Puces : AMD bat encore ses propres records de vente
Avec des ventes en progression de 34 % en 2025, AMD continue de réduire l’écart qui le sépare d’Intel. Mais son objectif est désormais de s’imposer face à Nvidia.
Quelques jours après Intel, AMD vient lui aussi de publier les résultats financiers de son dernier trimestre 2025 et de son année écoulée. Au quatrième trimestre 2025, ses ventes ont battu tous les records précédents : 10,2 milliards de dollars, soit 34 % de mieux qu’un an auparavant. Le bilan de l’année écoulée est à l’avenant, avec un chiffre d’affaires qui totalise 34,6 mds $, là aussi 34 % meilleur que celui de l’année dernière.
De son côté, Intel, qui a des résultats traditionnellement 30 % meilleurs que ceux de son concurrent, a réalisé sur les mêmes périodes 13,7 mds $ de CA trimestriel et 52,9 mds $ de CA annuel. On comprend que les deux fournisseurs de processeurs pour serveurs et PC ont connu des pics de vente désynchronisés. Intel expliquait avoir sous-estimé la demande de processeurs pour serveurs et n’en avoir pas produit assez lors du dernier trimestre, manifestement au bénéfice d’AMD.
Au coude à coude sur les puces serveur
Ainsi, les ventes de processeurs AMD Epyc pour serveurs ont atteint 5,4 mds $ (+39 % en un an) lors du dernier trimestre, soit significativement plus que les 4,7 mds $ réalisés par les processeurs Xeon d’Intel sur la même période. L’information est notable, car les deux fabricants jouaient jusque-là à jeu globalement égal sur ce segment.
Sur l’année, les ventes de processeurs pour serveurs sont similaires : 16,6 mds $ pour AMD (+32 % en un an), 16,9 mds $ pour Intel (+5 % en un an). En fait, si Intel a réalisé une contre-performance en fin d’année dernière, il avait en revanche connu un certain succès lors du premier semestre grâce à la production massive de son dernier Xeon 6. L’Epyc 9005 d’AMD a semble-t-il souffert à ce moment-là d’une production tendue sur les chaînes de TSMC qu’il doit partager avec Apple et Nvidia.
Sur le segment des PC, les puces d’AMD ont réalisé un CA trimestriel de 3,9 mds $ (+37 % en un an), à répartir entre 3,1 mds $ pour les processeurs Ryzen (+34 %) et 843 millions de dollars pour les GPU Radeon (+50 %). Rapportés à l’année, il s’agit d’un CA de 10,6 mds $ pour les Ryzen (+51 % par rapport à 2024) et de 3,9 mds $ pour les Radeon (+51 %), soit un total de 14,6 mds $ en 2025.
A contrario, les résultats d’Intel sur ce segment, où il reste leader, ont baissé : 8,2 mds $ lors du dernier trimestre (-7 % en un an) et 32,2 mds $ sur toute l’année 2025 (-3 % par rapport à 2024). Le fait qu’il ait préféré concentrer sa production sur les processeurs Xeon en début d’année n’explique pas tout. Le fondeur a aussi tardé à proposer des processeurs Core adaptés à l’exécution d’IA sur le poste de travail, alors que les Ryzen d’AMD étaient pourvus de NPU et de mémoire partagée leur permettant d’atteindre des performances équivalentes, sur des machines moins chères.
Prochain objectif : s’imposer face à Nvidia
L’IA est désormais le principal axe de développement d’AMD, un segment sur lequel il entend s’imposer face au tout puissant Nvidia.
Pour les datacenters, AMD lancera cette année une nouvelle génération MI400X de ses GPU Instinct. Trois modèles sont prévus. Le MI430X pour supercalculateurs traditionnels, avec calculs accélérés en 32 et 64 bits. Le MI440X, pour entraîner et utiliser des IA sur serveurs conventionnels avec une précision de 4, 8 et 16 bits. Enfin, le MI455X pour faire la même chose, mais depuis un cluster de calcul « Helios » mis au point par AMD lui-même. Tous ces GPU pourraient embarquer jusqu’à 430 Go de mémoire HBM4, soit bien plus que les 288 Go de HBM-4 que l’on trouvera dans les GPU Rubin de Nvidia.
Helios se veut l’équivalent du cluster DGX de Nvidia ; il contiendra lui aussi 72 GPU dans une armoire rack. Autour des serveurs, AMD entend compléter son offre avec du réseau Ultra-Ethernet qui se veut l’équivalent standard du Spectrum-X de Nvidia, basé sur des contrôleurs AMD Pensando Vulcano, là aussi similaires aux contrôleurs BlueField-4 de Nvidia. On parle en l’occurrence de switches et de cartes Ethernet avec des connecteurs 800 Gbit/s capables de véhiculer leurs paquets en RDMA.
Il est aussi question de relier les GPU directement entre eux, au sein des serveurs, mais aussi à l’échelle d’une baie Helios, avec un réseau haute performance UALink. Il s’agit d’une sorte de refonte standard du réseau propriétaire NVLInk de Nvidia.
Enfin, tout ceci s’accompagnera d’une nouvelle version du processeur Epyc, dite Venice et sans doute numérotée 9006. Elle devrait contenir 256 cœurs x86 Zen 6, contre 88 cœurs ARM sur le processeur Vera de Nvidia. Comme les GPU MI400X, Venice aura des circuits gravés avec une précision de 2 nm et d’autres avec une précision de 3 nm, alors que les GPU et le processeur de Nvidia seront encore gravés en 3 nm.
On ignore à ce stade comment les performances des uns et des autres se compareront.
Se focaliser dans l’IA aussi sur les PC
Sur le segment du PC, AMD va notamment lancer cette année les processeurs Ryzen AI 400. Ils se déclineront en sept modèles standard et cinq modèles Max. Il s’agit de processeurs dans lesquels on trouve tout un assemblage de divers cœurs – x86 Zen 5, x86 Zen 5c économiques, NPU, GPU RDNA 3.5 – qui partagent le même adressage mémoire et se complètent pour exécuter des IA entraînées sur le poste de travail (comprendre sans avoir besoin de payer pour des services d’IA en cloud) avec des performances allant de 50 à 60 TOPS.
Les processeurs standard ont une fréquence de base de 2 GHz qui peut être ponctuellement accélérée jusqu’à 5,2 GHz pour les cœurs x86 et jusqu’à 3,1 GHz pour les cœurs GPU. Les versions Max ont une fréquence de base de 3,1 à 3,6 GHz, selon les modèles, qui peut être ponctuellement accélérée jusqu’à 5,2 GHz. Ces puces comprennent de 4 à 16 cœurs x86.
Intel, lui, semble plutôt miser sur une stratégie de prix bas, dans un scénario finalement inverse par rapport à celui qui s’est toujours joué jusque-là. Historiquement, Intel offrait la primeur technologique et AMD les coûts les plus avantageux.
