Infinidat ajoute la compression et le support natif d'iSCSI à ses baies de stockage

Le constructeur de baies de stockage pour environnements ouverts et Mainframe a ajouté le support de la compression de données et d'iSCSI à son dernier OS. De quoi abaisser encore un peu plus le coût au gigaoctet de ses systèmes.

Infinidat, la start-up fondée en 2011 par Moshe Yanai — le créateur des baies Symmetrix chez EMC —, a récemment annoncé le support natif d’ISCSI et de la compression de données sur ses baies de stockage Infinibox. Ce support coïncide avec le lancement de la version 3.0 de son OS de stockage. 

Infinidat, dont les baies de stockage ont fait leur apparition sur le marché en 2015, s’est fixé pour objectif de délivrer un stockage de classe entreprise à prix compétitif pour les datacenters des grands compets et des fournisseurs de services. Et quand Moshe Yanai parle entreprise, cela inclut le support des environnements Mainframe en plus des environnements ouverts. Un support qui fait d’Infinidat, l’un des quatre fournisseurs mondiaux sur le marché des systèmes de stockage pour les environnements critiques, aux côtés des DS88xx d’IBM, des VMAX d'EMC et des baies VSP G1000 d'Hitachi.

Ses baies de stockage Infinibox utilisent une architecture originale. Chaque système inclut 3 nœuds contrôleurs x86, dont la mission est de répondre de la façon la plus efficace possible aux requêtes d’entrées sorties des serveurs hôtes. Ensembles, ces trois nœuds de contrôle embarquent jusqu’à 89 To de mémoire vive et de Flash (en fait 1 To de RAM par contrôleur et 28,6 To de cache flash par nœud), une capacité largement utilisée comme cache de données à haute performances. 

Chacun de ces nœuds est relié via des liens Infiniband redondants aux tiroirs de disques du rack. Selon les modèles, une infinibox peut accueillir un maximum de 480 disques capacitifs SAS NL par rack, soit plus de 2,7 Po de capacité utile garantie par rack.

Dans l’architecture du constructeur, les données sont ingérées et découpées en 14 sections auxquelles sont ajoutées deux sections de parité. Les données ainsi découpées sont distribuées sur 16 disques différents de la baie. En répartissant ainsi les données entre les disques, Infinidat réduit les risques de points chauds et assure une distribution « équitable » des données sur les disques. L’objectif est de maximiser les performances et la disponibilité des données tout en assurant un temps de reconstruction minimum en cas de défaillance d’un disque. Infinidat estime, ainsi,qu’il faut moins de 10 mn pour revenir à un mode de protection optimisé après la panne de deux disques.

Selon Infinidat, son architecture permet d’assurer une disponibilité de 99,99999 % des données (7 neufs), soit moins de trois secondes d’indisponibilité par an. Les performances ne sont pas en reste puisqu’une baie haut de gamme Infinibox F6000 délivra 1 million d’IOPS et 12,5 Go/s de bande passante avec une capacité utile (avant compression) de 2,7 Po, le tout dans 42 U et avec une consommation électrique limitée à 8 KW.

Infinidat mise sur la résilience des disques durs

Avec son architecture hybride, Infinidat mise contre la mode du tout Flash qui s’est emparée de tous les constructeurs de la planète. La firme estime que si la Flash délivre les performances attendues, elle reste coûteuse pour un usage généraliste et pose aussi des problèmes de disponibilité du fait de son couplage avec des architectures bi-contrôleurs standard. 

Le discours de la société devrait encore être renforcé avec les nouvelles fonctions apportées par la version 3.0 de son OS. Grâce à la compression, une baie haut de gamme voit sa capacité utile maximale passer au-dessus des 5 Po par rack. Les baies Infinidat qui délivraient déjà des services SAN sur Fibre Channel et des services NAS, s’enrichissent d’un support natif d’iSCSI (un support jusqu’alors fourni par des passerelles externes).

Le support de la compression devrait aussi abaisser le coût au gigaoctet qui était déjà de l’ordre de 1 $. Et la firme n’entend pas en rester là.

Sans compromettre ses fonctions de classe entreprise et ses performances, Infinidat va continuer à utiliser des disques durs de plus en plus capacitifs. La roadmap de la firme prévoit d’intégrer des disques de 10 To et de futurs modèles dépassant la barre des 20 To

« Nous avons des relations étroites en R&D avec les fabricants de disques », explique Brian Carmody, le CTO d’Infinidat. « Moshe a tissé avec eux des liens qui remontent à plusieurs décennies. Ces constructeurs ont en vue des disques 3,5 pouces de 100 To. Les économies de coûts sont phénoménales. Toutefois, avec ces disques capacitifs, il faut écrire les données de façon très spécifique sous peine d’endommager les périphériques ».

Les Infinibox mettent en œuvre un système de fichiers à base de log. Cela permet d’améliorer les performances en regroupant les I/O pour ne réaliser que des écritures séquentielles « cela permet d’étendre le MTBF et de réduire les problèmes potentiels comme des écritures non alignées ».

Un mécanisme de compression sans impact sur les performances

Selon Carmody, le mécanisme de compression de type LZ4 mis en œuvre dans la version 3.0 de l’OS d’Infinidat n’a aucun impact sur les performances. Le fournisseur garantit que la capacité utile est a minima au moins deux fois supérieure à la capacité brute livrée dans ses baies.

Outre le support natif d’iSCSI et de la compression, le dernier OS d’Infinidat embarque des capacités analytiques améliorées avec notamment un tableau de bord permettant d’analyser en détail la performance unitaire des applications, mais aussi celle d’un système complet. L’une des idées de ce système est de permettre par exemple à des fournisseurs de services de suivre le fonctionnement de la baie tout en pouvant diagnostiquer la performance spécifique d’un client. La feuille de route du constructeur prévoit aussi d’offrir plus de capacités analytiques dans le cloud.

La version 3.0 de l’OS d’Infinidat sera disponible avant la fin de l’année et sera gratuite pour tous les clients sous contrat de maintenance. Les nouvelles fonctions sont incluses dans le prix de base des baies du constructeur et ne nécessitent pas de licences additionnelles.

 

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