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Build 2019 : Microsoft multiplie les options autour des bases de données cloud

Dans le but de multiplier les options offertes aux développeurs, Microsoft a annoncé une série d’options et de services autour des bases de données dans Azure. Azure SQL Hyperscale, extension pour PostgreSQL, serverless et Edge sont au programme.

De l’hyperscale à l’Edge. A l’occasion de la conférence Build 2019, qui réunit l’ensemble de sa communauté de développeurs, Microsoft a présenté plusieurs technologies de bases de données dans le cloud dont la vocation est de multiplier les cas d’usage et les possibilités offertes aux développeurs.

L’éditeur de Redmond a d’abord confirmé la disponibilité générale d’Azure SQL Hyperscale. Présentée pour la première fois en octobre dernier, ce niveau de de service Hyperscale à Azure SQL vise par exemple les entreprises qui, jusqu’alors, devaient scinder leurs workloads Azure SQL entre plusieurs bases de données. Les administrateurs peuvent désormais gérer des actions telles que la récupération de base de données au sein d'une seule instance de grande taille. Ce niveau de service Hyperscale augmente ainsi  la limite de taille des bases Azure SQL,  de 4 To jusqu'à 100 To. Il apporte également des capacités de stockage de type scale-out.

Cette approche Hyperscale a également été apportée à PostgreSQL – la technologie a été présentée en version de test. Bâtie sur la technologie de Citus Data, société rachetée en janvier, cette option correspond en fait à une extension pour PostgreSQL, et non pas à un fork du code. Cela permet ainsi de suivre le rythme des mises à jour.

Cette extension pour PostgreSQL représente la dernière avancée de Microsoft dans les bases de données open source sur Azure. « Nous faisons de grandes choses avec les bases de données propriétaires, mais Azure est une plateforme pour tous les développeurs »,  a rappelé Rohan Kumar, vice-président de la plateforme de données Azure, lors de l’événement.

Autre annonce : celle d’Azure SQL Database Serverless qui apparait aujourd’hui sous la forme d’une preview. Ce service entièrement géré est par exemple adapté aux workloads qui sont lancées par intermittence sur une seule base de données. Cela convient pour le développement et les tests, les jeux et le commerce électronique, explique le responsable. Cette base serverless est facturée à la seconde, ce qui permet une économie de coûts par rapport à des modèles moins granulaires dans les usages, ajoute-t-il.

BASF, multinationale de l’industrie chimique, fait partie de ces entreprises qui utilisent Cosmos DB pour un projet IoT. La société exploite des données provenant de 20 millions de capteurs répartis sur des centaines de sites dans le monde. Des données sur des mesures (température, pression et débits) sont ainsi agrégées, a déclaré Robert Pack, scientifique chez BASF. « Nous ne cherchons pas à optimiser la production dans le cadre d'une seule usine, mais plutôt à optimiser la production sur plusieurs sites et plusieurs chaînes de valeur », précise le spécialiste.

BASF s’appuie donc sur Cosmos DB pour créer une représentation graphique de sa présence. Il apporte des éléments de contexte thermo-physiques et d’autres liés aux systèmes, pour tous les signaux collectés. Cela constitue une base aux analyses exécutées via Azure Data Explorer, explique encore Robert Pack.

« Nous sommes maintenant en mesure d'analyser des années de données chronologiques très précises à partir de plusieurs instances d'un processus, réparties dans le monde entier, pour créer des modèles valables pour un site, mais aussi pour une technologie dans son ensemble », témoigne-t-il.

Autre annonce dans les bases de données : une version de test d’Azure SQL Database Edge, une version optimisée de la base de données conçue pour être exécutée aux extrémités du réseau, dans des scénarios IoT.

Le difficile choix de bonne base de données

Ces nombreuses annonces autour des bases de données Azure Cloud chez Microsoft sont dans l’ensemble intéressantes, mais elles doivent être replacées dans le bon contexte, commente Jarrad Edwards, CTO de Roam Creative, société de conseil en services numériques. « Je ne crois pas qu'il faille prendre n'importe quelle base de données qui semble correspondre à un besoin et l'intégrer immédiatement à un projet », poursuit-il. « Il doit s'agir de la bonne base, celle qui offre les avantages pour le cas d'utilisation. »

Les entreprises ne doivent pas être aveuglées par ces nouvelles fonctions. Elles ne doivent pas délaisser la discussion avec les différents participants à un projet, pense-t-il. « La technologie n’est qu’un aspect. En tant que CTO, je discuterai avec le CIO pour identifier ses besoins et disposer d'une base de données qui profite à tout le monde. »

Une approche multi-fonctions qui n’est pas unique

Bien entendu, Microsoft n'est pas le seul fournisseur à proposer un catalogue aussi fourni de services de base de données qui prennent en compte l’open source. Mais, ces fournisseurs de cloud orientent également leurs clients vers leurs propres services de base propriétaires, nuance Doug Henschen, analyste chez Constellation Research. Chez Microsoft, par exemple, Cosmos est compatible avec plusieurs API dont celles de Cassandra et MongoDB. De son côté, AWS positionne Aurora comme un remplacement de MySQL et PostgreSQL, avec qui le service est compatible.

Dans ce cas, la compatibilité a des limites significatives, rappelle l’analyste. « Les clients doivent garder à l'esprit que les services cloud dédiés à une plateforme ne sont pas portables vers d'autres cloud ou vers des déploiements sur site », lance-t-il. Il n’est pas simple non plus de migrer vers une base de données open source, qu’elle soit sur site ou dans un autre cloud.

« Le but est d'éviter de placer toutes ses workloads  dans un unique cloud et de choisir des services mono-cloud qui pourraient réduire la flexibilité des déploiements », conclut l’analyste.

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