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Emplois IT : les entreprises en recherche d’« artisans du numérique » pour leurs stratégies cloud

Lors d’une table ronde d’AWS, le fondateur de Simplon.co et le responsable du pôle d’expertise IT de EFREI Paris ont témoigné d’une forte demande du marché pour des profils techniques (Bac+2/+3), tirée par la démocratisation du cloud public, hybride et du multicloud en France.

Les entreprises françaises cherchent des « artisans du numérique ». Et elles auraient du mal à en trouver.

Ce constat est celui de Frédéric Bardeau, président et co-fondateur de Simplon.co (société spécialisée dans la formation aux métiers du numérique) et de Jean-Charles Huet, enseignant-chercheur et responsable du pôle d’expertise IT EFREI Paris, qu’ils ont partagé lors d’une table ronde organisée cette semaine par AWS sur le sujet de « L’éducation et du Cloud ».

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Par « artisan du numérique », Frédéric Bardeau désigne les « techniciens avec une formation Bac+2/+3 ». La « tension » sur ces compétences serait tellement « forte » que les entreprises embaucheraient aujourd’hui des ingénieurs aux profils Bac+5, surqualifiés, pour effectuer ces tâches.

Microservices, conteneurs, cybersécurité et certifications éditeurs

Parmi les compétences les plus recherchées, celles en rapport avec le cloud seraient en plein boom, notamment dans le domaine transverse des microservices (Ansible, Terraform, Kubernetes). Mais les entreprises seraient également très demandeuses de certifications spécifiques pour chacune des plateformes.

Sur le papier, l’objectif des formations est en effet d’être « agnostique ». Et le milieu universitaire rechigne souvent à l’idée d’être lié à un éditeur en particulier. « Mais le marché veut des gens qui connaissent les solutions qu’ils ont en production », constate Frédéric Bardeau. « Dans la vraie vie » (sic), les entreprises chercheraient donc moins des compétences généralistes et théoriques que « des gens qui connaissent réellement les frameworks ».

« Les entreprises recherchent beaucoup plus de compétences sur tout ce qui est [lié à un] fournisseur cloud, surtout les géants américains. »
Jean-Charles HuetEnseignant-chercheur et responsable du pôle d’expertise IT EFREI Paris

Le constat est le même pour Jean-Charles Huet. « Nous aussi, nous voyons que le marché du cloud connaît une très grande croissance depuis plusieurs années », confirme-t-il. Conséquence, « les entreprises recherchent beaucoup plus de compétences sur tout ce qui est [lié à un] fournisseur cloud, surtout les géants américains ». Parallèlement, le marché est en demande d’expert en cybersécurité « puisque le cloud aussi doit être sécurisé ».

En ce qui concerne les acteurs, AWS et Azure arriveraient en tête des certifications les plus recherchées par les DSI. « AWS et Microsoft me semblent aujourd’hui plus demandés que GCP », répond Frédéric Bardeau au MagIT. « Mais c’est logique : quand on regarde les statistiques [du marché français], c’est AWS qui est en tête, suivi de Microsoft ».

Des compétences aussi demandées pour le cloud hybride et le multicloud

Il n’en reste pas moins que le cloud hybride (« très demandé aussi », note Frédéric Bardeau) et le multicloud tireraient également la demande.

« La mise en place et de la maintenance de cloud hybride sont une problématique très importante », acquiesce Jean-Charles Huet en réponse à une question du MagIT. « Beaucoup d’entreprises ont encore envie de garder certains systèmes “on premise” et développent des services cloud pour tout ce qui est courant ».

Quant au multicloud, il est lui aussi demandé – que ce soit par les entreprises ou par les intégrateurs qui doivent gérer plusieurs différents types de solutions. Mais « c’est un peu compliqué parce que les professionnels aimeraient avoir des gens formés à toutes les technos », explique Frédéric Bardeau. En clair : des moutons à cinq pattes qu’il faut (plus) longtemps à former.

Les bénéfices du cloud n’arrivent qu’avec des gens compétents

Pour Julien Groues, Directeur général d’AWS France, ces analyses semblent une évidence. Car derrière l’apparente simplicité qu’apporte le cloud, les bénéfices du IaaS et du PaaS (flexibilité, pay as you go, catalogue pléthorique de services, etc.) ne peuvent pas se concrétiser sans une évolution des ressources humaines. « Les entreprises ont besoin de transformer leurs compétences internes et [dans le même temps] d’en absorber de nouvelles pour les aider à réaliser cette transformation », rappelle-t-il. « Elles doivent arriver à jouer sur ces deux tableaux, c’est extrêmement important pour réussir »

Le défi est d’autant plus grand que les technologies évoluent « Vitesse grand V », dixit Frédéric Bardeau.

« C’est un marché qui est très agité, très actif. J’ai l’impression que ça croît dans tous les sens, à tous les niveaux, chez tous les acteurs », continue le fondateur de Simplon.co. Ce qui provoque une rapide « obsolescence des compétences » – et donc un besoin permanent de formation professionnelle et une tension sur le marché qui devrait bénéficier aux salaires des techniciens IT. Si la crise n’assombrit pas, aussi, l’horizon du cloud en 2021.

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