Grève lissée chez Capgemini : la direction entrouvre sa porte

Journée de grève chez Capgemini et peut être les prémisses d’un mouvement plus vaste touchant les SSII françaises sur fond de revendications salariales. La rançon du succès pour un secteur qui se porte bien et affirme pouvoir faire la nique à la morosité ambiante de l’économie française.

Journée de grève chez Capgemini et peut être les prémisses d’un mouvement plus vaste touchant les SSII françaises sur fond de revendications salariales. La rançon du succès pour un secteur qui se porte bien et affirme pouvoir faire la nique à la morosité ambiante de l’économie française. La première des SSII hexagonale – avec plus de 20 000 salariés dans le pays - est confrontée depuis six semaines à la grogne de ses salariés qui réclament une augmentation générale. Selon Victor Szczerbina, représentant de la CGT Sud au sein du comité central d’entreprise, « les 2% d’augmentation sur les plus bas salaires, soit 500 salariés concernés sur 22 000, proposés par la direction lors de la négociation annuelle 2008 sont insuffisants ». Les syndicats ont refusé de signer.

Mobilisation douce pour forte augmentation du pouvoir d’achat

Depuis, ça discute ferme et l’intersyndicale revendique la réunion de quelque 1 200 salariés dans les assemblées générales organisées sur les différents sites du groupe Capgemini-Sogeti. « Sur ce nombre, les trois-quarts se sont déclarés prêts à se mettre en grève », d’après Frédéric Boloré de la CFDT. Du coup l’intersyndicale a lancé un appel à stopper le travail les 28 mars (notamment à Grenoble et dans la région Est) et 1er avril (concernant Toulouse, la région ouest et l’Ile-de-France) en fonction de la situation de chaque site. Pour Frédéric Boloré, « si on atteint plus de 1 000 salariés en grève sur les deux jours de mobilisation, on sera satisfait, sachant que nous sommes dans un secteur où il est très difficile de faire bouger les gens ». Doux euphémisme : le secteur des services informatiques étant bien connu pour ses faibles capacités de mobilisation collective. Le succès d’un mouvement de revendication sur les salaires, notamment chez un Cap emblématique de la profession, n’en serait que plus révélateur du climat actuel.

Aujourd’hui, le mouvement a déjà conduit la direction à réagir, « alors que le silence était de rigueur depuis le début du conflit », selon Frédéric Boloré. Lundi, une réunion sera organisée avec les représentants. A la direction de Capgemini on revendique « une politique salariale qui positionne la SSII au dessus de ce qui est généralement proposé par le Syntec (le syndicat patronal). De même les enveloppes budgétaires consacrées aux augmentations individuelles sont équivalentes, voire supérieures à ce qui est pratiqué dans la profession ». Une affirmation qui a d’autant plus de mal à passer auprès des syndicats, que les signaux envoyés depuis de long mois par le Syntec sont tous au vert. Du coup, selon Victor Szczerbina, « on a le sentiment du deux poids deux mesures. D’un côté la direction explique en public que tout va bien, que la récession est loin, que les résultats sont très satisfaisants et, de l’autre, dès qu’un salarié demande une augmentation, on lui explique qu’il travaille bien, mais que la concurrence est dure et que l’on a peur de la crise qui pourrait arriver ».

Des mesures gouvernementales qui ne satisfont personne

Reste que si les syndicats sont unis concernant la revendication sur une augmentation générale et l’indexation des salaires sur le coût de la vie, d’autres mesures pourraient également être mise en avant par la direction de Capgemini. A la CGT on admet ainsi que « certains salariés sont favorables à une discussion sur les heures supplémentaires, mais ils sont très minoritaires. Et de toute façon la direction n’est pas très chaude ».

Il est vrai que chez Capgemini, comme dans toutes les autres SSII, on se retrouve confronté à un double feu : d’un côté des salariés qui demandent une amélioration de leur pouvoir d’achat, de l’autre des mesures législatives incitatives notamment au sein de la loi Tepa (loi en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat) particulièrement mal adaptées – donc mal adoptées – aux sociétés de services (voir notre analyse à ce sujet par ailleurs).

Côté syndical, on croit plutôt que la direction de Cap va arriver avec des propositions concernant l’intéressement et la participation salariale. Un sujet sur lequel le gouvernement prévoit d’ailleurs de légiférer durant la cession parlementaire qui vient de débuter. Mais côté CGT, "on refuse que le pouvoir d’achat soit lié aux soubresauts de la bourse". Moins virulente, la CFDT souhaite cependant séparer les sujets. Selon Frédéric Boloré, "pour l’instant, il s’agit de défendre une plate-forme de revendication unitaire. Maintenant on sait que la direction pousse pour l’adoption d’un nouveau plan d’intéressement et de participation. Le problème, c’est que c’est difficile de discuter alors que nous ne sommes pas entendus sur la question du pouvoir d’achat."

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