Diversification : Salesforce creuse son sillon dans l’IoT et sème dans le LMS

A Dreamforce, l'éditeur a confirmé ses visées au-delà du CRM. Même si son objet reste la relation client, il y a dévoilé une vraie plateforme de e-formation et une offre qui tente de démocratiser l'Internet des Objets.

Salesforce se diversifie tout en restant - majoritairement - centré sur la relation client. Cette stratégie s'est confirmée au grand évènement annuel de l'éditeur avec deux annonces clefs. La première concerne son programme de formations – gratuites et en ligne - TrailHead qui s'adapte un peu plus aux besoins des entreprises. La deuxième touche à l’IoT avec un nouveau back-end « light » plus adapté aux PoC.

LMS et MyTrailhead

La version initiale du portail TrailHead se concentrait sur des cours en rapport avec la gestion des outils Salesforce, sur des tutoriels sur l’administration de son SaaS, et sur des formations au développement sur ses PaaS. Dans un deuxième temps, les modules se sont étendus à des champs de plus en plus « métier » (marketing, pratiques commerciales, etc.) et de plus en plus divers (« comprendre la banque digitale », le GDPR, etc.).

Depuis son lancement, Trailhead a par ailleurs joué la carte de la « gamification » avec des parcours et des « badges » à chaque validation d’UV. Quant aux cours proposés sur le site, ils étaient tous conçus et mis en ligne par Salesforce.

A Dreamforce, l’éditeur a ouvert la possibilité d'édition à tous ses clients. Autrement dit, les entreprises peuvent poster leurs cours sur la plateforme ce qui en fait désormais un vrai LMS (Learning Management System).

Ce LMS maison a été baptisé MyTrailhead.

Les cours peuvent intégrer des vidéos, du texte, des QCM voire des exercices (code à écrire, etc.). Ils sont ensuite accessibles à l’intérieur de l’entreprise, aux utilisateurs rattachés à son compte Salesforce - cf. ci-après.

Les cours sur MyTrailhead ne sont pas ouverts à tous. L'outil n'est donc pas en concurrence directe d’un Udemy ou d’un Coursera, mais il met Salesforce dans la même cour que les « pure players » CrossKnowledge et 360Learning, et positionne le spécialiste du CRM sur le même segment que d’autres éditeurs qui ont ajouté des briques de e-formation à leur offres (comme Infor, OpenText, SAP, Oracle ou plus récemment Workday).

A noter, MyTrailhead est disponible pour les clients des Salesforce mais également en produit séparé totalement indépendant du CRM.

A terme, Salesforce n’exclut d'ailleurs pas de décloisonner MyTrailhead pour permettre aux entreprises de partager et de commercialiser leurs modules de formations à d’autres sociétés, via la marketplace AppExchange.

D’IoT Cloud à « IoT Explorer »

Autre diversification, depuis 2015, Salesforce s’est lancé dans le back-end pour l’Internet des Objets (IoT Cloud).

Pas question de faire dans l’IoT industriel à la Watson ou à la GE Digital (en tout cas pas encore), l’idée était plutôt de compléter les capacités du CRM avec une connaissance du terrain (localisation des interventions d'agent, suivi de températures des camions réfrigérés, distributeur automatique pour remonter les remplissages, etc.) et avec un moteur d’orchestration d’évènements qui déclenche des actions dans les applications SaaS en fonction de données générées par des objets.

Au fil du temps, cette activité tente d'étendre son positionnement. Jumelé à Einstein, elle  devient même un pilier du futur de l’éditeur. Récemment, Salesforce a par exemple investi dans les toulousains de Sigfox, spécialistes du réseau pour les objets connectés.

Problème, les projets IoT sont souvent des projets lourds. Salesforce avait taillé son offre en conséquence pour des charges importantes (plusieurs millions de requêtes par jour). Mais les entreprises qui ont dépassé les phases de tests et les PoCs sont encore rares. Résultat, Salesforce IoT Cloud s’est révélé surdimensionné.

A Dreamforce, l’éditeur a donc dévoilé un autre IoT Cloud, plus modeste. Son premier nom était d’ailleurs IoT Explorer mais c’est finalement sous l’appellation MyIoT qu’elle sera commercialisée.

MyIoT est plafonné à 500.000 évènements jour, soit « l’équivalent de 20 maisons connectées », compare Guillaume Aurine, Directeur Marketing Produit chez Salesforce. A la différence d’IoT Cloud, qui repose sur Thunder et l’infrastructure d’Amazon, MyIoT repose sur Lightning et une infrastructure purement Salesforce.

Son but est de permettre « des projets concrets pour évangéliser les entreprises et démontrer ainsi la valeur de l’IoT en semaines ou en mois, mais pas en années », remet en perspective Guillaume Aurine.

MyIoT est donc plus modeste mais il est toujours possible d’appeler des services de Machine Learning et d’AI d’Einstein via des APIs pour, par exemple, faire du prédictif à petite échelle.

Une fois validés par les entreprises, les PoCs pourront être migrés « sans problème particulier » sur IoT Cloud, assure Guillaume Aurine. Ce qui permettra de passer à une phase d’industrialisation et de scaler les projets rapidement en passant à une infrastructure plus exigeante.

D’un point de vue stratégique, MyIoT montre en tout cas deux choses : que Salesforce se heurte à des obstacles dans le domaine, mais qu'il redouble d’efforts pour tenter de s’y imposer face aux plateformes des acteurs majeurs que sont aujourd'hui AWS, Microsoft, Google voire IBM, SAP (Leonardo) et Oracle.

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