Tirées par l’IA, les émissions d’Amazon grimpent de 16 %

Les émissions du géant du e-commerce et de sa filiale cloud (AWS) ont progressé sur l’ensemble des scopes 1 2 et 3. En cause, l’expansion de ses centres de données provoquée par la course à l’IA. L'objectif de la neutralité carbone pour 2040 n'est pas remis en cause.

Les rapports ESG se suivent et se ressemblent. Celui d’Amazon, publié ce mois-ci, montre que les émissions carbone d’Amazon ont progressé de 16 % par rapport à 2024.

L’augmentation touche l’ensemble des périmètres d’émissions. Le scope 1 (émissions directes) progresse de 2 %. Le scope 2 (électricité achetée) bondit de 34 %. Et le scope 3 (émissions indirectes) décolle de 20 %.

Petite consolation, l’intensité carbone du groupe – c’est-à-dire le CO2 émis par dollar de chiffre d’affaires – est environ 40 % en dessous de son niveau de 2019. Mais comme dans le même temps, le CA d’Amazon a progressé de 156 %, ces émissions ont logiquement explosé. Autre amélioration côté retail, les émissions par unité livrée ont baissé de 7 % en 2025.

L’IA à un tournant

Amazon n’est pas le seul à voir ses indicateurs ESG se dégrader. Google a annoncé une hausse de 18 % de ses émissions, Microsoft de 25 %.

« L’IA ouvre des possibilités inédites tout en pesant sur les ressources énergétiques et hydriques. »
Devon ScottResponsable développement durable, Amazon

À chaque fois, le développement des infrastructures pour l’IA est invoqué pour expliquer ces écarts. Là non plus, Amazon ne fait pas exception. C’est même l’entreprise qui a le plus ajouté de capacités à son parc de centres de données, avec plus de 1,2 gigawatt au seul quatrième trimestre.

Pour Devon Scott, responsable développement durable chez Amazon, ces chiffres « reflètent à la fois l’élan et la complexité de ce moment ». Un moment où « l’IA ouvre des possibilités inédites tout en pesant sur les ressources énergétiques, hydriques et sur les infrastructures ».

Amazon dit cependant avoir atteint un de ses plus importants objectifs de 2025, à savoir couvrir l’intégralité de sa consommation électrique mondiale par des énergies renouvelables.

Le scope 3, reflet d’une empreinte élargie

Le scope 3 représentent presque 80 % des émissions d’Amazon. Pour mémoire, le scope 3 couvre les émissions de ses prestataires comme lors de la construction des centres de données ou le carburant brûlé par les transporteurs.

Pour y remédier, Amazon dit s’engager auprès de ses fournisseurs pour qu’ils se fixent des objectifs de réduction. Le groupe s’engage également à utiliser des matériaux bas carbone et des carburants alternatifs.

« Le chemin vers une entreprise plus durable n’est pas une ligne droite », écrit Amazon pour justifier la hausse de son impact écologique. « Nos émissions ont augmenté en 2025, mais nous restons fermement engagés en faveur de la durabilité ».

Amazon s’était précédemment engagé à atteindre la neutralité carbone en 2040. D’ici là, en 2030, le groupe promet qu’il restituera davantage d’eau que ce que consomment ses centres de données… Cet objectif est déjà atteint à 75 %, assure son rapport ESG.

Cet article a été initialement publié en anglais sur ESG Dive.

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