Stockage : Nebulon invente le futur des infrastructures hyperconvergées

Cette startup a imaginé mettre le contrôleur des baies de disques sur une carte PCIe, ce qui revient à bâtir des infrastructures hyperconvergées accélérées qui n’ont plus besoin de SDS.

Nebulon, une startup fondée par trois anciens de 3PAR, a profité d’une mise en lumière lors du salon virtuel HPE Discover qui se tient cette semaine, pour expliquer comment elle entend innover dans le monde du stockage. Son invention, le Cloud-Defined Storage, déclinaison pimpante du terme Software-Defined Storage (SDS), revient à mettre le contrôleur d’une baie de stockage dans une simple carte PCIe. Celle-ci, appelée SPU (Services Processing Unit), utilise de fait les disques durs du serveur dans lequel elle est insérée. Elle se charge de leur apporter toutes les fonctions d’une baie SAN externe : compression, chiffrement, déduplication, Erasure coding et autres snapshots.

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Dans le principe, il s’agit de reproduire le concept de l’infrastructure hyperconvergée, mais en passant par une carte accélératrice. L’intérêt ? Le stockage serait deux fois moins cher comparativement à une baie de disques et il consommerait aussi bien moins de ressources CPU que s’il était directement pris en charge par le serveur hôte.

On notera qu’il n’est guère étonnant que les fondateurs de Nebulon aient pris la voie de l’accélération matérielle, puisque toute l’originalité qu’ils ont déployée en créant les baies de stockage 3PAR, aujourd’hui propriété de HPE, était justement de les doter d’un ASIC, une puce qui accélère les opérations de stockage. On ignore à ce stade si le processeur embarqué dans les cartes SPU descend de l’ASIC des 3PAR.

Un cluster de stockage plus rapide que les infrastructures hyperconvergées

« En pratique, nous nous attendons à voir nos cartes SPU préinstallées par les fournisseurs habituels de serveurs, dans les modèles qu’ils utilisent pour leurs infrastructures hyperconvergées, comme des Proliant 2U avec 24 disques en façade chez HPE. Nos cartes disposent chacune d’un double connecteur 25 Gbit/s afin de pouvoir communiquer entre elles et fonctionner ainsi comme un cluster de stockage SAN », explique Craig Nunes, le directeur des opérations de Nebulon, lors d’une session virtuelle organisée dans le cadre de l’IT Press Tour. Cet événement, auquel leMagIT a pu participer, consiste à présenter aux journalistes spécialisés les dernières innovations en matière de stockage.

« Le fait que chaque carte prenne elle-même le contrôle des disques permet de continuer à utiliser ses disques dans le cluster, même lorsque le serveur hôte plante. »
Craig NunesNebulon

Craig Nunes explique qu’un cluster – un « pod » – peut comporter jusqu’à 32 serveurs équipés d’une carte SPU, soit a priori, 768 disques. « Le fait que chaque carte prenne elle-même le contrôle des disques permet de continuer à utiliser ses disques dans le cluster, même lorsque le serveur hôte plante », indique Craig Nunes.

Surtout, dit-il, la gestion du stockage par les cartes évite de priver l’exécution des applications de 20 à 25 % de leur vitesse, ce qui serait le cas dans les infrastructures hyperconvergées où le SDS fonctionne sur les mêmes processeurs que ceux dévolus aux machines virtuelles. Il n’est d’ailleurs même plus nécessaire d’installer un SDS. Avec VMware, par exemple, il devient possible de bâtir une infrastructure hyperconvergée sans déployer de licences pour vSAN.

Nebulon assure que sa solution est compatible avec les hyperviseurs courants, ESXi, KVM et Hyper-V. Elle serait aussi compatible avec les moteurs de bases de données SQL qui fonctionnent en cluster. Et, dans une moindre mesure, avec Kubernetes. Dans les deux premiers modes, chaque serveur du cluster peut accéder aux disques gérés par la carte d’un autre serveur. Avec Kubernetes, en revanche, chaque serveur n’accède qu’aux disques locaux et le cluster ne fonctionne au niveau du stockage que pour répliquer les données entre différents nœuds.

Administration en cloud

Pourquoi parler de Cloud-Defined Storage alors que, techniquement, il s’agit au contraire d’une solution 100 % physique sur site ? Parce que l’outil d’administration fonctionne en cloud, indique le service marketing de la startup.

Cet outil d’administration s’appelle Nebulon ON. Outre servir d’interface pour exécuter des opérations de maintenance, il repose sur un moteur d’intelligence artificielle pour détecter les signes avant-coureurs d’une défaillance et, éventuellement, prendre des mesures correctives.

Cet outil sert à administrer en un point unique un pod entier : on peut définir quels nœuds font partie d’un même pool, comment répartir les accès entre eux, quels sont les nœuds répliqués, etc. Il doit même être capable de gérer depuis un compte plusieurs pods. Mais, dans un premier temps, les options d’interaction semblent limitées à la réplication asynchrone des données.

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