Dans la tourmente, Fujitsu s’affiche en acteur central de la transformation numérique

Deux discours, un même message : Fujitsu est au cœur d’une innovation numérique centrée sur l’humain. Ce qui ne l’empêche pas de préparer de sérieuses coupes dans ses effectifs.

Tour à tour, Tatsuya Tanaka, président de Fujitsu, et Duncan Tait, son vice-président exécutif responsable de l’Europe, sont montés sur scène, ce matin, pour porter un même message auprès des milliers de participants à l’événement partenaires et clients du groupe, Fujitsu Forum à Munich. Un message qui se veut rassurant.

En substance : l’industriel japonais est au cœur de la transformation numérique, engagé en faveur d’une innovation rendue possible par l’informatique et porteuse de la promesse d’un monde meilleur, centré sur l’humain.

Peut-être est-ce cela vendre du rêve high-tech aux métiers, cette approche qui fait le succès de Fujitsu en France. A moins que le groupe n’ait un profond besoin de faire passer un message aussi excessif, pour faire oublier la période trouble qu'il traverse et les intérogations de certains sur ses capacités d’innovation.

Un entretien sur place avec Frank Reichart, directeur sénior du marketing produit stockage de Fujitsu en Allemagne laisse à ce titre dubitatif : il explique que c’est à l’occasion d’un projet client de déploiement d’OwnCloud, sur un système de stockage animé par Ceph, que ses équipes ont découvert l’ampleur de l’offre destinée à permettre aux entreprises de mettre en place des systèmes de partage et synchronisation de fichiers internes alternatifs aux services Cloud que proposent Box et autres Dropbox.

Du coup, l’insistance avec laquelle Tatsuya Tanaka et Duncan Tait ont souligné l’importance de la co-innovation, avec partenaires fournisseurs mais aussi clients, apparaît d’autant moins innocente, un peu comme si elle était aujourd’hui devenue essentielle au groupe, faute de mieux.

Le fait est que, outre-Rhin, le groupe s’apprête à fermer son centre de Paderborn, où travaillent 580 personnes. Et malgré les promesses d’emplois dans d’autres implantations et des négociations toujours en cours avec les syndicats, les employés semblent peiner à être optimistes.

Tatsuya Tanaka, président de Fujitsu, lors du Fujitsu Forum 2015 à Munich.

A Paderborn, c’est surtout l’incompréhension qui domine, avec la fermeture de ce qui était présenté, jusque là, comme un centre de recherche stratégique.

En 2009, Fujitsu indiquait en effet que ses implantations à Munich, Padeborn et Augsbourg devaient « piloter le développement mondial des produits serveur et stockage sur architecture Intel ». Les trois sites étaient encore mentionnés comme se rapportant à la R&D du groupe dans une présentation de 2014. Mais entre pression sur les coûts et fluctuation des devises, Fujitsu semble préférer rapatrier ces tâches au Japon.

A cela s’ajoutent des rumeurs, en interne, faisant état d’importants licenciements à venir : jusqu’à 15.000 au Japon, et 15.000 de plus dans le reste du monde. Selon le discours officiel, les employés du site de production d’Augsbourg pourraient être sereins.

Reste que la novlangue du groupe se veut résolument optimiste. Car après le programme Jupiter de 2013, Fujitsu a lancé Mirai en mai 2015, un nouveau programme de réduction des coûts. Ce qu’il traduit du japonais par : « un regard positif tourné vers l’avenir ».

Avec nos confrères de SearchStorage.de

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