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Les grands dirigeants peinent à bien utiliser l’IA

L’utilisation de l’Intelligence artificielle dans les conseils d’administration est « inégale et encore en cours de maturation », estime une étude de Deloitte. Alors même que les boards poussent les collaborateurs de leurs organisations à l’adopter.

C’est un paradoxe assez ironique que relève Deloitte dans une étude sur la manière dont les conseils d’administration utilisent l’Intelligence Artificielle. Pratiquement tous les dirigeants poussent leurs employés à s’approprier la technologie. Mais ils peineraient eux-mêmes à l’utiliser correctement.

Une adoption « inégale » de l’IA

L’étude menée auprès de secrétaires généraux, de juristes et des professionnels de la gouvernance note par exemple que la moitié des « boards » ne favorisent pas le recours à l’IA dans leurs travaux, et 25 % en tolèrent l’usage sans cadre standardisé.

La même proportion (51 %) ne dispose d’aucune règle pour encadrer cet usage de l’intelligence artificielle. Seuls 8 % s’appuient sur des outils d’IA validés par leur entreprise.

Ces lacunes exposent les comités à des risques juridiques. Elle met également en péril la confidentialité de leurs informations sensibles, prévient doublement le cabinet de conseil.

« L’adoption de l’IA générative par les conseils d’administration est encore récente et reste inégale selon les organisations », constate Deloitte. « Les politiques, les recommandations et les pratiques de gouvernance sont encore en cours d’élaboration. »

Lorsqu’elles existent, ces politiques portent principalement sur la sécurité, la confidentialité, les conditions d’utilisation, les aspects juridiques et la gestion documentaire.

Des séances de formation à venir

Les choses devraient cependant évoluer. Les trois quarts des sondés indiquent en effet que leur board a organisé des séances d’information ou de formation à destination des administrateurs au cours des six derniers mois. À l’inverse, seulement 10 % n’ont pris aucune mesure pour renforcer les compétences de leurs membres sur le sujet.

Deloitte conclut qu’il sera essentiel d’observer, au fur et à mesure, comment les conseils d’administration élaborent des règles pour leur usage de l’IA. Car l’IA peut les aider à décider et à gagner en efficacité « sans sacrifier la qualité du jugement, l’esprit critique et la responsabilité qui fondent une bonne gouvernance d’entreprise », insiste le cabinet. À condition, évidemment, de l’utiliser correctement. Un constat qui vaut aussi bien pour les employés que pour les grands dirigeants.

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