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Intuit utilise l’IA pour mettre de l’IA dans Quickbooks
Intuit estime que les agents IA permettent une hausse de 40 % de la vitesse d’exécution ainsi qu’une multiplication par 12 de la vélocité de développement. Mais le géant des logiciels financiers rejette le « tokenmaxxing ».
Le « SaaSpocalypse » ne fait pas peur au responsable de l’IA d’Intuit, Ashok Srivastava. Au contraire, l’IA permet d’accélérer le développement de ses applications et de doper les abonnements clients.
Selon lui, l’essor de cette technologie fait partie d’un cycle classique. « Ce que nous observons aujourd’hui, c’est que les entreprises se métamorphosent », tempère-t-il. « De nouveaux acteurs entrent sur le marché, et des mutations structurelles s’opèrent. C’est une certitude ».
Des cycles de mise en production accélérés
Chez Intuit, les agents IA ont déjà prouvé leur capacité à réduire les cycles de mise en production. « Nous exploitons des capacités de codage agentique », confirme Ashok Srivastava. « Nous constatons une augmentation de 40 % de notre vitesse d’exécution sur l’année écoulée, et notre vélocité de développement a été multipliée par 12 au cours des cinq dernières années. »
Pour rappel, Intuit est l’éditeur de logiciels financiers QuickBooks, TurboTax ou encore Credit Karma, des solutions massivement utilisées par les PME et les comptables.
Ashok Srivastava travaille chez Intuit depuis neuf ans. C’est lui qui a créé l’équipe IA de l’entreprise. Auparavant, il travaillait à la NASA, où il dirigeait la R&D en machine learning et data mining au sein de l’agence spatiale.
L’IA booste plus le SaaS qu’il ne le détruit
« L’IA et les agents autonomes représentent pour nous une formidable opportunité d’accélération », insiste-t-il.
Pour autant, Ashok Srivastava ne nie pas les bouleversements sismiques provoqués par l’IA, même si les besoins du marché restent inchangés. « L’IA va devenir une commodité », anticipe-t-il. « Et les clients auront toujours besoin d’être certains que leurs workflows sont conformes et exécutés avec une précision absolue ».
Avec l’intégration de l’IA, QuickBooks Live a vu ses abonnements doubler l’an dernier. « Cela prouve l’intérêt des utilisateurs », constate Ashok Srivastava qui précise que l’adoption de l’IA par les clients s’accompagne d’une attente forte : celle de voir l’éditeur rester impliqué et garant du support à mesure que la technologie se généralise.
La plateforme QuickBooks Capital a elle aussi enregistré une croissance de 73 % d’une année sur l’autre. « Grâce à l’IA, nous validons et débloquons des financements beaucoup plus rapidement, ce qui permet à ces entreprises de payer leurs employés et leurs fournisseurs à un rythme inédit », illustre le responsable.
Non au « tokenmaxxing »
Utiliser l’IA ne veut cependant pas dire le faire n’importe comment ou sans limites. Tout comme SAP, Intuit rejette par exemple le tokenmaxxing, une pratique qui consiste à brûler un maximum de tokens pour prouver que l’on exploite la technologie à plein.
Cette approche s’avère souvent extrêmement coûteuse. « Intuit est une entreprise sérieuse. Nous n’adhérons pas à des dérives comme le tokenmaxxing. Selon moi, cela n’apporte strictement aucune valeur ajoutée au client final », tranche-t-il.
Propos recueillis lors du Bloomberg Generative AI Forum à New York.
Article initialement publié sur InformationWeek
