Sortir du cloud : comment y parvenir grâce au cloud hybride
D’ici à fin 2027, 87 % des entreprises auront rapatrié leurs traitements hors du cloud public. Cet article explique comment une stratégie de sortie basée sur une approche hybride peut aider à optimiser les coûts et stimuler l'innovation en matière d'IA.
Bien que les services élastiques, le prototypage rapide et la dimension internationale des services cloud restent très demandés, les dirigeants devraient envisager les stratégies de rapatriement de leurs applications sur site comme faisant partie intégrante de leur adoption des services cloud. De plus en plus d’entreprises le font et elles parviennent à gagner en efficacité opérationnelle, à réduire leurs coûts grâce à une approche hybride qui privilégie le contrôle de l’infrastructure et une sécurité renforcée.
Selon l’enquête « The Cloud Repatriation Shift » menée par OpenText, 87 % des entreprises interrogées se donnent jusqu’à la fin 2027 pour rapatrier leurs charges de travail depuis un cloud public vers un environnement sur site, un cloud privé ou un environnement hybride. Et elles sont 67 % à avoir déjà amorcé cette sortie du cloud.
Les migrations depuis le cloud public peuvent s’avérer à la fois coûteuses et complexes, tout en posant de nouvelles contraintes liées à la sécurité des données, à la disponibilité de ressources opérationnelles adéquates et à l’expertise technique requise. Pour de nombreux responsables informatiques, la question centrale est de savoir si les tarifs élevés du cloud sont justifiés alors que des infrastructures existantes ou des installations de colocation peuvent prendre en charge leurs traitements de manière fiable pour un coût bien moindre. C’est là qu’une stratégie de sortie du cloud entre en jeu.
Alors que les DSI réévaluent la nécessité de chaque application hébergée dans le cloud, ils se tournent vers des environnements sur site dédiés, des réseaux de diffusion de contenu et même des options « as-a-service » pour réaliser des économies, gagner en contrôle, renforcer la confidentialité et assurer la conformité. L’optimisation de l’infrastructure sur site pour les applications stables permet non seulement de réduire les coûts, mais aussi d’améliorer les performances de chaque application, tout en garantissant une plus grande mobilité des charges de travail à mesure que les besoins de l’entreprise évoluent.
Élaborer une stratégie de sortie du cloud à l’avance permet d’éliminer la dépendance vis-à-vis d’un fournisseur, de favoriser les conceptions indépendantes de la plateforme dans le développement d’applications et d’éviter des erreurs coûteuses. De plus, les entreprises peuvent contourner les principaux obstacles au rapatriement et éviter les inquiétudes liées à la complexité et à la continuité des activités pendant le processus. Une autre motivation pour la planification du rapatriement réside dans l’adoption croissante de l’IA et les réaffectations budgétaires visant à libérer des financements et des ressources pour des composants spécialisés, tels que les GPU, les réseaux et le stockage.
Vous trouverez ci-dessous les principaux aspects d’une stratégie de sortie du cloud pensée pour simplifier les efforts de rapatriement.
Réaliser une évaluation des risques liés à la dépendance au cloud
La préparation aux risques financiers liés au rapatriement est un processus en deux volets. Elle comprend l’évaluation des hausses de prix des fournisseurs, des coûts liés à l’arrêt des services et des pénalités de conformité, ainsi que la réalisation d’une analyse des coûts de rapatriement. Les entreprises doivent notamment effectuer les trois évaluations suivantes :
Analyse de la concentration des fournisseurs. Pour les entreprises disposant de plusieurs charges de travail dans le cloud, une analyse de la concentration des fournisseurs peut mettre en évidence une dépendance excessive vis-à-vis d’un fournisseur de services cloud (CSP) particulier et indiquer l’existence d’un point de défaillance unique.
Les entreprises peuvent mettre en place une équipe ou un système de gestion du portefeuille de services afin de réduire le risque de dépendance vis-à-vis d’un fournisseur. Avec l’adoption croissante des FinOps et des outils de gestion des coûts du cloud, l’objectif est d’utiliser les données pour identifier et regrouper les services redondants, ainsi que pour adapter le nombre de licences en fonction de l’utilisation réelle.
Cartographie des services. La cartographie des services offre une approche supplémentaire pour identifier les applications métier essentielles et évaluer à la fois la qualité des services d’assistance et leur niveau d’intégration. Ces stratégies visent à évaluer la répartition des charges de travail en fonction de l’utilisation des ressources, des performances et de l’évolution des conditions métier. Elles permettent également de rendre les dépendances existantes entre les serveurs, les bases de données et les autres services cloud plus transparentes et plus faciles à optimiser.
Modélisation de l’impact financier. Les entreprises peuvent aller plus loin en comparant leurs dépenses actuelles liées au cloud aux coûts potentiels de déploiements sur site ou dans un cloud privé. En fin de compte, l’évaluation de la stabilité financière d’un fournisseur de cloud, de ses failles de sécurité, de ses interruptions de service et de ses perturbations opérationnelles peut renforcer le pouvoir de négociation d’une entreprise, atténuer les risques liés à la migration des charges de travail et garantir la continuité des activités.
La clé : adopter une approche hybride
L’élaboration d’une stratégie en faveur d’une approche hybride plus pragmatique doit commencer dès le début de l’adoption du cloud. Gardez à l’esprit qu’une approche hybride sur site reflète la nécessité de redimensionner les applications et de réduire les coûts, plutôt que d’abandonner les services cloud. De plus, selon le rapport OpenText cité plus haut, 28 % des charges de travail rapatriées ont été transférées vers un environnement cloud hybride.
Les bonnes pratiques suivantes favorisent la portabilité, ce qui facilite la sortie du cloud :
- Adoptez des principes de conception indépendants du cloud. L’un des éléments clés consiste à adopter des principes de conception indépendants du cloud. Par exemple, les développeurs peuvent créer des couches d’abstraction qui masquent les complexités liées aux différents fournisseurs de cloud, afin de développer des applications capables de fonctionner sur n’importe quelle plateforme cloud et de réduire la dépendance vis-à-vis d’un fournisseur.
- Évitez les services dépendants d’un fournisseur. Les équipes d’ingénierie doivent adopter les normes du secteur, en évitant les formats de données et les protocoles propriétaires spécifiques à un fournisseur. Des processus tels que la conteneurisation, l’infrastructure en tant que code (IaC) et les maillages de services permettent d’automatiser davantage et de sécuriser les déploiements d’applications.
- Négociez les contrats avec rigueur. Les entreprises peuvent renforcer leur pouvoir de négociation en discutant dès le départ avec un fournisseur d’une stratégie de sortie adaptée. Les responsables informatiques peuvent également consolider leur position de négociation en sélectionnant à l’avance un autre fournisseur qui servira de « meilleure alternative à un accord négocié » (BATNA).
À mesure que la tendance au rapatriement des données depuis le cloud s'accentue et que la mobilité des charges de travail se généralise, les dirigeants et les responsables informatiques disposent de davantage d'options pour contrôler les coûts de manière fine. Une approche hybride plus pragmatique peut en outre contribuer grandement à libérer des budgets d'entreprise afin de mettre en œuvre de nouveaux déploiements d'IA.
Cet article est initialement paru en anglais sur TechTarget.com, une publication sœur du MagIT.
