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Déploiement de serveurs : les 10 points d’une check-list complète (partie 1)

Cette liste de vérification vous évitera les oublis. Des prises d'alimentation électrique à la connectivité réseau disponible, le déploiement de serveurs peut se révéler ardu. Voici les 5 premiers points de cette check-list.

L'achat des ressources informatiques adéquates à un bon prix est loin d'être le seul élément à devoir figurer sur une check-list de déploiement de serveurs.

Il en faudra des administrateurs IT talentueux et d’autres profils, pour sourcer, acquérir, préparer, installer, configurer, gérer et prendre en charge un parc d'une dizaine ou de plusieurs milliers de serveurs dans un datacenter.

A trop mettre l'accent sur la réduction de l'empreinte matérielle et sur le suivi à distance, le personnel IT peut passer à côté de problématiques très importantes. Cet aide-mémoire propose dix points à faire figurer une liste de pré-contrôle pour tout déploiement de serveurs, de la baie nue à la stack complète.

Point 1 : l'installation peut-elle gérer le surcroît de charge ?

Chaque serveur installé dans un datacenter occupera de l'espace dans les baies, consommera de l'énergie et aura besoin de ventilation et de refroidissement. Où seront placés les nouveaux serveurs ?

Si l'espace ne manque pas et que vous déployez un ou deux serveurs supplémentaires, vérifiez que leur placement n'affectera pas la circulation de l'air dans les serveurs environnants.

Si vous ajoutez 10, 20 ou 50 nouveaux systèmes sur des baies existantes, assurez-vous que l'espace physique, la puissance électrique et le refroidissement sont suffisants. Certes, les serveurs modernes consomment moins d'énergie et dégagent moins de chaleur, mais cela ne vous dispense pas de calculer la dissipation thermique : tous les systèmes de refroidissement, au niveau de la rangée supérieure des baies, en fin de baie et sur les allées, doivent supporter le surcroît de chaleur. Sinon, les systèmes surchauffent et tombent prématurément en panne.

De même, calculez la puissance nécessaire pour tous les serveurs et vérifiez que les systèmes de distribution d'énergie et la capacité électrique des circuits sont suffisants pour la charge supplémentaire.

Des centaines de nouveaux serveurs impliquent de nouvelles armoires et se traduisent en mètres cubes et en charge pour le plancher dans le datacenter. De tels projets d'expansion peuvent entraîner la refonte des systèmes auxiliaires des bâtiments, comme la protection incendie, la sécurité physique et les canalisations d'eau, pour maintenir une distance suffisante entre les baies et les conduites.

Ces grands projets peuvent aussi exiger un surcroît de gestion technique du bâtiment et des capteurs supplémentaires de contrôle de l'infrastructure du datacenter.

Point 2 : les prises d'alimentation et la capacité des onduleurs sont-elles suffisantes ?

Déterminez la prise d'alimentation de chaque nouveau serveur. Ce détail diabolique a réussi à perturber des déploiements simplissimes.

Les unités de distribution électrique déployées dans de nombreuses baies sont munies d'un nombre de prises fixe : une baie déjà fortement utilisée n'aura peut-être pas assez d'emplacements pour accueillir les branchements de nouveaux serveurs, ou d'espaces correctement placés pour arranger les cordons d'alimentation des serveurs.

Si vous devez réorganiser les cordons, il vous faudra débrancher des serveurs au prix d'interruptions de service à planifier à l'avance.

Vérifiez la capacité des onduleurs. Même le meilleur système n'a qu'une capacité de puissance et une durée de batterie fixes. Une surcharge de l'onduleur risque de déclencher le disjoncteur interne.

Une charge supérieure se traduit par une durée moindre de la batterie : déterminez l'effet des serveurs supplémentaires sur la durée d'alimentation de l'onduleur en cas de panne de courant. Dans certains cas, la charge supplémentaire peut trop raccourcir la durée de l'alimentation de secours de la batterie et empêcher l'arrêt correct du système. Avant de déployer d'autres serveurs, envisagez une mise à niveau des onduleurs ou d'autres modifications de la distribution de l'alimentation des onduleurs dans les baies.

