ifeelstock - stock.adobe.com

BNP Paribas prolonge son contrat avec Mistral AI

BNP Paribas renouvelle son accord-cadre avec Mistral AI pour trois ans. Les deux partenaires étendront les cas d’usage d’IA générative et agentique au processus critique du groupe bancaire.

Le 26 mai, BNP Paribas a annoncé un prolongement de son « partenariat » avec Mistral AI. La banque est l’un des premiers clients de la startup française. Sa division Global Market avait commencé à tester les LLM Mistral avant que le groupe les adopte à partir du mois de février 2024. En juillet de la même année, elle dévoilait le renforcement de ce partenariat pour étendre des assistants virtuels et des expériences « hyperpersonnalisés » auprès de ses clients.

 Plus précisément, BNP Paribas renouvelle l’accord-cadre signé avec Mistral AI en 2024 pendant trois ans. Le montant du contrat n’est pas spécifié.

En revanche, l’institution bancaire indique que ce partenariat couvre désormais l’usage des LLM, des logiciels, le recours aux consultants de Mistral AI et le codéveloppement de projets de recherche.

BNP Paribas dit vouloir déployer des « cas d’usage à haute valeur ajoutée dans son entité de financement et d’investissement (CIB), sa division bancaire dédiée aux particuliers (CPBS) et à d’autres entités du groupe ».  

Anticiper les risques bancaires à l’aide de l’IA générative

Les équipes de recherche et d’ingénierie de Mistral AI travailleront avec les collaborateurs BNP Paribas au développement de solutions dédiés aux spécificités du monde bancaire. Il s’agit à la fois de respecter les exigences opérationnelles du groupe et les réglementations auxquelles il est soumis.

En la matière, la banque entend s’appuyer sur les solutions de Mistral AI pour propulser une partie de ses processus de Know Your Customer (KYC). Il s’agit d’automatiser et d’accélérer la détection des risques et des tentatives de fraudes. Deux POC sont déjà en cours en Belgique au sein de l’entité Fortis.

Dans le domaine de l’analyse de risques, les chercheurs seront mis à contribution pour entraîner des LLM spécialisés.

BNP Paribas a déjà mis en place des cas d’usage de recherche documentaire (RAG), d’extraction d’informations, et des analyses financières assistées par l’IA générative auprès de dizaines de milliers de collaborateurs. D’autres cas d’usage sont en phase de pilote avancée ou d’expérimentation. L’entreprise observerait des gains de temps, ainsi que des réponses plus efficaces « à des questions complexes ». Un assistant IA capable de résumer, traduire, générer des documents et réaliser des analyses sera déployé auprès des collaborateurs à l’échelle du groupe (180 000 employés) d’ici à la fin de l’année 2026.

Depuis le mois de janvier, les modèles d’IA de Mistral AI sont également utilisés dans une des applications de sa filiale HelloBank !, à travers l’assistant HelloïZ. L’application a été téléchargée par plus d’un million de clients.

BNP met par ailleurs une option sur l’accès aux ressources de calcul en propre de Mistral AI. La société française prépare l’installation de 18 000 GPU Nvidia B200 et B300 d’ici à la fin de l’année dans un data center de la région parisienne. Elle compte également faire construire un data center en Suède pour une première mise en service prévue en 2027.

Le groupe bancaire a lui-même déployé une quarantaine de GPU H100 on premise et exploite des cartes mises à sa disposition par IBM, en sus des accords avec Oracle, Google Cloud, Microsoft Azure, et AWS. Outre une stratégie de confidentialité et de diversification, BNP Paribas entend par là maîtriser ses coûts.  

Mistral AI cible aussi le monde industriel

Pour Mistral AI, ce type de partenariat alliant produits et services n’a rien de nouveau. Elle a fait de même avec TotalEnergies et SLB (ex-Schlumberger) dans le secteur pétrogazier. SLB s’aide de Mistral AI pour concevoir des flux agentiques qui font la jonction entre ses simulateurs physiques avant la construction d’installations ou la réalisation de forage. SLB a également annoncé vouloir utiliser l’infrastructure Mistral Compute.

 L’acquisition de la startup autrichienne Emmi AI, qui a développé un famework, puis entraîné des modèles d’IA appliqués à simulation physique (moulage par injection, comportement d’aile d’avion avant leur fabrication, etc.) donne une bonne idée des priorités du concurrent d’OpenAI et d’Anthropic. D’ailleurs, en matière d’offre de conseils, les deux grands du secteur marchent sur les pas de Mistral AI.

Pour approfondir sur IA appliquée, GenAI, IA infusée