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Anthropic confie la recette des skills à l’Agentic AI Foundation (Linux Foundation)

Agent Skills, la spécification ouverte pour rédiger et structurer les skills des agents IA rejoint la filiale dédiée de la Linux Foundation. Son créateur, Anthropic, dit vouloir écarter l’enfermement propriétaire.

Ils sont presque de tous les projets agentiques, mais leur spécification appartenait à une seule entreprise. En octobre 2025, Anthropic a proposé un actif qui s’est imposé dans l’ensemble des systèmes agentiques : les skills.

Ces fichiers permettent d’indiquer à un agent la manière et l’ordre dans lesquels effectuer une tâche, à l’aide d’instructions (de prompts), de scripts et d’autres ressources, comme des documents. Conscient que ces éléments créés pour Claude Code s’imposaient rapidement, Anthropic en a fait une spécification ouverte à la fin du mois de décembre, nommé Agent Skills. Celle-ci définit la structure et le fonctionnement des skills.

Résultat, 1 million de skills ont été publié sur le Web et plus de 280 millions ont été installés. Les développeurs de Claude Code, Codex, Cursor et Open Code se sont mis à les utiliser massivement. Suivi depuis quelques mois par les métiers ayant aux assistants agentiques de type Cowork. Plus de 70 plateformes s’appuieraient sur Agent Skills, d’après Anthropic.

Or, le fournisseur de LLM conservait jusqu’alors le contrôle du projet open source.

Écarter l’enfermement propriétaire

Il avait déjà donné le protocole MCP (Model Context Protocol) à la Linux Foundation à travers l’Agentic AI Foundation (AAIF), au début du mois de décembre 2025. Les contributeurs et les mainteneurs de MCP ont étudié la possibilité d’accueillir Agent Skills comme une branche du projet de connecteurs agentiques.

Mais la popularité de la spécification semble avoir convaincu Anthropic de maintenir le projet séparé et de le confier, le 22 octobre dernier, à l’AAIF. Le nom Agent Skills, le logo associé, les dépôts GitHub et le domaine agentskills.io seront prochainement la propriété de la succursale de la Linux Foundation. « Nous nous engageons à ce qu’Agent Skills reste une plateforme ouverte, animée par la communauté et indépendante de tout fournisseur », avancent les porte-parole d’Anthropic, dans un communiqué de presse.

Éloigner le risque d’enfermement propriétaire est évidemment une décision bien vue par la communauté et les entreprises clientes. D’autant qu’Anthropic se prépare à une introduction en bourse. La pression financière pourrait le conduire à verrouiller son écosystème.

Désormais, le projet sera maintenu par des ingénieurs d’Anthropic, de Google, d’OpenAI « et d’autres entreprises ».

« Transférer la spécification à une base partagée avec des mainteneurs de Google, OpenAI et Anthropic permet aux équipes de définir les routines opérationnelles une seule fois et d’échanger les modèles au fur et à mesure de l’évolution des runtimes », ajoute pour sa part Andrew O’Shei, architecte innovation chez Sogeti Labs, une filiale de Capgemini.

Anthropic cherche également à proposer un guide pour sécuriser l’écriture et l’installation de skills. En attendant, le fournisseur de LLM doit établir le processus de proposition des ajouts à la feuille de route et la manière de gérer les versions.

« L’obstacle le plus difficile est la sécurité de la chaîne d’approvisionnement », poursuit Andrew O’Shei dans son billet sur LinkedIn. « Distribuer des scripts d’assistance exécutables dans des paquets de skills donne aux agents un code qui s’exécute avec des permissions locales. La manière d’établir la provenance [des skills] et la gestion des versions sous gouvernance ouverte déterminera si les équipes de sécurité d’entreprise les autorisent à la production », anticipe-t-il.

Sécurité des agents IA : un enjeu croissant pour les membres de l’Agentic AI Foundation

De GitHub à MuleSoft en passant par Axway, les éditeurs ont rapidement proposé des registres de serveurs MCP approuvés. Il ne fait pas trop de doute qu’Anthropic et les acteurs du marché proposeront davantage de solutions pour protéger les développeurs et les métiers.

