Routage dynamique, SLM, Puces Maia : l’efficience booste les revenus de Microsoft
Microsoft continue d’investir massivement dans ses datacenters. Mais il compte sur l’efficience pour générer des revenus. Une stratégie qui s’accompagne de résultats solides portés par le cloud, l’IA et OpenAI (30 % du CA d’Azure). La course à l’efficacité se paie aussi en interne avec un plan de départs qui vise jusqu’à 25 % des employés.
« Au premier trimestre, nos ingénieurs ont accompli un travail remarquable pour améliorer l’efficacité de la plateforme [Azure] », lance la directrice financière de Microsoft, Amy Hood, lors de la présentation des résultats du Q1 de l’entreprise. « Cela ne se limite pas à l’efficacité des GPU. Ce sont toutes les couches qui sont concernées ».
Une « flotte interchangeable » pour suivre la demande
« C’est une très bonne nouvelle », poursuit la CFO, voire une nouvelle indispensable. « Car la demande reste supérieure à l’offre ».
Le PDG de Microsoft, Satya Nadella, acquiesce. Pour lui, le chantier touche à la fois la conception des centres de données, les processeurs, les logiciels et les modèles.
Il parle à présent de « flotte interchangeable » (Fungible Fleet), c’est-à-dire « un pool de ressources qui peut être alloué dynamiquement en fonction des opportunités les plus importantes, que ce soit en demande de compute, pour Foundry ou pour Copilot ».
Agents, infra et Azure cartonnent
Alors que les doutes autour d’une bulle IA se font sentir, Microsoft a publié des résultats solides qui semblent confirmer une appétence des entreprises pour l’IA.
Ses activités « Agents et Infra » – désormais réunies dans une seule ligne – progressent de 25 % pour atteindre 76,79 milliards de $ (pour un bénéfice opérationnel de 40,5 milliards $ sur cette activité, contre 32,7 milliards sur la même période de l’année 2026). Ses revenus totaux bondissent à 92,2 milliards $ contre 77,6 milliards au Q1 2026.
Le seul produit « Azure », lui, explose les compteurs en passant d’un revenu de 22,3 milliards au premier trimestre 2026 à 33,2 milliards cette année (+48 %) en grande partie tirée par l’IA… par OpenAI (cf. encadré)
L’IA dans M365 prend
Même les offres de Microsoft 365 avec de l’IA commencent à prendre. Le chiffre d’affaires de Microsoft 365 « commercial cloud » a en effet progressé de 17 %, avec un volume de sièges qui n’a augmenté que de 5 %. Cet écart est le fruit d’une « montée en gamme (upsell) vers des offres premium comme Microsoft 365 Copilot, E5 et E7 », explique la DAF.
Là encore, l’optimisation est donc la bienvenue. Sur Copilot, 90 % des requêtes utilisent aujourd’hui l’« auto mode », un algorithme qui choisit le modèle optimal selon le coût, la vitesse et la qualité demandée par l’utilisateur, dont des modèles plus frugaux.
Avec cette amélioration, qui s’ajoute à l’optimisation des processeurs, Microsoft a réussi à augmenter le débit des traitements liés aux workloads de Copilot de plus de 50 %, d’un trimestre sur l’autre, chiffre Satya Nadella.
Maia en production
Du côté des processeurs justement, Microsoft continue de déployer les GPUs de dernière génération de NVIDIA et d’AMD – dont ses premiers GPU NVIDIA Vera Rubin – même si des retards de livraison ont décalé une partie des capacités prévues.
En parallèle, Microsoft mise sur ses processeurs maison (Maia) à présent en production.
« Maia 200 offre jusqu’à 1,7 fois plus de tokens par watt pour les fonctionnalités d’IA de Teams et Copilot », évalue précisément Satya Nadella. « Maia 300 permettra de réaliser des gains supplémentaires, avec 40 % de tokens par watt en plus par rapport aux principaux GPU », anticipe-t-il.
Des modèles frugaux
Dans une recherche de frugalité, Microsoft a également sorti des modèles alternatifs plus légers et plus spécialisés, qu’il distille à partir des grands LLMs. Ce qui lui permet, à infrastructure constante, de servir plus de demandes.
MAI-Cyber, par exemple, alimente 40 % des analyses du scanner de code MDASH, avec un coût par analyse réduit de 18 %. D’autres modèles légers sont dédiés à la transcription vocale (MAI-Transcribe) et à la génération de code (MAI-Code-Flash).
« Le but est d’améliorer le rapport coût/résultat, c’est-à-dire d’avoir des capacités comparables à celles des modèles de pointe, dans les trois à six mois après leur sortie, mais pour un coût d’entraînement largement inférieur » resitue Satya Nadella.
170 milliards $ investis en 2026
Avec ces modèles plus performants et ces processeurs plus efficients, les prix des tokens ne seraient donc pas amenés à augmenter. Mais Microsoft y gagnera avec un effet volume.
« À mesure que nous continuons à améliorer l’efficacité de notre infrastructure, chaque dollar investi en CapEx est susceptible de générer davantage de revenus et de meilleurs rendements à long terme », traduit Amy Hood en termes financiers.
En plus de ces optimisations, Microsoft continue d’investir massivement dans de nouveaux datacenters. Il en a ouvert 24 nouveaux sur le trimestre, souligne Satya Nadella.
Sur l’année 2026, 170 milliards $ seront investis dans l’infra, et déjà 45,2 milliards $ s’y sont ajoutés rien que sur le premier trimestre de cet exercice fiscal.
25 % d’employés en moins
Malgré tous ces bons résultats, Microsoft a lancé un plan de départ volontaire d’une ampleur inédite qui concernera jusqu’à 25 % de ses employés, soit 60 000 personnes.
Officiellement, l’IA n’en est pas la cause directe. Mais officieusement, d’après Reuters, des gains de productivité et surtout la volonté de contenir les coûts pour financer les investissements colossaux dans l’IA seraient bien à l’origine de cette décision.
OpenAI, 30 % d’Azure
Au premier trimestre de l’exercice 2027, Microsoft a touché 10 milliards $ d’OpenAI, en rapport avec la fourniture d’infrastructures et les paiements de partage de revenus (Azure OpenAI).
Le partenariat commercial représente plus de 30 % du chiffre d’affaires d’Azure (33,165 milliards).
Cette contribution reflète en creux la consommation massive de ressources de calcul nécessaire à l’entraînement et au déploiement des modèles d’IA d’OpenAI ou d’Anthropic (dont les partenaires privilégiés sont Google et AWS).
