L'état du monde IT : GreenIT, le marketing vert peine à porter ses fruits

En 2008, le vert est resté un peu pale. Cette année, le GreenIT, ou informatique verte, a créé un bruit assourdissant chez les constructeurs et éditeurs de technologies, qui vantaient tour à tour ses vertus, tantôt écologiques, tantôt économiques, mais toujours citoyennes. Un barnum marketing face auquel les décisionnaires restent pour l'instant de marbre.

Il aura fallu attendre la fin d'année pour voir 2008 se teinter un peu plus en vert. Ce n'est qu'il y a quelques jours, alors que le mode de l'informatique distribuée portée par des datacenters surpuissants ne date pas d'hier, que le gouvernement a créé un groupe de réflexion sur le GreenIT. Un groupe « visant à rendre les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) moins polluantes et à favoriser leur utilisation au service du développement éco-responsable des entreprises. » La mission, d'envergure, est confiée à Michel Petit, président de la section scientifique et technique du Conseil Général des Technologies de l’Information (CGTI) et président du comité de l’environnement de l’Académie des sciences. Un pas en avant pour le GreenIT hexagonal. Serait-ce la tant attendue rampe de lancement pour un comportement plus écologique des utilisateurs d'informatique en France ?

Car, pour l'heure, lorsqu'il est question d'informatique verte, le concept sonne davantage comme un slogan marketing que comme une véritable problématique industrielle prise en compte par les DSI.

"Faites ce que je dis, pas..."

Faute de réel marché, le GreenIT se contente donc d'ausculter les pratiques des industriels du secteur. Greenpeace publie ainsi son baromêtre trimestre, brocardant les plus gros comme Sony, Nokia ou Nintendo. Sans réelles conséquences. Comme le remarquait la rédaction du MagIT, sur l'édition 2008 du Cebit, plus gros salon informatique en Europe. Si un « Village GreenIT » y trônait bien au coeur de l'événement, le salon brillait par son manque de pratique écologique. A l'image de l'industrie en 2008.

Ce contraste entre conscience écologique proclamée et déploiement des pratiques dans les centres de calculs a rythmé l'ensemble de l'année. Si les déclarations de bonnes intentions se multiplient, rien n'est garanti lorsqu'il s'agit de passer à l'action. Pourtant, les analystes, tant chez IDC que Gartner, alertent sans relâche les responsables informatiques sur la nécessité d'avoir une politique Green dans leur besace. Pour arguments, ils relèvent qu'il s'agit d'un moyen simple de réduire les coûts globaux, d'abord. Mais également, une façon de rester dans la compétition, tant le déploiement de politiques GreenIT paraît incontournable.

Reste que, dans son dernier baromètre, notre confrère Computerworld révèle que 42 % des DSI américains interrogés n'ont pas de programme Green en prévision dans les douze prochains mois. Pire, les trois-quarts des répondants n'ont pas planifié de comités dédiés à la mise en place de politique verte. De la parole aux actes, il y a bien un gouffre...

Le flou de la mesure standard

Absence de pression juridique et d'outils de mesure constituent les plus importantes lacunes du GreenIT, relevés en 2008. Sans norme ni baromêtre, comment mesurer l'impact d'une politique GreenIT sur le SI et démarrer des projets de déploiement ? Et à quelle métrique se fier si aucun standard ne se détache ?

Fin juin, le Green Grid, consortium américain dont la mission est de rendre les centres de calculs plus propres, est venu prêcher la bonne parole à Paris : faute de mesures standard, point de décollage de l'informatique verte, explique l'organisation. Aux Etats-Unis, cette dernière, qui fait office de pilier et de référent en la matière, commence à apporter ses propres grilles de calculs. Et surtout à les imposer : l'EPA (Environment Protection Agency) a décidé de confier au consortium la coordination des travaux autour des datacenters. La promesse d'avancées concrètes, d'autant que, de son côté, l'agence gouvernementale se débat dans les spécifications de label Energy Star pour serveurs, dont la finalisation est attendue pour février 2009. Comme pour les desktop, Energy Star doit garantir des serveurs efficaces en terme de consommation énergétique.

Mais, alors que le cadre juridique se met tranquillement en place aux Etats-Unis, en Europe, on en reste aux déclarations d'intention. L'Union européenne a certes finalisé son code de bonne conduite, que les industriels s'engagent à respecter (sur les principes du Green Grid), mais sans que cet engagement formel s'accompagne de contrôles. Un premier pas entièrement basé sur le volontariat donc.

Tout le feuilleton "vert" en une dizaine d'articles publiés sur LeMagIT :

- En mars
Au CeBIT, le « Green IT » reste un vœu pieux
Tout le monde, il est beau, tout le monde, il est « green »

- En avril
SNW 2008 : le stockage se met, lui aussi, au vert
Alliance entre l'agence environnementale US et le Green Grid

- En mai
Le Green IT continue de se chercher 

- En juin
Le GreenIT en panne de thermomètre

- En août
Green IT : faute de mesure standard, le vert reste dans le flou

- En novembre
Green IT : L'UE finalise son code de conduite pour datacenters
Le label Energy Star pour les serveurs finalisé en février 2009


- En décembre
Trois ans après les Etats-Unis, le gouvernement découvre le Green IT

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