Cet article fait partie de notre guide: Oracle : le Grand Guide de l'OpenWorld 2018

ERP Cloud : NetSuite en ordre de bataille pour conquérir la France

Avec une offre traduite et presque entièrement localisée pour la France, avec un nouveau datacenter en Europe à venir, et avec un bureau ouvert depuis un an, l'ERP 100 % SaaS a organisé son premier évènement clients à Paris. Il affiche clairement ses ambitions sur le marché français.

Ironie de l'histoire, c'est juste en dessous des anciens bureaux parisiens de SAP, dans le bâtiment à l'orée du très chic parc Monceau, que NetSuite - l'ERP Cloud racheté par Oracle qui concurrence frontalement SAP ByDesign et SAP Business One - a organisé son tout premier évènement client en France (le « NetSuite Grow Live » de Paris).

La filiale locale n'a été créée qu'il y a un an, mais elle emploie déjà 50 personnes et compte plusieurs milliers de clients dans le pays - héritage des actions commerciales de Capgemini et du bureau de Londres depuis deux ans.

La France dans le Top 7 des priorités de NetSuite

A peine né, NetSuite France compte donc déjà 130 clients dont les sièges sociaux sont situés dans le pays et 1.100 filiales. Son Sales Director, Eric Liard, ne donnera pas plus de chiffre et n'en dira pas plus sur la croissance visée pour l'année en cours mais parmi les grands noms, NetSuite version française aurait déjà convaincu une filiale de Veolia et une de Schneider.

Même si la demande ne semble pas encore aussi mature que celle du CRM ou du HCM en mode SaaS, plusieurs analyses affirment que l'ERP cloud intéresse de plus en plus les clients. Particulièrement les PME et les ETI qui n'ont plus spécialement envie de gérer elles-mêmes les licences et l'infrastructure.

De nouveaux entrants l'ont bien compris, comme Workday - qui enchaîne les signatures, d'après un partenaire logiciel indépendant - ou NetSuite (fondé tout de même en 1998).

Les historiques, contraints et forcés, s'y sont mis également en « cloudifiant » leurs offres sur sites avec plus ou moins de bonheur, comme SAP (S/4HANA Cloud, ByDesign, Business One Cloud), Oracle (Fusions), Microsoft (Dynamics 360), Sage ou Infor. Il y a peu, Infor justement précisait au MagIT qu'il visait une proportion de 40 % de cloud dans ses ventes ERP en France.

Sur des marchés de niches, le Hollandais Unit4 ou le Français Cegid se sont eux-aussi lancés sur le même chemin.

Pour NetSuite - dont « l'objectif principal en 2018 est l'international», dixit Craig Sullivan GVP Product Management - la France fait partie du Top 7 des marchés mondiaux à conquérir aux côtéx de l'Allemagne, du Brésil, de l'Inde, du Mexique, du Japon, et de la Chine (les marchés anglo-saxons étant déjà pénétrés par NetSuite).

Un ERP entier né dans le cloud

Pour Eric Liard, un des atouts concurrentiels de l'éditeur est d'être né dans le cloud. Pas de problème d'intégration entre des briques fonctionnelles éparses issues de rachats assemblés au fil du temps, des UI différentes ou des sources de données plus ou moins bien reliées entre elles.

La philosophie est la même que celle d'un ServiceNow ou d'un Workday qui reposent sur une véritable « plateforme » logicielle unique.

Par rapport à un Workday, lui aussi né dans le SaaS, Eric Liard avance un autre argument : NetSuite possède une offre plus large (CRM, Supply Chain, inventaire, gestion de projets, Point de Vente, etc.) qui permet de gérer plus de processus avec un outil unique - là où un Workday s'insérera dans une logique « Best of Breed » assez opposée à celle d'Oracle.

C'est d'ailleurs cette unité qui a séduit le jeune Français Actility, un concurrent de SigFox dans l'Internet des Objets et les réseaux.

Une localisation presque achevée (et toujours en cours)

Côté produit, la localisation - c'est à dire la personnalisation pour l'adapter au marché français - est également quasiment achevée. En tout cas pour l'essentiel (dont la comptabilité).

