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Premier succès pour le pilotage des drones sous-marins depuis le cloud
La startup Hydromea a mis au point un système optique pour communiquer sans fil sous l’eau. Le pétrolier Equinor l’a connecté aux antennes satellites de ses plateformes offshore pour relayer les données jusqu’à des systèmes de contrôle en cloud.
La startup suisse Hydromea et l’exploitant norvégien de plateformes offshore Equinor viennent de franchir un cap technique inédit : traiter en temps réel dans le cloud des informations capturées par des sous-marins autonomes naviguant au fond de l’océan.
L’enjeu est ici de traiter à distance la maintenance des infrastructures immergées sous les plateformes offshore. Mais la prouesse pourrait être déclinée dans d’autres cas d’usage, qui vont du militaire à la sécurité des ports, en passant par la recherche.
Depuis 2022, la startup Hydromea a mis au point un dispositif, le LUMA, capable de transmettre des données sous l’eau sans fil, par signal lumineux. L’antenne est ici une sorte de torche lumineuse. Rappelons que les fréquences radio du Wifi et de la 5G ne passent pas sous l’eau, que les signaux acoustiques se déplacent très lentement et que la seule option existante jusqu’ici pour communiquer avec un appareil immergé était de le relier par un câble Ethernet étanche. Ce qui limite fortement son rayon d’action.
Vers un véritable WLAN sous-marin
La bande passante de LUMA est faible, seulement 10 Mbit/s, mais la portée est similaire au Wifi directionnel, jusqu’à 50 mètres dans un cône de 120 degrés, et le système fonctionne jusqu’à 6000 mètres de profondeur entre deux appareils immergés. Par exemple un sous-marin habité et les drones d’observation qu’il lance. Selon le fabriquant, l’usage principal est de récupérer des images filmées par la caméra d’un drone sous-marin, mais ces 10 Mbit/s pourraient servir pour envoyer toutes sortes de commandes et recevoir d’autres types de télémétrie.
De son côté, Equinor s’est contenté de relier le récepteur LUMA installé à bord d’une de ses plateformes à une antenne qui envoie les données vers un satellite, lequel les relaie jusqu’à une station terrestre connectée à Internet. Plus exactement, Equinor dispose à présent d’une station mobile flottante, connectée par satellite et qui sert à lancer et récupérer des petits drones sous-marins.
À partir de cette première réussite, Equinor et Hydromea planchent à présent sur la standardisation d’un véritable réseau local sans fil (WLAN) sous-marin. Il s’agit notamment de pouvoir installer à différentes profondeurs des « bornes » Luma capables de communiquer entre elles pour acheminer les communications, soit du fond vers la surface, soit entre des véhicules sous-marins. Il s’agit aussi de définir une norme pour sécuriser ces communications. Il existe d’ailleurs à présent un consortium dédié, le Subsea Wireless Group.
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