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Rachat de PAF : Celonis veut s’intégrer dans l’écosystème Microsoft

La dernière semaine de mars, Celonis a mis la main sur Process Analytics Factory, une startup allemande, elle aussi, spécialisée dans le process mining. Sa capacité à s’intégrer dans l’univers Microsoft et plus particulièrement dans Power BI a convaincu la licorne qui cherche à pérenniser l’adoption de sa plateforme.

Quelques jours avant le rachat de Minit.io par Microsoft, Celonis a annoncé l’acquisition de Process Analytics Factory, PAF pour les intimes. Le leader du process mining a immédiatement accolé son nom à la solution de la startup basée à Darmstadt, en Allemagne. PAFnow by Celonis est donc une solution de process mining embarquée directement dans Microsoft Power BI. Le produit est intégré dans la suite Microsoft 365, il est « implémenté » dans Power Platform. 

De la sorte, l’analyse et la visualisation des processus métiers sont à quelques clics des fonctions d’automatisation proposées par le géant du cloud. Mieux, l’outil peut extraire les données depuis la centaine de connecteurs fournis dans Power BI du moment qu’elles incluent un ID et un marqueur chronologique.

En outre, Process Analytics Factory apporte des connecteurs certifiés pour les produits SAP et des templates de visualisation lui permettant de segmenter son offre par processus clé (order-to-cash, procure-to-pay) et par activité : l’audit de systèmes, l’analyse des activités OPEX, de processus gérés depuis des outils BPM ainsi que la préparation et l’optimisation de bots RPA.

À la tête de PAF, fondée en 2014, l’on retrouve de nouveau une connaissance de Wil van der Aalst, Chief Scientist Officer de Celonis et accessoirement le « parrain » du process mining. Tobias Rother est non seulement le CEO et le cofondateur de Process Analytics Factory, mais aussi de ProcessGold, une autre société rachetée par le spécialiste de la RPA, UIPath. 

Trouver une place au plus proche de Microsoft Power Platform

Sur le papier, Celonis semble s’emparer d’un concurrent. En réalité, pas vraiment. Selon les données disponibles sur LinkedIn, Process Analytics Factory ne compterait qu’une vingtaine d’employés. La licorne compte plus de 2 500 collaborateurs. Et pourtant, l’achat est considéré comme « stratégique », selon Fadi Naffah, vice-président et directeur général France MEA chez Celonis. 

« Selon les analystes, le marché de l’automatisation pèsera plus de 800 milliards de dollars en 2025. »
Fadi NaffahVice-président et directeur général France MEA, Celonis

Le montant de l’acquisition n’a pas été officiellement dévoilé, mais l’indiscret TechCrunch évoque une opération à 100 millions de dollars. Oui, Celonis a levé 1 milliard de dollars en juin 2021 et dispose à n’en pas douter des liquidités pour effectuer ce type de rachat. D’autant que le marché du process mining subit une consolidation accélérée. « Pour nous, c’est une excellente nouvelle », affirme Fadi Naffah, au sujet du rachat de Minit par Microsoft. « Toute société qui se lance dans le process mining valide notre vision et notre stratégie sur ce marché-là. Selon les analystes, le marché de l’automatisation pèsera plus de 800 milliards de dollars en 2025 ». 

Par extension, l’arrivée des ténors du secteur IT sur ce segment confirmerait donc l’intérêt pour la technologie de la part des clients, mais ne justifierait pas l’acquisition de PAF.

Pour expliquer ce mouvement, Fadi Naffah détaille le concept d’Execution Management System (EMS) façon Celonis.

« L’EMS est composé de deux grands modules », rappelle-t-il. « Le premier, c’est le process mining, le rayon X. Le second, c’est le médicament, c’est-à-dire le mode d’exécution ».

« Dans ce mode d’exécution », poursuit-il, « il y a trois volets : l’automatisation, qui peut se faire en temps réel à travers des plateformes généralistes, l’apport de recommandations aux métiers et le monitoring régulier des processus ».

En clair, Celonis entend apporter « toute la puissance » de sa solution de process mining à ses clients qui utilisent Power BI et la Power Platform pour visualiser et automatiser leurs flux métiers. Donc, l’éditeur souhaite prendre pied dans les environnements existants pour favoriser l’adoption de sa suite.

« Avec ce rachat, nous allons toucher plus de 10 millions d’utilisateurs, plus de 260 000 clients dans le monde. »
Fadi NaffahVice-président et directeur général France MEA, Celonis

« Avec ce rachat, nous allons toucher plus de 10 millions d’utilisateurs, plus de 260 000 clients dans le monde », vante Fadi Naffah. Plus de 10 millions d’utilisateurs qui sont loin d’être des process analysts. « Il faut bien que les analystes fassent part de leurs recommandations aux métiers », rétorque le directeur France. « Chez certains clients, il y a une dizaine de process analysts, mais plusieurs milliers de métiers qui utilisent les informations issues de Celonis ».

Les ESN, des ambassadeurs de choix pour Celonis

Et, « comme souvent », l’acquisition de Process Analytics Factory est motivée par l’existence de clients communs. « Il y en a plusieurs, mais je prendrai ici l’exemple de Telia, un opérateur télécom suédois », note-t-il. 

Ce ne sont pas les entreprises citées dans le communiqué de presse de Celonis. L’éditeur fait mention de Die lila Logistik Service GmbH et de Mercedes-Benz Management Consulting, deux sociétés de conseils. Cela tombe bien, les ESN et les intégrateurs sont généralement les premiers usagers du process mining.

« Nous avons des relations fortes avec les sociétés de conseils et les intégrateurs », lance Fadi Naffah. « Nous avons un partenariat technologique avec IBM, mais pas seulement. La plupart des consultants d’IBM utilisent Celonis. En France, nous discutons avec IBM, Accenture, CGI et Sopra Steria », explique Fadi Naffah.

Embarquer l’exploration des processus dans les environnements métiers, se rapprocher des ESN les plus à même de populariser cette technologie auprès des DSI et des directions métiers, voilà deux objectifs que le rachat de PAF doit contribuer à atteindre. Celonis revendique plus de 2 000 déploiements de sa plateforme. L’entreprise entend étendre sa présence dans les groupes référencés dans le Forbes 2000. En France, sur les 45 sociétés listées dans ce classement, l’éditeur a déjà convaincu une trentaine d’entre elles, selon le directeur France.

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