Les challengers du stockage Flash : l'offre d'Hitachi

Hitachi a lancé en début d'année 2016 une offre de stockage 100% Flash de nouvelle génération, la gamme Hitachi HFS-A dont les fonctions devraient s'enrichir tout au long de 2016 et 2017.

Hitachi Data Systems a passé la vitesse supérieure sur le marché du stockage Flash en début d’année 2016 en dévoilant une nouvelle famille de baies conçue dès l’origine pour le 100 % Flash, la série Hitachi Flash Storage (HFS-A). Jusqu’alors, le constructeur japonais proposait des versions 100 % Flash de ses baies VSP de « milieu de gamme », la famille VSP F, mais ces dernières souffraient de plusieurs inconvénients. Du fait des caractéristiques techniques des baies VSP et des modules Flash propriétaires utilisés par la firme (les cartes FMD), les prix n’étaient pas forcément compétitifs avec ceux des baies concurrentes proposées par les « pure players ».

La firme japonaise courrait le risque d’être dépassée par ses acteurs historiques comme HPE et EMC, mais aussi par les nouveaux acteurs du 100 % Flash, tels que Pure Storage, Tintri ou Tegile. Il lui fallait donc trouver une réponse en proposant une offre 100 % Flash conforme aux canons du moment et surtout clairement identifiable. Hitachi confirme cette analyse en expliquant voir « poindre chez certains clients de nouveaux îlots où les services apportés par les VSP excédent les besoins des clients ». Le constructeur espère que « la nouvelle offre HFS A va permettre de répondre à ces besoins et d’attaquer Pure Storage et Xtremio ».

Les baies HFS s’appuient sur une architecture classique faisant usage de deux contrôleurs à base de puces Intel Xeon 12 cœurs en mode actif-actif. Chacun de ces contrôleurs peut accueillir jusqu’à 8 ports Fibre Channel 8Gbit/s, 4 ports 10Gigabit Ethernet ou 4 ports 40 Gigabit Ethernet pour les accès iSCSI. Les deux contrôleurs sont motorisés par un nouvel OS spécifiquement adapté aux exigences du stockage Flash.

Côté Flash justement, Hitachi a décidé d’opter pour des disques SSD en mode SAS. Le positionnement physique de ces disques est original : les SSD sont installés en latéral de chaque côté de la baie et non pas en frontal, comme c’est le cas chez les concurrents. Le résultat est une exceptionnelle densité. Les baies HFS A peuvent en effet embarquer jusqu’à 60 disques SSD (pour l’instant des disques MLC Samsung de 1,6 To), soit 96 To de capacité brute dans 2U pour le modèle A270 (les versions A220 et A250 n’accueillent respectivement que 10 et 30 SSD).

Si l’on ajoute l’impact de la compression et de la déduplication (en mode inline) et que l’on retire l’impact du Raid 5 — utilisé pour la protection des données —, cela veut dire que le modèle le plus avancé a une capacité utile allant de 76 To à 380 To. En moyenne, Hitachi annonce en effet des gains de l’ordre de 5:1 pour son algorithme de déduplication. Ce dernier peut être activé ou désactivé (par Groupe Raid et non par volume) de même que celui gérant la compression. Pour les plus exigeants, il est même possible de paramétrer la taille de bloc de l’algorithme de déduplication.

Des services de données qui vont s’enrichir tout au long de 2016

Autre fonction intéressante, Hitachi a implémenté un mécanisme de contrôle de qualité de service (IOPS et bande passante) par volume logique. Une capacité prend tout son sens avec le support des API VAAI et VASA de VMware – Hitachi exposant le service de QoS via son fournisseur VASA.

Les baies HFS A intègrent également des fonctions d’allocation de capacité à la demande (Thin Provisioning), des fonctions de snapshots et de réplication, ainsi que des fonctions de chiffrement de données. Cette palette de services devrait s’enrichir progressivement, le constructeur japonais affichant une roadmap fournie pour l’année 2016.

Selon Bob Madaïo, le directeur du marketing produit de la firme, Hitachi ajoutera notamment le support d’Infiniband, de la réplication vers les baies VSP et du mode scale-out d’ici la fin de l’année.

La présence d’un mode scale-out devrait jouer un rôle important dans la bataille qu’entend livrer Hitachi par rapport à ses concurrents. Pure Storage ne le propose pas sur ses baies Flash Array.  Kaminario, NetApp et Nimble supportent 4 noeuds bi-contrôleurs (en mode SAN), tandis que SolidFire gère jusqu'à une centaine de noeuds mono-contrôleur. 

Un rapport performance/prix solide

Selon le constructeur nippon, les baies HFS A sont capables de délivrer entre 700 000 IOPS et 1 million d’IOPS (en lecture 4K) avec un temps de réponse moyen inférieur à la milliseconde. Les bandes passantes annoncées vont de 4 Go/s pour le modèle A220 à 8 Go/s pour la baie A270. Ces chiffres sont à prendre avec les pincettes d’usage, mais s’ils sont confirmés à l’usage, ils font des baies d’Hitachi des alternatives plus que crédibles aux offres concurrentes.

Les prix catalogue débutent aux environs de 125 000 $ — prix tout compris incluant tous les services de données — pour une baie HFS A220 avec 16 To de capacité Flash brute et dépassent les 550 000 $ pour une configuration HFS A270 avec 96 To de capacité brute. Dans la pratique, et en supposant une déduplication à un taux moyen de 5:1, cela veut dire un coût au gigaoctet allant de 1,92 $ pour une configuration d’entrée de gamme, à un peu moins de 1,50 $ pour une configuration haut de gamme. Des prix très compétitifs face à la concurrence, surtout au vu de la densité des baies Hitachi.

 

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