Ces négligences touchant aux unités d'alimentation et aux onduleurs concernent rarement les expansions à grande échelle, car les nouvelles baies sont généralement équipées de nouvelles infrastructures d'alimentation pour les serveurs.

Point 3 : la connectivité réseau est-elle adaptée ?

Pour se connecter au réseau du datacenter, tous les ports de la carte réseau du nouveau système doivent être connectés au panneau de brassage, puis aux commutateurs locaux qui s'interconnectent à l'arrière de la baie.

Vérifiez que vous avez assez de ports sur les panneaux et de commutateurs pour accueillir les serveurs supplémentaires. Le recours aux clusters, la résilience informatique et les demandes accrues de trafic réseau de la part des serveurs virtuels, font augmenter le nombre de ports de carte réseau sur les serveurs de production. Il est beaucoup moins cher d'ajouter un ou deux ports Ethernet 1 gigabit (ce qui assure en plus la redondance) que d'installer un port 10 GbE ou plus. Un serveur aura besoin de plusieurs câbles réseaux (deux, quatre ou même plus) pour les connexions vers les ports du panneau de brassage ou des commutateurs. Si vous pensez ajouter tout au plus une dizaine de serveurs dans différentes baies, le nombre de nouveaux ports risque de vous surprendre.

S'il vous manque des ports sur le panneau ou sur le commutateur, ajoutez simplement un panneau et interconnectez un autre commutateur s'il reste assez d'espace dans la baie. Autrement, vous pouvez échanger le panneau existant contre une version à haute densité. Ne sous-estimez pas les efforts et les interruptions de service nécessaires pour configurer les commutateurs et déplacer les câbles : planifiez en conséquence.

Les erreurs de capacités réseaux sont rares dans les installations de serveurs à grande échelle, car les administrateurs IT planifient en même temps la capacité de commutation lors de la conception du projet.

Point 4 : détenez-vous le nombre de licences suffisant ?

Les licences logicielles peuvent s'avérer coûteuses : beaucoup de licences se chiffrent à des milliers de dollars chaque année, à multiplier par le nombre de machines virtuelles de chaque système. Les frais de licences d'une vaste installation de serveurs éclipsent facilement les coûts matériels combinés.

Pour chaque nouveau serveur, il vous faut un système d'exploitation, un hyperviseur et/ou une couche de conteneurs, des applications, des agents de suivi et de gestion IT et d'autres composants.

Chaque logiciel est régi par un contrat de licence. Les administrateurs IT doivent intégrer la planification des besoins logiciels du serveur et des licences afférentes à la checklist de déploiement afin de pouvoir déterminer les licences à acquérir ou à transférer depuis les anciens serveurs.

Limitez les dépenses : profitez de remises pour l'achat de licences en volume et négociez âprement avec les fournisseurs.

La mise à niveau matérielle d'un serveur est généralement moins onéreuse que l'ajout de nouveaux serveurs, puisque les logiciels et les licences afférentes sont très souvent transférables au nouveau matériel. Toutefois, l'ajout d'instances virtuelles sur le nouveau serveur peut faire monter les frais de licence.

Point 5 : existe-t-il un template de configuration clair ?

Les nouveaux serveurs seront configurés tâche par tâche : installation des logiciels, paramétrage des rôles, définition des adresses IP, gestion du système DNS et des informations Active Directory. Traditionnellement, ces tâches étaient faites manuellement. Cela peut encore être le cas lorsqu'il ne s'agit que d'un ou deux nouveaux serveurs.

Mais la configuration manuelle est chronophage et source d'erreurs, y compris pour les professionnels les plus aguerris. Trop d'erreurs ou d'oublis potentiels peuvent retarder le déploiement, entraîner des dépannages inutiles, exposer des failles de sécurité inattendues, ou simplement produire un système configuré différemment des autres, générant la confusion ou des erreurs à venir.

Les organisations doivent préparer l'installation des serveurs selon un plan de configuration clairement défini. L'opération peut être manuelle si la configuration du système est bien documentée et suit une liste de contrôle cohérente.

La suite (et la fin) de cette liste est disponible ici.

Dernière mise à jour de cet article : novembre 2016

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