EDMS : Avec Enterprise Manager 13.5, Oracle réitère sa promesse de gestion hybride

Oracle a annoncé cette semaine la disponibilité d’Oracle Enterprise Manager 13.5, son outil de gestion de bases de données. Si cette version apporte principalement des optimisations de fonctionnement, le fournisseur en profite pour faire le bilan des ajouts depuis janvier 2020.

Oracle Enterprise Manager 13.5, également trouvable sous l’appellation 13c Release 5, est la première mise à jour majeure de l’EDMS (Enterprise Database Management System) depuis janvier 2020. Enterprise Manager (EM) offre des capacités de gestion, de déploiement, de migration et d’optimisation pour les bases de données Oracle hébergées sur site, ainsi que dans le cloud.

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En soi, la version 13.5 introduit principalement des facilités d’installations pour Enterprise Management et ses plug-ins. Oracle entend aussi réduire les ressources nécessaires à l’exécution du logiciel ainsi que simplifier l’administration des certificats WebLogic. Il y a tout de même quelques fonctionnalités propres à cette nouvelle mouture.

Oracle veut notamment améliorer la collaboration entre les DBA et les Ops, en proposant d’invoquer des commandes EM afin d’automatiser certaines tâches de ticketing à l’aide d’API REST connectés aux outils du marché. Ces API REST s’ajoutent aux API SOAP déjà disponibles.

Une supervision améliorée

Mughees Minhas, vice-président de la gestion globale des produits de base de données chez Oracle, indique qu’Enterprise Manager 13.5 comprend une fonction d’analyse automatique des workloads. Cette fonction intitulée Oracle Enterprise Manager Compliance Standards dépend de règles qui aident à comparer constamment les performances des bases de données aux standards attendus. En cas de dérives, Enterprise Manager alerte l’administrateur de la base de données et lui fournit des informations sur les mesures correctives à prendre.

Mughees Minhas précise que l’analyse de la charge de travail peut être configurée pour un seuil spécifique. Par exemple, si les performances se dégradent de 5 %, Enterprise Manager peut être paramétré pour remédier au problème sous-jacent et réinstaurer les performances au niveau de référence.

Parmi les utilisateurs d’Oracle Enterprise Manager figure Communications Test Design Inc. (CTDI). Naveen Garg, responsable de l’administration des bases de données chez CTDI, explique que son entreprise possède plus de 100 centres d’opérations à travers le monde, qui s’occupent de la réparation et de la logistique pour les clients informatiques. Les applications qui soutiennent ces centres ont un back-end Oracle.

« La surveillance et la gestion de ces bases de données Oracle sont essentielles pour garantir le bon fonctionnement de nos opérations, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 », déclare Naveen Garg. « Nous nous appuyons sur les alertes déclenchées par EM et gérons également le parc Oracle propre à CTDI. »

Naveen Garg considère que, parmi toutes les capacités d’Oracle Enterprise Manager, celles relatives aux réglages et aux diagnostics sont les plus précieuses. Ces fonctionnalités sont disponibles à partir du système Job Diagnostics, qui profite dans la version 13.5 de nouvelles métriques pour observer les jobs, leurs répartitions et les files d’attente associées, lancés depuis EM.

« Nous attendons avec intérêt les nouvelles fonctionnalités améliorées autour d’ASH [Active Session History analytics] et les SQL advisors pour nous aider à exécuter efficacement nos bases de données Oracle », affirme-t-il.

Enfin, Oracle Enterprise Manager 13.5 offre la possibilité d’utiliser deux services Oracle Cloud Infrastructure par-dessus les données collectées : à savoir Logging Analytics, un service de supervision IT semblable à ELK, Datadog ou Splunk, et Operation Insights, un outil de surveillance de performances et de planification de capacités pour Autonomous Data Warehouse et les SGBD Oracle on-premise (Oracle 11 et 12 c, spécifiquement).

Si la firme présente certaines fonctionnalités comme des nouveautés, en réalité Oracle Enterprise Manager 13.5 hérite des dix précédentes mises à jour mineures effectuées depuis la disponibilité de la 13.4, peut-on lire dans la documentation.

Analyses approfondies des opérations des bases de données

Ainsi depuis la version 13.4.04 (ou 13.4 Release Upgrade 4), Oracle Enterprise Manager permet aux utilisateurs de charger des métriques et des logs dans Oracle Autonomous Data Warehouse pour une analyse ultérieure.

Selon Mughees Minhas, bien qu’Enterprise Manager dispose de sa propre interface pour afficher les métriques, les entreprises souhaitaient pouvoir utiliser d’autres outils pour des analyses plus complexes.

« Enterprise Manager apporte d’excellentes informations sur les métriques de performance et de configuration » vante le responsable. « Donc, si vous voulez vraiment faire de l’analytique dessus, vous pouvez en fait extraire les données d’Enterprise Manager, les mettre dans un Autonomous Data Warehouse et ensuite vous pouvez faire toutes les analyses que vous désirez pour les prévisions, la planification des capacités ou des performances. »

Ici, le fournisseur pousse gentiment, mais sûrement à l’utilisation d’Autonomous Data Warehouse.

Indirectement, cette décision peut être considérée comme un moyen de pallier les quelques lenteurs du GUI d’Enterprise Manager, pointées du doigt par les usagers sur Gartner Peer Insights. Par ailleurs, il est davantage pensé pour visualiser les données plutôt que de les analyser.

Dans la mise à jour 13.4.05, la firme de Larry Ellison pariait sur la fédération des différents déploiements d’EM à travers les organisations. En particulier, il s’agit de visualiser des données multisite sur un seul tableau de bord. Les actions de gestions et de déploiements demeurent localisées à chacune des instances EM « fédérées ».

La version 13.4.03, elle, a ajouté une intégration avec Grafana afin de créer des tableaux de bord sur l’outil de visualisation à partir des données d’EM. Cette intégration prend la forme d’une application, depuis améliorée dans la version 13.4.07 pour supporter Grafana 2.0.

Oracle Enterprise Manager face à la concurrence

Depuis la release 13.4.04, l’objectif est de permettre aux entreprises de gérer tous les déploiements, la configuration et l’exploitation de bases de données Oracle, que ce soit dans le cloud ou sur site, avec une seule et même plateforme.

« Cette prise de conscience rend la gestion de votre parc de clouds hybrides beaucoup plus transparente grâce à Enterprise Manager », assure Mughees Minhas.

Si Oracle Enterprise Manager est largement répandu chez les clients du fournisseur, d’autres acteurs du marché EDMS tels Solix ou Nutanix se proposent d’aller plus loin en administrant non seulement les SGBD Oracle, mais également les autres produits SQL (et bientôt NoSQL) du marché : MySQL, DB2, Sybase, SAP HANA, PostgreSQL et SQL Server (chez Nutanix). Solix peut aussi prendre en charge les DMS des ERP comme Peoplesoft, JDEdwards, Siebel et Baan.

Ces fournisseurs promettent notamment de diminuer les coûts de maintien des infrastructures sur site ou dans le cloud tout en réduisant les dépenses liées à certaines licences. Oracle Enterprise Manager lui-même dépend d’un empilement de licences restreintes aux outils nécessaires à son exécution.

De son côté, Oracle EM (dès la version 13.2) dispose de plug-ins pour SQL Server qui permettent de provisionner et de monitorer les bases de données associées. Pour IBM DB2, le produit d’Oracle n’assure que la supervision (capacité introduite dans la 13.1).

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