Unbreakable Kernel : Oracle remplace le noyau Red Hat de sa distribution Linux

A l’occasion d’OpenWorld, la grand messe Oracle, Larry Ellison a choisi d’annoncer officiellement que le noyau Red Hat de sa distribution Unbreakable Linux n’était pas assez bien pour le groupe. L’éditeur a donc décidé d’en optimiser un lui-même pour ses systèmes. Son nom : Unbreakable Enterprise Kernel.

Le 20 septembre, Oracle, alors en plein OpenWorld, a décidé qu’il fallait trouver une alternative au noyau de Red Hat pour son Unbreakable Linux (aujourd’hui rebaptisé Oracle Linux). L’éditeur a donc publié son propre noyau, Oracle Unbreakable Enterprise Kernel. Une de ses particularités réside dans son optimisation pour la dernière génération de serveurs haut de gamme de la marque.

Depuis 4 ans, la firme de Larry Ellison revend sa propre déclinaison de Linux, entièrement compatible avec Red Hat (Red Hat Compatible Kernel, puisque reposant sur le même noyau initialement). Cette distribution, qui avait semé une vraie polémique dans la communauté Open Source et suscité l’ire de Red Hat, totaliserait aujourd’hui quelque 5 500 clients, selon les chiffres de l’éditeur. Une étude de nos confrères américains TechTarget (LeMagIT est le partenaire en France de l'éditeur américain, NDLR), menée auprès de ses lecteurs, révèle par ailleurs que 11 % du lectorat est utilisateur de cette offre.

Les mises à jour de Red Hat trop lentes pour Larry

Des résultats satisfaisants pour Oracle. Mais le très charismatique patron d’Oracle, Larry Ellison, prétend aujourd'hui que Red Hat n’applique ni les patches, ni les mises à jour de son noyau à un rythme suffisamment soutenu. Et qu'importe si certains afficionados Linux prétendent le contraire. En tout cas, c'est l'argument avancé par le dirigeant pour expliquer qu'Oracle ait choisi de se détourner de la distribution Linux numéro un.

“La version du noyau Linux de Red Hat ne suffit pas à décrire la réalité, car la société emploie un nombre de hackers qui rapatrient chaque mise à jour qu’ils jugent nécessaires à partir des dernières versions du noyau (entretenues par la communauté, NDLR) vers leur version Red Hat en cours. Bien que la noyau Red Hat affiche une ancienne version, les dernières mises à jour et patches critiques, issues du dernier noyau Linux de la communauté, sont bien présents.”, explique un administrateur système et auteur d’ouvrages sur Linux, qui a souhaité rester anonyme. “Il semblerait surtout qu’Oracle souhaite simplement ne pas avoir à dépendre de Red Hat et pouvoir appliquer ses propres patches au noyau.”

Larry Ellison assure toutefois que le support Red Hat Compatible Kernel sera toujours assuré sur le long terme dans Oracle Linux. Les clients pourront choisir entre le noyau strictement compatible Red Hat et un système optimisé pour des applications Oracle.

Un noyau optimisé pour ses applications

Lors de son intervention, Larry Ellison a surtout pointé du doigt l’éditeur au chapeau rouge. “Red Hat est très lent à prendre en compte les modifications de la communauté Linux”, a-t-il affirmé. “Son noyau repose sur une version vieille de 4 ans et n’intègre que trop lentement les améliorations de la communauté. Nous ne pouvons pas nous permettre d’être 4 ans en retard sur le rythme des développements de Linux.”

Selon Oracle, Unbreakable Enterprise Kernel doit considérablement améliorer les performances des systèmes destinés aux grands comptes du groupe. Parmi les améliorations, la société cite un gain de 75 % des performances sur un mode transactionnel (OLTP) par rapport au noyau Red Hat ; une progression de 200 % sur Infiniband ; de 137 % sur les disques SSD pour serveurs NUMA ; sans oublier une amélioration de la consommation électrique et énergétique, un contrôle affiné du CPU et la mémoire et l'intégration possible avec certains composants Solaris, comme dtrace.

“Oracle a optimisé sa distribution afin d’obtenir les meilleures performances en matière de base de données et de stockage. Reste à savoir au détriment de quelles autres fonctionnalités ces améliorations ont été apportées”, s’interroge Gregory Rosenberg, directeur technique du revendeur américain Ricis. “Je vois davantage Oracle comme s’installant sur un marché de niche, et pas sur un marché à forte présence - ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi. En revanche, je ne pense pas qu’Oracle bénéficiera du même élan que Suse. Il peut d’un autre côté gagner la guerre du marketing”.

La communauté Linux a peu confiance en Larry

La communauté Linux, de son côté, hausse quelque peu les épaules. Et note qu’il serait effectivement interessant de disposer de composants Solaris, mais que Oracle Unbreakable Kernel n’aura que peu d’impact en dehors de la sphère des clients d’Oracle. “Je crois que dtrace serait une composante suffisante pour encourager les utilisateurs à basculer vers Oracle Linux. Toutefois, je serai très déçu si le portage restait propriétaire”, commente un administrateur Linux. “Après tout, Oracle profite de cette OS libre et des applications, il serait honteux qu’ils ne renvoient pas l'ascenceur avec dtrace”.

Adapté d’un article de Matt Stansberry, SearchDataCenter.com.

Openworld 2010 sur LeMagIT :

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