SSII : consolidation et OPAs dans l’air pour les mois à venir

Le rapprochement Steria-Sopra a ouvert la voir de la consolidation des ESNs françaises. Pour un analyste de Meeschaert, ce n’est que le début d’une vague de fusions qui devraient arriver rapidement.

Le rachat de Bull par Atos et le rapprochement entre Steria et Sopra ont marqué le début du mouvement en 2014. Ces deux fusions ont fait d’Atos la 3ème plus grosse SSII du marché français (chiffre PAC) et ont fait bondir Sopra de la 8 ème à la 4ème place de ce classement (Steria étant 10ème du classement précédent).

Mieux, le premier bilan de l'intégration entre Steria et Sopra, débutée concrètement en décembre 2014, montre, six mois plus tard, une croissance organique de plus de 2% (et de 6 % au total). Les observateurs attendaient au mieux 1.8 %.

Sopra-Steria : un rapprochement qui donne des idées

L’explication tient au fait que sous la houlette de Vincent Paris, nouveau DG de Sopra-Steria, la SSII a commencé à concrétiser les synergies entre un groupe historiquement fort sur les solutions et l’Application Management (Sopra) et une société forte dans les Business Process Services (externalisation de temps métier complet) et dans l’infrastructure (Steria).

Bourse

Cette fusion débouche aujourd’hui sur une entité capable de fournir « une offre globale » (consulting, intégration, solutions, maintenance applicative et d’infrastructure, et services opérés/outsourcing). Le tout avec un maillage géographique européen intéressant (France, Royaume-Uni, Allemagne).

« On s’aperçoit que le rachat de Steria par Sopra – et on se souvient que Atos était aussi intéressé – était une bonne acquisition », synthétise Frédéric Rozier, analyste chez Meeschaert Gestion Privée. « Même s’il reste un souci sur le niveau d’endettement qu’il faudra surveiller ».

Résultat, le titre a bondi de 10 % en bourse hier (6 août) et se maintient aujourd’hui.

Plus largement, cette performance pourrait donner des idées (ou confirmer les intentions) d’autres opérations de ce type. Comme le confirme d’ailleurs, à l’international cette fois, le rachat d’iGate par Capgemini.

Des valorisations hautes...

Ceci étant, le secteur connait des valorisations hautes qui pourraient freiner les ardeurs de rachats.

« Si on regarde le secteur des SSII - comme Capgemini, Altran, Econocom – on s’aperçoit que ce sont des sociétés qui ont progressé de 30 à 50 % [en bourse] depuis le début de l’année », constate Frédéric Rozier sur l’antenne de nos confères de BFM Business.

Cette progression a plusieurs explications. La première tient à la reprise économique qui s’amorce en Europe, marché de prédilection des acteurs français - à l’exception notable de Capgemini qui possède une présence forte aux Etats-Unis et en Inde.

Or les SSIIs, comme la publicité ou l’Interim, sont un secteur précurseur des tendances globales.

Deuxième explication de ce boom, le marché de l’IT est porteur. « On est dans la vague de la dématérialisation, de l’arrivée du Cloud, de la mobilité, du Big Data. Ce sont de nouveaux marchés où il va falloir énormément investir pour réaliser la transformation des business des acteurs. C’est un marché qui n’a pas de limite », analyse le spécialiste de Meeschaert Gestion privée.

... qui ne freineront pas les rachats

Conséquence, « le secteur se paye sur une base 2016 à 14 fois les bénéfices », chiffre-t-il. Une valorisation élevée. Mais pas suffisamment, d’après lui, pour refroidir les ardeurs de rachats.

Car face aux nouveaux défis que posent les nouvelles technologies et les nouvelles exigences des clients, les SSII elles aussi se restructurent. « Et je pense que ce n’est pas fini. On va certainement avoir une vague d’OPAs dans le secteur dans les mois qui viennent », prédit Frédéric Rozier.

Pour lui, le grand nombre d’ESNs (« rien que sur Paris, on a une trentaine de SSIIs cotées dont beaucoup sont axées sur une thématique ») appelle mécaniquement cette consolidation par un mouvement de fusions-acquisitions.

Alten et Altran, cibles potentielles

Parmi les prochaines cibles potentielles, des noms comme Alten ou Altran seraient en bonne position. Chez les acheteurs, on peut s’attendre à retrouver Atos en première ligne. « Atos fait beaucoup de croissance externe, donc ce sera certainement le prochain gros prédateur ».

De son côté, Vincent Paris ne cache pas qu’il ne serait pas non plus contre l’idée que Sopra-Steria soit l’acteur majeur de la consolidation qui s’annonce.

« Ce n’est que le début de l’histoire », conclut Frédéric Rozier. Une histoire qui s’écrira dans les mois qui viennent donc.

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