Un gros travail a donc été mené à bien depuis l'année dernière.

Lors du « NetSuite Grow Live », Craig Sullivan, a par exemple mis en avant la prise en charge de la certification NF 203, du fichier des écritures comptables (FEC), du camt.053, du Plan Comptable Général 2018 ou du lettrage comptable.

Il reste néanmoins encore des travaux en cours pour terminer le chantier de la liasse fiscale, visiblement très attendue par les clients français présents à l'évènement.

« NetSuite OneWorld est prêt dans sa version française », assure Craig Sullivan, « mais [l'adaptation locale] est un travail continu qui ne s'arrête jamais », rappelle-t-il dans la foulée.

Quant à la jeune partie SIRH de NetSuite, elle est - de l'aveu même de l'éditeur - moins pointue que celle d'un Workday ou d'un TalentSoft. Elle répondrait cependant aux besoins de leur cible, tout comme le CRM - qui n'a pas le potentiel (ni la complexité) d'un Salesforce. Et dans le cas contraire, NetSuite peut toujours proposer Oracle HCM.

Un ERP qui cible les (plutôt grosses) PME

En France, les concurrents présents dans les derniers tours de sélections (les « short lists ») dans lesquelles NetSuite est présent situent bien l'éditeur. NetSuite se retrouve le plus souvent face à SAP (ByDesign), Sage (X3 ou 1000), Dynamics (Microsoft), Workday et Infor (pour ce dernier, surtout dans les appels d'offres du secteur manufacturier).

NetSuite s'adresse en effet prioritairement aux PME dont le chiffre d'affaires va jusqu'à 300 millions d'euros. L'outil est potentiellement taillé pour répondre aux besoins des sociétés plus importantes mais il marcherait alors sur les terres d'Oracle, chose que l'éditeur ne s'autorise à faire qu'en accord avec sa nouvelle maison mère.

A l'opposé, l'ERP vise jusqu'à la start-up ou la petite entreprise - à condition qu'elles soient en forte croissance et qu'elles aient des visées internationales et donc des besoins de KPI et des tableaux de bords plus récurrents.

Côté segments de marché, NetSuite France tente de séduire prioritairement les sociétés de service, les éditeurs et les manufacturiers. L'éditeur a également particulièrement en ligne de mire les associations et les organisations à but non lucratif (comme un Unit4) ainsi que les grossistes / revendeurs et le secteur de la distribution.

Les opportunités du renouvellement de licences et des mises à niveau

Une migration d'ERP n'étant jamais simple - et souvent décidée en dernier recours - Eric Liard voit les plus grosses opportunités chez des prospects sans ERP ou dans le cas de renouvellement de licences (ou d'upgrade) qui provoque une remise à plat du TCO... Exactement le cas de figure qui permet à Workday de bouter SAP et Oracle de plusieurs comptes.

Au passage, Eric Liard concède qu'il arrive à Oracle de présenter des offres communes avec NetSuite, dans le cas où la négociation pour ses offres historiques s'annoncent mal engagées. « Tant qu'à faire, autant que les clients qui veulent changer restent dans notre périmètre », résume-t-il.

Deux (+ un) datacenters en Europe (mais pas en France)

Né dans le cloud et entièrement SaaS, NetSuite n'est disponible que sur son infrastructure (qui est désormais celle d'Oracle).

Pas d'appliance (de type Cloud@Customer de Oracle) ni de déploiement en cloud privé (sur un OBS ou un T-System). Pour répondre aux exigences de certains clients européens, il est revanche possible de demander à ce que les données soient hébergées et restent dans les datacenters irlandais et hollandais.

Pour les compléter, un troisième centre de données européen va ouvrir dans les mois qui viennent. Il sera situé en Allemagne, à Francfort plus précisément.

L'absence de centre de données en France - qui n'est pas non plus à l'ordre du jour - ne semble en tout cas pas freiner la progression de NetSuite dans le pays.

« Le pipeline est très bien rempli », plaisante Eric Liard avant de promettre de donner des chiffres plus précis sur la croissance de l'éditeur en France en juin prochain.

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