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Les passerelles Cloud, nouvelle option pour le stockage

Les passerelles de stockage en cloud permettent à une entreprise de bénéficier des avantages du stockage en cloud tout en utilisant les protocoles NAS ou SAN habituellement utilisés par leurs applications. Elles permettent également d’optimiser les performances d’accès aux données résidant dans le cloud.

Cet article se trouve également dans ce contenu premium en téléchargement : STORAGE: Le stockage Cloud, priorité IT pour 2016

Les appliances de stockage en cloud ont été conçues pour faciliter et améliorer l’accès aux ressources de stockage délivrées par les grands cloud publics (AWS, Microsoft Azure ou Google Cloud) et par les systèmes de stockage objet les plus populaires.

Ces appliances, physiques ou virtuelles, agissent à la fois comme un cache local pour doper les performances d’accès aux ressources distantes, et comme un traducteur. Elles assurent en effet la conversion entre les API objets utilisées par le cloud de stockage et les protocoles NAS ou SAN habituellement utilisés par les entreprises pour accéder à leurs données.

Elles embarquent aussi en général des capacités d’optimisation WAN et des fonctions de compression, de déduplication et de chiffrement de données. L’objectif étant au final de rendre le stockage en cloud aussi transparent que s’il était une baie local.

Des usages multiples

Pourquoi une entreprise voudrait-elle remplacer une baie de stockage par le couple appliance/ stockage en cloud ?

Les réponses sont multiples.

La première est la flexibilité de provisioning. Le cloud délivre une capacité potentiellement illimitée de stockage, alors que les baies traditionnelles ont une capacité finie. Ce qui contraint à des exercices réguliers de « capacité planning » et de mise à jour matérielle – pour ajouter de la capacité. Il faut aussi gérer les migrations de données lorsque l’on remplace la baie par une baie plus capacitive.

Une autre raison est le coût. En optant pour une solution combinant appliance et stockage en mode cloud, l’entreprise bénéficie de la tarification à l’usage inhérente aux services de cloud. Dans le même temps, avec les appliances, elle dispose d’une solution de stockage avec tiering intégré offrant un rapport capacité/prix compétitif.

Dans la pratique, les données « chaudes » sont conservées dans le cache local de l’appliance (souvent à base de SSD), tandis que les données froides sont stockées dans le cloud. Le principe n’est guère différent de celui d’une baie hybride, à ceci près que l’appliance est bien moins chère qu’une baie de stockage local et que la classe de service « froid » est délivrée par Amazon S3 ou Azure Storage au lieu d’être fournie par une couche composée de disques durs lents placés dans la baie de stockage.

Une troisième raison est la disponibilité. En multipliant les liens d’accès et les passerelles, il est possible de bâtir une architecture de stockage résiliente alliant performances et capacités élevées (c’est par exemple ce que propose un constructeur comme Avere avec ses appliances FXT).

Une quatrième raison est la possibilité de bâtir une architecture partagée à l’échelle mondiale. Au lieu de déployer des îlots de stockage dans chacune de ses filiales, une entreprise internationalisée, peut positionner des appliance cloud dans ses filiales et créer des pools de stockage NAS partagés à l’échelle mondiale, ce que propose par exemple Panzura.

Une dernière raison est le gain d’espace. Pour délivrer des services de stockage à des agences ou à de petits bureaux distant, les appliances Cloud sont une alternative séduisante aux baies de stockage PME des grands fournisseurs et au stockage NAS local. Tout d’abord, parce qu’elles sont en général pilotées de façon centralisées - ce qui simplifie leur déploiement et leur administration. Ensuite parce que leurs données sont répliquées dans le cloud et souvent versionnées (ce qui évite de devoir se préoccuper de sauvegarder les données locales). Et enfin parce que les appliances cloud permettent aux bureaux distants d’accéder aux mêmes données que celles dont disposent les utilisateurs sur le site central de l’entreprise.

Une offre qui se diversifie

Le marché des passerelles cloud est aujourd’hui assez diversifié. L’offre la plus riche est celle des passerelles « On-premise », que l’on installe sur le réseau local de l’entreprise et qui présentent aux serveurs et aux utilisateurs des volumes iSCSI ou des partages CIFS ou NFS.

La plupart des fournisseurs proposent des passerelles physiques (sous la forme de boîtiers de taille plus ou moins compacts et qui incluent quelques disques ou SSD pour le cache local). Ils proposent également une déclinaison virtuelle qui s’installe sur VMware vSphere ou Hyper-V et qui délivre le même service (l’appliance virtuelle consomme alors un peu d’espace de stockage local pour le cache).

Une autre façon d’utiliser les passerelles est de les installer dans le cloud sous forme de VM ou d’instances. Le but est de délivrer des services de partage de fichier (CIFS ou NFS) et des services de stockage en mode bloc au-dessus des services de stockage objet natif des clouds.

La passerelle permet alors à des applications qui n’ont pas été conçues pour tirer parti de services de stockage objet de disposer de services NAS ou SAN à un coût abordable.

Enfin, une dernière implémentation, plus récente, est celle incorporée dans certaines baies de stockage comme les baies VMAX ou Unity d’EMC. L’idée est de permettre à l’administrateur d’utiliser le cloud directement depuis ces baies de stockage comme une classe de stockage pour les données « froides ».

Choisir une passerelle de stockage Cloud

Faire un choix parmi les fournisseurs de passerelle cloud repose sur plusieurs variables.

La première est la nature et la taille des données auwquelles vous souhaitez accéder.

La seconde est le niveau de volatilité de vos données. Certaines appliances sont optimisées pour des applications comme la sauvegarde, tandis que d’autres sont optimisées pour délivrer des performances élevées en mode bloc ou en mode fichier en faisant un usage intense du cache local, voire de volumes locaux répliqués de façon asynchrone dans le cloud.

Dans les deux cas les flux de données vers le cloud sont différents, puisque pour le backup, les flux sont largement unidirectionnels tandis que pour des applications plus interactives les flux de données seront bidirectionnels.

Un autre facteur reste vos priorités. L’objectif est-il de baisser les coûts de stockage ? Ou de maintenir un niveau de performances élevé ?

La sécurité est aussi un aspect primordial. La plupart des appliances chiffrent les données à la source. Mais toutes n’offrent pas les mêmes mécanismes de contrôle d’accès ou de gestion à base de rôles.

Enfin, un point à ne pas sous-estimer est celui de la bande passante réseau. Si les connexions à haut débit se démocratisent, il ne faut pas oublier qu’utiliser des services de stockage en cloud requiert une bande passante minimale pour disposer de performances acceptables. Il faut donc prendre en compte le coût de cette bande passante dans l’équation économique ; sous peine de sévères déconvenues.

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