux qui entravent aujourd’hui le plus les projets.
Un autre problème concerne la supervision et la gouvernance. « Lorsque les entreprises commencent à déployer l’IA, notamment avec les agents, elles découvrent qu’elles ont ce que l’on pourrait appeler des “shadow agents”. Des agents “fantômes” qui accèdent à des données auxquelles ils ne devraient pas accéder ou qui font des actions qui ne sont pas auditables », observe-t-il.
Les déploiements révèlent en tout cas les faiblesses sur lesquelles les entreprises vont devoir travailler et les domaines qui nécessitent de revoir en continu ses pratiques.
Des Boards avec une culture IA
Pour Sean Kask, les entreprises qui relèveront le mieux ces défis seront celles dont les conseils d’administration ont une vraie culture IA. Et qui ont la volonté de repenser leurs systèmes.
« Il ne s’agit pas de tout miser sur l’IA. L’IA est une ressource rare. Et comme toute ressource rare, il faut réfléchir à sa bonne allocation pour maximiser son ROI », conseille-t-il. « Cela suppose une approche stratégique du board pour cibler les processus à transformer », insiste-t-il en revenant sur l’importance majeure de la sélection des cas d’usage.
Initialement publié sur CIO Dive
