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Le e-learning se démocratise (en se réinventant)

Le salon E-learning Expo a témoigné à Lyon d’une mutation de la formation professionnelle. Au menu : la poursuite de la transformation numérique des entreprises, la maturité des solutions Saas et la réforme de la formation.

Chaque nouvelle édition du salon dédié à la formation numérique porte la marque des tendances en cours. En 2013, il s’appelait Serious Game Expo et nous faisions alors le point sur les promesses et contraintes des serious games. Cette année, le Salon e-learning est revenu sur le devant de la scène et cohabite avec le salon Solutions RH. Une manière d’inscrire les Serious Games, le e-learning et autres Mooc ou classes virtuelles dans une stratégie d’entreprise au sens large.

Première constatation, les délais de mise en œuvre des projets se réduisent sensiblement «Nous avons mis en place un parcours complet de formation en deux mois pour le réseau français de l’opticien Seiko Optical pour répondre au plus vite à un besoin stratégique » confirme Gilles Burysek dirigeant de NetOpen.

Un impératif que souligne aussi Patrick Grimonpont, fondateur de Skillendo en proposant une approche alternative fondée sur le lean management (technique de management qui se concentre sur les tâches qui ajoutent de la valeur à un produit ou à un service et qui cherche à éliminer tout en impliquant la totalité des acteurs d’une entreprise), ce qui diviserait par 2 ou 3 le temps de réalisation d’un projet de formation par rapport au méthodes classiques d’ingénierie pédagogique.

Les entreprises doivent répondre vite à des objectifs demandés par la direction générale, les ressources humaines, les ventes, l’intégration de nouvelles réglementations, etc. « Aujourd’hui, nous devons répondre, parfois en quelques jours à une demande précise et ponctuelle. Nous avons développé en 12 jours une application ludique et une vidéo pour Bio Merieux » déclare Nicolas Bourgerie, fondateur de Very Up.

Pour répondre à ces besoins d’agilité, tels que la mise à jour d’une formation, il faut faire, par exemple, appel au Rapid Learning, l’association de vidéos, de présentations classiques suivie d’un quizz d’évaluation.

Une offre peu lisible et des couts trop élevés

« L’offre de formation est trop chère et complexe pour les institutions et les entreprises » constate Nicolas Bourgerie. « Aux Etats-Unis, les prix sont bien inférieurs aux tarifs prohibitifs pratiqués en France, à résultat équivalent ».

Et de citer la solution de formation numérique complète Connect learning d’Adobe, dont la version française coute moins de 300$/mois, adaptée à tous les écrans. Elle propose les principales fonctions d’un LMS (Learning Management System) et gère les contenus Scorm.

Tôt ou tard, ces nouveaux outils vont profondément bousculer la donne sur le marché de la formation numérique, qui devra s’adapter.

Des projets qui doivent être globaux

Mais les outils ne sont rien sans s’interroger sur ce qui doit être acquis, un constat partagé par tous les acteurs de formation. L’accompagnement et l’engagement de la hiérarchie sont primordiaux.

« Nous avons créé un projet de formation chez un de nos clients, imposé par la direction générale, sans engagement de la DRH, ni du personnel. Au final, le module de e-learning n’avait été que peu utilisé. Ce qui rendait inopérante la formation en présentiel » indique Jean-Michel Pauline directeur de Babylon.

Nicolas Bourgerie insiste sur le fait qu’il faut mettre en place des indicateurs de performance dès le début de la construction d’un projet pour éviter les pertes de temps a postériori.

Les tendances du e-learning de demain

Les tendances qui se dessinent sont une personnalisation des parcours de formation, même sur un projet de masse. Fait significatif, l’impact de la loi de réforme de la formation du 5 mars 2014 professionnelle a été peu évoqué lors du salon. Le CPF (compte personnel de formation)  qui va remplacer le DIF, permet pourtant aux entreprises plus de liberté pour mettre en place les plans de formations mais ses effets ne sont pas encore significatifs.

En plus du Rapid Learning cité plus haut, le blended learning proposé par de nombreux acteurs du salon combine les atouts de la formation en présentiel et du e-learning. L’erreur pour l’entreprise serait de réaliser des économies sur la formation en présentiel en la remplaçant par des modules de e-learning.

Autre tendance, le social learning qui s’appuie sur les outils collaboratifs de l’entreprise est disponible via les réseaux sociaux d’entreprise et sur le LMS des PME et grands comptes. Il suppose le partage de connaissance, vieux serpent mer qui resurgit dans le champ de la formation professionnelle mais ne semble pas avoir vraiment décollé malgré la présence d’outils plutôt faciles à utiliser et à intégrer.

Une des tendances les plus prometteuses est d’offrir un parcours de formation, délinéarisé, à savoir adapté à chaque apprenant, sans passer par une progression rigide par étapes hiérarchisées. En fonction des réponses, le parcours s’adapte au niveau et aux attentes, grâce à une analyse prédictive d’une masse de données, sorte de Smart Data dédié à la formation.

L’état des lieux du e-learning et de la formation à distance en France est bien synthétisé dans le Baromètre 2015 de la formation professionnelle de Cegos (acteur international de la formation continue).

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