Déroute boursière : les valeurs IT en souffrance

Malgré de bons résultats jusqu'alors, les grands noms de l'informatique sont à leur tour entraînés dans la tempête boursière. Aux Etats-Unis, les investisseurs anticipent une réduction des dépenses IT. En France, les grands noms du service résistent un peu mieux. Pour combien de temps ?

La journée noire de Wall Street hier, suite au rejet du plan Paulson par le congrès américain, a durement touché les valeurs IT. Cas emblématique, celui d'Apple, icone du Nasdaq qui a reculé de 17,9 % en une journée malgré des résultats satisfaisants lors des trimestres précédents. L'indice des valeurs technologiques recule lui globalement de 9,1 %.

Les ténors de l'informatique professionnelle encaissent eux aussi le choc. Certes quelques entreprises qui ont récemment démontré leur stabilité échappent au massacre : Accenture abandonnait ainsi 3,92 %, tandis que HP a reculé de 3,62 %, et IBM de plus de 4 %. Plus fragiles, Dell encaisse de son côté un - 9,3 % et Sun frôle les - 12 %. Côté logiciel, Microsoft recule de 8,7 % et Oracle de près de 9 %. Même des valeurs appréciées comme Google (- 11,6 %), Cisco (- 8,4 %), Amazon (-10,4 %) ou Intel (- 10 %) sont passées à la moulinette.

Réduction des dépenses : ça s'accélère

Malgré la solidité des résultats de la plupart des entreprises du secteur, les investisseurs anticipent la réduction des dépenses informatiques dans les entreprises et chez les particuliers. Pour les firmes américaines qui se concentraient déjà sur la réduction des coûts, la chute de Wall Street - la plus importante en une journée depuis le krach de 1987 - va "tripler ce phénomène", selon le très expérimenté analyste Rob Enderle, cité par nos confrères de Computerworld. Déjà, fin août, une étude trimestrielle du cabinet ChangeWave montrait la volonté des DSI américains de réduire leurs dépenses au troisième trimestre.

A ce phénomène s'ajoutent les fusions entre banques américaines, entraînant des synergies. Le rachat de Wachovia par Citigroup annoncé hier - le dernier d'une déjà longue liste - se traduira par 3 milliards d'économies sur les dépenses par an, a déjà promis l'acquéreur. Les analystes anticipent notamment des décisions brutales dans les datacenters.

SSII : lundi qui pleure, mardi qui rit

En France, si Paris a sévèrement dévissé hier (- 5 %), les principales valeurs des services informatiques ont plutôt mieux résisté que la moyenne. Capgemini a ainsi cédé 4,67 %, mais reprenait plus de 1,2 % à la mi-séance ce mardi. Même profil pour Atos, qui après avoir cédé hier plus de 4,5 % regagnait 2,65 %. Malgré son exposition à la finance, Sopra, fort de très bons résultats semestriels annoncés récemment, reprenait ce mardi quasiment tout le terrain abandonné hier. Le plus affecté des grands du service à la française restant Steria qui a abandonné près de 8 % lundi, avant de se reprendre mollement aujourd'hui (+ 0,4 %). Les récents bons résultats des SSII font que le secteur est relativement épargné. Mais la contagion de la crise financière aux établissements parisiens devraient conduire ces entreprises, qui pesaient 27 % de la dépense IT en France l'année dernière, à prendre des décisions budgétaires drastiques, comme nous l'expliquions hier.

Voir notre couverture en direct avec les réactions des analystes et des dirigeants de SSII sur notre blog Jour.homme.

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