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Spéculations sur l’avenir de MobileIron

Bob Tinker vient de quitter ses fonctions de CEO de l’entreprise qu’il a fondée. Les analystes s’interrogent sur une éventuelle acquisition à venir.

Le PDG et fondateur de MobileIron, Bob Tinker, vient de quitter ses fonctions à la tête de l’éditeur. Barry Mainz, ancien président du spécialiste de l’embarqué Wind River, lui succède. Ce changement de direction pourrait avoir pour objet d’apaiser le conseil d’administration du principal spécialiste de la mobilité d’entreprise (EMM) encore indépendant.

Ainsi, pour Bob Egan, Pdg et analyste principal de Sepharim Group, « changer de Pdg est une décision très spécifique ; le conseil d’administration n’était pas très satisfait des performances de l’entreprise. Le Pdg est jugé sur la performance du titre et sur la croissance ; [le conseil] se devait d’agir ».

Ce changement pourrait surtout indiquer que l’éditeur s’apprête à suivre le chemin emprunté par nombre de ses concurrents en se laissant racheter. Dans une déclaration écrite, MobileIron ne nie d’ailleurs pas cette possibilité : « comme toute entreprise cotée, nous sommes toujours ouverts à l’étude d’options stratégiques. L’équipe de direction et le conseil d’administration se concentrent sur la création de valeur pour les actionnaires en créant de remarquables produits et en répondant aux besoins des clients ».

Une compétition de plus en plus rude

L’introduction en bourse de MobileIron remonte à juin 2014, avec un cours initial de 9 $ par action. Mais, depuis, le cours a chuté sous les 4 $. L’éditeur reste l’un des principaux acteurs du marché de l’EMM, avec 9,2 % de parts de marché selon un rapport d’IDC de juin 2015. Et Gartner le classe parmi les leaders du domaine.

« Alors que l’industrie continue d’évoluer, les efforts se concentrent de plus en plus sur la gestion des identités et sur la sécurité des contenus », relève Egan. Et là, « MobileIron dispose de quelques composants », mais il ne compte pas parmi les plus avancés.

VMware a racheté le principal concurrent de MobileIron, AirWatch, pour 1,54 Md$ début 2014, et l’a depuis dépassé en termes de chiffre d’affaires. En novembre 2015, BlackBerry a finalisé de son côté l’acquisition de Good Technology pour 425 M$. Avant cela, SAP s’était offert Sybase pour 5,8 Md$, en 2010. Mais d’autres ont aussi contribué à la consolidation du marché, comme IBM avec FiberLink, fin 2013, ou encore Oracle, avec l’acquisition de Bitzer.

Anticipant la convergence de l’administration des PC et des mobiles, Leif-Olof Wallin, du cabinet Gartner, soulignait d’ailleurs récemment dans nos colonnes que « MobileIron, l’un des derniers indépendants du MDM, sera probablement celui qui aura le plus de difficultés » à embrasser cette évolution.

Michael Finneran, analyse chez dBrn Associates, ne le contredira pas. Pour lui, « MobileIron doit faire quelque chose pour rester dans le course au niveau où il se trouve, et une vente pourrait être le meilleur moyen d’élargir l’offre ».

D’autant plus que Microsoft n’a pas manquer d’émerger comme un nouveau prétendant sur ce marché, avec sa suite de mobilité d’entreprise. L’éditeur intègre son offre d’EMM dans ses licences logicielles, permettant à nombre de ses clients entreprises de profiter de sa suite sans surcoût. Certains de ses clients satisfaits de leur solution d’EMM pourraient même d’ailleurs être tentés par l’offre de Microsoft : « Microsoft est l’éditeur dont le plus de personnes ont peur et a clairement émergé comme un acteur sérieux », estime ainsi Eric Klein, directeur chez VDC Research.

Passage de témoin

C’est donc dans ce contexte que Bob Tinker passe la main. Il pilotait MobileIron depuis sa création en 2007 et continuera de siéger à son conseil d’administration. L’éditeur a commencé à chercher à renouveler sa direction alors que ses activités commençaient à rencontrer des difficultés, début 2015, et Tinker estime lui-même que le changement était nécessaire pour relancer MobileIron.

« C’est comme une course de relais », a-t-il ainsi indiqué à l’occasion d’une conférence téléphonique avec les médias : « j’ai couru la première étape, en transformant une idée théorique en produit commercial avec 10 000 clients, et je passe aujourd’hui le témoin à Barry qui est en charge de la seconde étape ».

Avec nos confrères de SearchMobileComputing.com (groupe TechTarget).

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