Le 27 octobre, Google Cloud a déjà pris le pas pour ses clients en introduisant son Agent Skills IAM Helper. Celui-ci vise à automatiser la gestion des accès sécurisée avec ses outils et sa plateforme, mais aussi au sein d’outils tiers, dont Claude Code et Cursor.

Ce sujet de la sécurité anime aussi d’autres membres de l’AAIF… dont le Chinois Alibaba. Le fournisseur cloud contribue OpenSandbox. Cet environnement sandbox compatible avec Docker et Kubernetes doit permettre d’exécuter du code, des interfaces agentiques, des évaluations, et même des phases d’apprentissage par renforcement. L’environnement semble moins sécurisé qu’OpenShell de Nvidia (qui n’est pas géré par une fondation), mais les contributeurs promettent un contrôle de l’accès au réseau et un moyen de ne pas révéler les authentifiants lorsque les agents appellent des services externes. OpenSandbox propose par ailleurs un moyen pour d’un environnement Docker local vers un runtime Kubernetes à travers une seule API. Il n’est pas évident que de grands acteurs américains participent à ce projet d’origine chinoise, mais il profite déjà d’une certaine popularité sur GitHub. Ouvert depuis la semaine dernière, il a déjà récolté plus de 16 000 étoiles et bénéficie déjà de plus de 150 contributions.

La fondation AAIF accueillait déjà agentgateway, un proxy sous la forme d’une passerelle pour sécuriser, observer et gouverner la connexion des LLM aux serveurs MCP et aux autres agents IA à travers A2A (Agent2Agent).

De son côté, OpenAI confie Open Responses à la fondation open source. Il s’agit d’une spécification pour bâtir des interfaces de routeur multi-LLM basée sur l’API Open Responses. Celle-ci doit permettre de partager un schéma, des événements de streaming et des outils de manière cohérente afin de standardiser la gestion des requêtes, peu importe le fournisseur LLM. La technologie de routage a déjà bénéficié des contributions de Nvidia, de Vercel, d’OpenRouter, d’Hugging Face, de LM Studio, d’Ollama, ou encore de Red Hat. L’AAIF accueillait déjà Agent Router, tandis qu’Agentgateway permet aussi de router le trafic vers différentes API. À voir donc comment ces trois projets cohabiteront.

Démocratiser l’apprentissage par renforcement dédié à l’IA agentique

Il semble toutefois peu surprenant de voir Open Responses rejoindre l’ombrelle de la Linux Foundation. En revanche, l’arrivée d’OpenEnv au sein de l’AAIF semble plus étonnante.

Les ingénieurs de Meta qui travaillent sur Pytorch et ceux de Hugging Face sont les deux principaux contributeurs framework et ce hub communautaire doit simplifier la création d’environnements d’apprentissage par renforcement. L’objectif est d’en accélérer l’interopérabilité et le partage. OpenEnv doit également permettre d’isoler ces charges de travail pouvant être lancées ou exécutées par un agent IA.

OpenEnv est déjà réputé pour exécuter les benchmarks de type Gym. Là, il s’agit de s’assurer du bon fonctionnement des flux de travail agentique, mais également d’entraîner les modèles d’IA sous-jacents dans le contexte d’une tâche agentique.

« Les environnements d’apprentissage par renforcement constituent un élément fondamental de la pile IA, car ils permettent aux agents d’acquérir les capacités qu’ils utiliseront dans le monde réel », déclare Ben Burtenshaw, ingénieur en machine learning Hugging Face, dans un communiqué de presse. « Le comité à l’origine d’OpenEnv est fier d’introduire l’AAIF à l’apprentissage par renforcement en partageant ce que nous avons développé et utilisé chez Hugging Face, Microsoft, Reflection, Meta-PyTorch, Fleet, Mercor, RadixArk, Modal, Prime Intellect, et bien d’autres encore ».

En un an, l’Agentic AI Foundation a accueilli 10 projets, dont Agent2Agent (A2A), AGENTS.md ou encore Goose pour ceux qui n’avaient pas encore été cités.

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