Roman Milert - Fotolia

Sauvegarde : Vinchin, le chinois qui veut remplacer Veeam

Numéro 1 du secteur dans son pays d’origine, Vinvin part à la conquête de l’Occident. Ses atouts sont une plus grande polyvalence et des tarifs à l’achat plus rentables que les habituelles souscriptions.

Les mêmes fonctions que Veeam, mais en supportant plus de plateformes, et avec la possibilité d’acheter une licence perpétuelle, ce qui reviendrait bien moins cher que les souscriptions de son concurrent. En pleine conquête du marché européen, Vinchin est un géant de la sauvegarde en Chine qui aurait déjà conquis, en France, les magasins E. Leclerc.

« Nous sommes persuadés que nous avons une carte à jouer en Europe avec notre solution de sauvegarde qui, nous le pensons, est la plus simple, la plus versatile et la moins chère du marché », lance Minnie Du, la directrice des ventes à l’international de l’éditeur. LeMagIT a rencontré Vinchin lors d’un récent événement IT Press Tour consacré aux nouveaux acteurs sur le marché du stockage de données.

Vinchin a été fondé en 2015, emploie plus de 200 salariés, dont la moitié à la R&D, et aurait (à date) été déployé plus de 30 000 fois pour assurer les sauvegardes de plus de 6 millions de traitements. À présent, l’éditeur aurait passé des contrats avec des revendeurs dans 60 pays, dont CDI (Corse Diffusion Informatique) en France.

Sa clientèle va des PME aux grandes entreprises, en passant par l’administration publique et les fournisseurs de cloud privé. L’éditeur leur promet de sauvegarder plusieurs marques de virtualisation du datacenter, des VM en cloud, des serveurs et des stations de travail sous Windows ou Linux, des baies et des services de stockage en mode fichier ou objet, des applications SaaS, des clusters Kubernetes, ou encore l’essentiel des bases de données SQL.

« Oui, il est vrai que nous rencontrons parfois des entreprises du secteur public qui ont des difficultés à travailler avec un fournisseur chinois. Nous leur proposons différentes solutions. Essentiellement, nous pouvons céder nos produits à des partenaires locaux qui les revendent et les maintiennent en marque blanche. Mais nous leur disons surtout que notre solution est déjà utilisée par des centres de recherches et des gouvernements en Occident, qu’elle a été validée par des certifications officielles et qu’il n’y a jamais eu aucun problème », argumente Minnie Du.

Sans agent à installer à la source

La solution comprend un à trois composants, à installer sur des serveurs physiques ou à déployer en machine virtuelle. Le serveur maître regroupe toutes les fonctions. C’est l’instance depuis laquelle s’exécute la console web où l’administrateur configure les sauvegardes et en surveille les métriques. C’est aussi lui qui aspire les données à sauvegarder, les compresse, les déduplique et les chiffre, avant d’enregistrer le tout sur un support de stockage.

« Nous n’installons pas d’agent de sauvegarde au niveau des machines sources, tout passe par des ordres de sauvegarde envoyés via leur API. Par exemple, pour sauvegarder un cluster VMware, vous entrez dans la console de Vinchin les identifiants pour vous y connecter, le serveur interroge l’hyperviseur, récupère tout ce qu’il virtualise, puis, à l’heure que vous aurez programmée, lui ordonne d’envoyer les données de ce que vous voulez sauvegarder », détaille Neil Zhuo, le directeur technique de Vinchin.

Et cela fonctionnerait de la même façon pour pour tous les autres hyperviseurs pris en charge : Microsoft Hyper-V, Proxmox, XCP-NG, OpenStack, oVirt, Red Hat Virtualization, Oracle Linux Virtualization Manager, ainsi que pour les VM d’AWS EC2. Mais aussi pour les systèmes d’exploitation (Windows, Red Hat, Ubuntu, CentOS, Rocky, Suse…), les services de stockage objet sur site (MinIO, Ceph) comme en cloud (AWS, Azure, Wasabi…), les NAS, les bases de données (Oracle, SQL Server, PostgreSQL, MySQL, MariaDB...) ou encore toutes les données des applications locales ou en SaaS qui reposent sur un serveur Exchange.

