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Cloud : OBS, pile entre fournisseur IaaS et prestataire multicloud

Alors que l'opérateur B2B se positionne de plus en plus comme un acteur de la donnée, capable de la gérer de bout en bout, un accord avec AWS rappelle qu'il se place aussi dans le cloud avec une stratégie ambitieuse et double.

« Nous avons deux cerveaux », lance Helmut Reisinger, « un Telco, et un autre IT ». Avec cette formule, le Directeur Général autrichien d'Orange Business Services a profité de l'annonce d'un nouvel accord avec Amazon Web Services pour souligner la nouvelle ligne stratégique de la filiale B2B d'Orange. OBS n'est plus simplement un acteur du réseau - même s'il le reste avec une des plus importantes présences mondiales - il est aussi en train de devenir un acteur du traitement de la donnée, de bout en bout, qui va du capteur à l'analytique en passant par le stockage.

Une stratégie double dans le cloud

Avec cette stratégie plus large, OBS devient également depuis cinq ans un acteur cloud à part entière.

Le Gartner a d'ailleurs positionné le Français dans son Magic Quadrant des « fournisseurs mondiaux d’infrastructures hybrides et de services managés » pour la première fois.

Mais ce classement traduit aussi l'ambivalence de la stratégie cloud d'OBS. Le géant français (plus de sept milliards d'euros de chiffre d'affaires) est à la fois un fournisseur de IaaS (avec Flexible Engine et Clouwatt) et un fournisseur de services pour accompagner les clients, peu importe le cloud, exactement comme le font Atos ou Capgemini.

« Nous fournissons de l’infrastructure [mais] nous sommes cloud agnostique »
Stefan Kanis, Orange Cloud for Business

« Nous fournissons de l’infrastructure et du management d’applications critiques dans notre cloud », résume Stefan Kanis, Directeur Général de Orange Cloud for Business, avant d'enchaîner, pratiquement dans la même phrase : « mais nous ne sommes pas en compétition avec les fournisseurs IaaS. Nous sommes cloud agnostique ».

En réalité, OBS est les deux à la fois. Azure, AWS ou Google Cloud (avec qui il semblerait être en discussion) sont des co-opétiteurs avec lesquels ses intérêts sont convergents. Les clients veulent utiliser ces cloud, mais ne veulent pas nécessairement y aller seuls ou être pieds et poings liés avec un fournisseur.

L'expertise d'un OBS dans la migration, l'orchestration, le provisionning et même le réseau, rassure les acteurs. Inversement, les gros du IaaS trouvent en OBS un allié commercial et technique - et une solution au frein à l'adoption de leurs plateformes auprès de ces clients.

L'avènement du multicloud et de l'hybride

Le Directeur Général Helmut Reisinger se plait à rappeler cette place de facilitateur. Une place d'autant plus centrale que les entreprises seraient entrées dans la « deuxième phase du cloud ».

Dans la première, les clients cherchaient surtout une réduction des coûts pour leurs existants. Dans la deuxième, celle en cours, ils cherchent des outils qui leur permettent de développer de nouvelles applications « nativement cloud » et d'accélérer leurs transformations numériques.

Conséquence indirecte de cette maturité des clients, 80 % des entreprises seraient aujourd'hui multicloud, avec en moyenne cinq fournisseurs différents (IaaS, PaaS et SaaS confondus). Et donc, à la clef, une complexité grandissante qui peut tourner au casse-tête surtout si on y ajoute la dimension hybride (sur site / cloud privés et publics).

« Un DSI d'un grand groupe m'a même récemment parlé de "Cloud segmenté" », renchérit Cédric Parent, Vice President Marketing / Strategy Orange Cloud for Business. « En fonction des données il les met dans tel ou tel cloud, ou sur site ».

OBS à la croisée des nuages

Fort de ce diagnostic, la stratégie de l'opérateur OBS - qui est déjà plus qu'un opérateur - consiste à se mettre à la croisée de ces chemins vers le cloud.

« 100% des DSI du CAC 40 et du Top 100 sont préoccupés par le CLOUD Act et le PATRIOT Act »
Cédric Parent, Orange Cloud for Business

D'abord en proposant ses infrastructures (cloud privé, cloud public, cloud souverain) - y compris pour héberger lui-même certaines applications SaaS avec lesquelles il a des accords, comme ServiceNow, pour échapper à l'extraterritorialité du droit américain.

« 100 % des DSI du CAC 40 et du Top 100 sont préoccupés par le CLOUD Act et le PATRIOT Act », constate d'ailleurs Cédric Parent sur ce point dans un échange avec LeMagIT. Sa réponse réaliste tranche avec celles, souvent lénifiantes de certains éditeurs américains qui bottent en touche. Et elle montre l'opportunité de marché qui s'ouvre pour OBS (mais aussi pour des T-Systems ou des Outscale).

Ensuite, et surtout, en proposant du service. « L'infra est une commodité, notre métier c’est le service », insiste bien Helmut Reisinger. Avec son expertise, et celles qu'il acquiert au fur et à mesure (comme avec le rachat de Base Farm), OBS « cherche à effacer la complexité du multicloud » dans cet environnement cloud de plus en plus complexe d'un point de vue architecture.

Pour se renforcer encore un peu plus dans le domaine de cette gestion multicloud, OBS envisage d'ailleurs 300 recrutements qui viendront s'ajouter à ses 2.200 experts actuels (dont les 500 de Basefarm).

Un CA Cloud multiplié par 2,5 d'ici 2022

Le but général est de continuer à surfer sur un marché en forte progression, (+18 % au premier trimestre pour le Français qui compte 3500 clients cloud) avec un objectif de croissance de 25 % par an d'ici à 2022.

A cette date, OBS aura donc multiplié par 2,5 son CA cloud, qu'il espère réaliser à plus de 50 % à l'international, que ce soit en partenariat avec AWS et Azure ou en alternative à AWS et Azure, selon les cas.

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