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IA en entreprise : 77 % des directions en font une priorité, 94 % échouent à la déployer
Une étude du cabinet AdvisoryX (DXC) souligne que l’approche opérationnelle de l’IA par les entreprises est souvent trop peu structurée pour passer à l’échelle. La faute à des déploiements « sous pression » qui oublieraient des fondamentaux.
L’intelligence artificielle est une priorité stratégique pour 77 % des conseils d’administration. Mais cette priorité ne se traduirait pas correctement dans les faits. C’est la conclusion d’une étude de DXC Technology – plus exactement de sa nouvelle entité de conseil AdvisoryX – menée auprès de 2500 DSI et décideurs IT dans 22 pays, dont la France.
Il y aurait donc une contradiction, ou en tout cas un fort écart, entre la vision des dirigeants et la manière dont leurs entreprises préparent, planifient, déploient et industrialisent l’IA.
Une « lacune dans l’exécution »
Chiffre à la clef, DXC/AdvisoryX estime que deux tiers des entreprises (65 %) n’auraient pas fait d’analyse de rentabilité claire (ROI). Plus préoccupant, bien que confirmant d’autres études sur le sujet, 94 % rencontreraient des difficultés à déployer l’IA à l’échelle.
Pour DXC, cette situation traduit une adoption souvent dictée par la pression, notamment concurrentielle, plutôt que par une logique de valeur.
« Les entreprises sont soumises à une pression intense pour “faire de l’IA”, mais la plupart d’entre elles ne disposent toujours pas des éléments fondamentaux : données optimisées, analyses de rentabilité claires, leadership aligné et bonne architecture technique », résume Pete McEvoy, responsable mondial d’AdvisoryX.
« Les résultats mettent en évidence des lacunes dans l’exécution », renchérit l’étude.
Créer de la valeur et pas simplement couper les coûts
Un autre point bloquant concerne la maturité des organisations sur le sujet de l’IA.
Pour Pete McEvoy, « passer à l’IA » ne doit pas se résumer à multiplier les PoC. Il faut au contraire « partir de la base en établissant des fondations techniques solides, en ré-imaginant les processus pour créer de la valeur […] et en concevant des interfaces conviviales qui facilitent l’utilisation de l’IA », estime-t-il.
DXC insiste particulièrement sur cette nécessité de dépasser une vision de l’IA qui se limite aux gains d’efficacité.
« Pour exploiter pleinement le potentiel de l’IA, les entreprises doivent s’intéresser à la croissance qu’elle peut engendrer », martèle l’étude, comme en écho à Fidji Simo, la directrice des applications chez OpenAI, qui demande aux décideurs : « Si une entreprise réduit ses effectifs de moitié, et une autre utilise l’IA pour doubler ses capacités, selon vous, qui prospérera ? »
Une autre exigence, qui serait négligée – et qui explique le manque de visibilité sur les ROI – est d’avoir une mesure de l’impact des projets.
Des trajectoires encore prudentes vers l’IA agentique
L’étude montre par ailleurs que 36 % des dirigeants envisagent d’introduire des formes d’IA agentique dans les deux ans. Seulement 36 % diront certains, ce qui montre une trajectoire encore prudente.
Enfin, sur l’emploi, 81 % des dirigeants anticipent une recomposition des compétences. L’IA devrait accroître les besoins dans les domaines des données, de la cybersécurité et du développement logiciel.