Les deux autres composants sont des serveurs esclaves, à déployer autant de fois que nécessaire pour aspirer en parallèle les données d’autres sources à sauvegarder, et des instances de proxy, à installer près des sources lorsque celles-ci ne sont pas sur le même réseau que les serveurs maîtres et esclaves.       

Une protection « 3-2-1-1-0-0 »

Mise à part la polyvalence des connecteurs API, l’intérêt de Vinchin se trouve dans ses fonctions avancées de mise à l’abri des sauvegardes pour parer aux cyberattaques. En plus des traditionnelles bonnes pratiques de trois copies des sauvegardes, sur au moins deux types de supports différents, dont un non connecté au réseau de production (règle dite de « 3-2-1 »), Vinchin ajoute une copie immuable, une garantie zéro erreur et zéro intrusion.

« Nous parlons de nouvelle règle “3-2-1-1-0-0”. L’immuabilité se fera en posant un verrou contre l’écriture sur les sauvegardes, que celles-ci soient stockées sur le volume en mode fichier rattaché au serveur maître, sur un stockage objet tiers ou, bien entendu, sur un support tel qu’une bande », indique Neil Zhuo.

« Concernant la protection contre les erreurs, le serveur maître est lui-même capable de monter des machines virtuelles sur les ressources qu’il consomme. C’est-à-dire que, sans nécessiter de matériels supplémentaires, le serveur maître va restaurer en son sein chaque nouvelle sauvegarde le temps de vérifier qu’elle est fonctionnelle, qu’elle n’est pas infectée par un malware et qu’elle est restaurable. »

« Enfin, nous agissons au niveau du noyau du système d’exploitation du serveur maître pour bloquer toute commande lancée par autre chose que le compte administrateur dûment authentifié de Vinchin », détaille-t-il.

Un autre point intéressant de la solution est sa faculté à convertir les sauvegardes. Cela sert à restaurer des machines virtuelles sur un hyperviseur d’une autre marque, ou vers des machines physiques. Il est aussi possible de passer d’un moteur de base de données SQL à l’autre.

« Dans le cas des machines virtuelles par exemple, nous ne nous contentons pas de simplement convertir leur format. Notre solution est aussi capable de modifier les pilotes qu’utilisent les VM pour prévenir toute incompatibilité fonctionnelle. C’est l’une de nos exclusivités par rapport à nos concurrents », précise Neil Zhuo.

Bientôt compatible avec Nutanix

Vinchin est facturé selon la source à sauvegarder. Par exemple par socket ou par VM s’il s’agit d’un cluster de virtualisation, par serveur physique pour Kubernetes, pour les OS autonomes et pour les bases de données, par To pour les services et les baies de stockage, ou encore par utilisateur avec des applications basées sur Exchange.   

D’ici à la fin de l’année, le logiciel deviendra compatible avec la virtualisation de Nutanix, cette solution étant très populaire en Occident. Elle supportera aussi les fonctionnalités WORM (immuabilité) des baies OceanProtect de Huawei afin que celles-ci puissent être utilisées comme support de sauvegarde.

En 2027, les possibilités de conversion des sauvegardes (pour restaurer leurs contenus vers des serveurs ou des applications différents de ceux d’origine) seront largement étendues. De même que les vérifications d’erreur, qui devraient dès lors prendre en compte des fonctionnalités réseau, des ports de connexion à la présence de services en ligne.

L’éditeur prévoit enfin d’ici à la fin de 2027 une refonte totale de ses fonctions de migration, cette fois avec la possibilité de sauvegarder d’anciens serveurs Linux ou Windows pour les restaurer sur des versions plus récentes, avec la garantie que tout continue à fonctionner.

Pour approfondir sur Backup