Le studio À La Plage rend les sauvegardes sur LTO aussi utiles que sur disques

Pour le studio de postproduction, les cassettes LTO sont des supports vivants qui contiennent des rushes et des travaux à restaurer régulièrement. Sauf que les outils d’archivage ne sont pas prévus pour cet usage.

Cet article est extrait d'un de nos magazines. Téléchargez gratuitement ce numéro de : STORAGE: Storage 26 : La recherche contre le Covid-19 bascule sur des NAS élastiques

Le studio de postproduction À La Plage a finalement adopté la solution d’archivage ADA d’Atempo – entretemps renommée Miria – pour résoudre une problématique de stockage sur bandes LTO plutôt complexe.

Suite de l'article ci-dessous

« Dans notre domaine, les enregistrements que nous mettons sur bandes LTO sont des médias vivants. Ce sont des rushs haute résolution que nous devons retrouver lorsque nous avons terminé nos montages sur des versions compressées, des travaux dont nous devons régulièrement rééditer des parties lorsqu’une œuvre doit être modifiée a posteriori et aussi, bien entendu, des masters que nous devons remettre à nos clients en fin de production. Pour toutes ces raisons, il est essentiel de pouvoir extraire des fichiers des bandes aussi facilement qu’avec des disques durs », raconte Guillaume Bossu, le DSI d’À La Plage.

Le studio travaille aussi bien sur des longs-métrages pour le cinéma que sur des fictions pour la télé, soit respectivement 1 To et 400 Go de données par heure de rushes. Dans certains cas, ces rushes ne sont même pas des fichiers vidéo, mais des images, à raison de 24 par seconde. « Lorsque nous avons commencé notre activité en 2016, nous ne devions gérer que deux ou trois films à la fois. Nous ne travaillions alors que sur un NAS et nous avions un lecteur LTO-7 greffé à lui, juste pour sauvegarder son contenu. Mais au bout de deux ans, notre activité a connu une forte croissance et nous avons eu de plus en plus besoin de nous servir des bandes pour stocker et rouvrir des données. »

« Nous voulions un logiciel qui garderait en mémoire l’emplacement de tous nos fichiers, qui nous présenterait notre hiérarchie de dossiers comme si nous étions sur disques durs. »
Guillaume BossuDSI, À La Plage

L’équipe d’À La Plage range chaque élément de chaque production dans une hiérarchie de répertoires pour mieux indexer les types de contenus. Si cette méthode est particulièrement efficace sur les disques durs de son NAS, elle devient éprouvante dès lors que l’on travaille avec des bandes : « ne serait-ce que pour récupérer un plan, il fallait passer par un logiciel qui commençait par scanner à chaque fois tout le contenu d’une cassette avant de pouvoir en extraire le fichier recherché et cela pouvait prendre des heures ! », se souvient le DSI.

Problème, Guillaume Bossu a beau chercher une alternative, il ne trouve que des logiciels d’archivage conçus pour délester d’un coup les disques d’un NAS sur cassettes. « Nous voulions un logiciel qui garderait en mémoire l’emplacement de tous nos fichiers, qui nous présenterait notre hiérarchie de dossiers comme si nous étions sur disques durs et auquel nous pourrions simplement dire : extrais-moi tel fichier. »

Atempo ADA pour voir les cassettes comme des disques durs

En 2018, par hasard, une connaissance met Guillaume Bossu en relation avec l’éditeur de logiciels de sauvegarde Atempo, qui a justement à son catalogue un produit, ADA, correspondant en tous points aux attentes d’À la plage. « Nous les avons rencontrés, ils nous ont juste fait une présentation des capacités et j’ai signé tout de suite », se souvient l’intéressé.

L’intérêt d’ADA est qu’il inventorie tout ce qu’il stocke et présente l’ensemble au travers d’un explorateur de fichiers. « Depuis cette interface, il n’est pas possible d’ouvrir les fichiers. En revanche, nous savons quelle est leur taille, ce qu’ils contiennent et sur quelle cassette LTO ils se trouvent. Il est ensuite trivial de lui dire quelles données restaurer ; il est même possible de lui demander de restaurer une version antérieure d’un fichier », se réjouit le DSI.

Pour autant, ADA ne prend tout son intérêt qu’avec une configuration matérielle plus musclée. À commencer par l’utilisation d’une bibliothèque de bandes plutôt qu’un lecteur seul. « Le déploiement d’ADA nous a incités à revoir notre infrastructure, ce que nous devions de toute façon faire pour accompagner la croissance de notre activité. Pour des raisons de coûts, j’ai opté en 2018 pour une bibliothèque de bandes LTO-6, de marque Overland, dont les cartouches sont moins capacitives qu’en LTO-7. Mais qu’importe : cette bibliothèque comporte un lecteur et 24 slots pour un accès rapide à autant de cassettes. »

Dans la foulée, A La Plage s’équipe de trois NAS, où les stations de travail stockent les données en cours, et d’un réseau en 10 Gbit/s. Celui-ci sera mis à jour en 2020 avec des switches 100 Gbit/s, plus adapté à l’enregistrement de vidéos entretemps passées à l’Ultra-HD. Toutes les machines du réseau, susceptibles de contenir des données archivables sur LTO, sont équipées d’un agent Atempo « Data Mover » qui communique avec le logiciel ADA.

« Pour exécuter le logiciel ADA en lui-même, Atempo ne nous a pas spécialement proposé de serveur dédié. Nous avons donc décidé d’en construire un nous-mêmes, sur la base d’une carte mère Asus, avec une carte réseau suffisamment performante. » Cette machine sera également mise à jour en 2020, notamment pour piloter deux bibliothèques de bandes en plus, cette fois-ci de génération LTO-8.

Une interface de prime abord complexe, mais finalement puissante

« Nous avons mis un mois, entre le moment où nous avons signé et celui où nous avons enregistré notre première cassette LTO, puis encore quelques semaines pour comprendre les subtilités. »
Guillaume BossuDSI, À La Plage

L’ensemble de ces déploiements représentant un certain investissement À La Plage fait le choix de ne pas souscrire à l’accompagnement qu’Atempo propose en option. « Je dois bien reconnaître qu’il a été assez compliqué au début de comprendre tout seul comment paramétrer ADA et comment l’utiliser. Nous avons mis un mois, entre le moment où nous avons signé et celui où nous avons enregistré notre première cassette LTO, puis encore quelques semaines pour comprendre les subtilités, typiquement le fait de ne réaliser que des sauvegardes incrémentales, pour ne pas avoir à enregistrer à nouveau les fichiers qui n’ont pas changé depuis la sauvegarde précédente. »

« L’interface est complexe, il y a beaucoup d’informations à comprendre. Mais, à l’usage, on sent que leur approche ergonomique est en définitive la meilleure, parce que tous les éléments se trouvent à l’endroit le plus logique », dit Guillaume Bossu, qui précise préférer utiliser l’interface avancée, car elle donne accès à plus de fonctions que l’interface standard.

Le DSI témoigne même d’une certaine aisance : « une fois que l’on a compris les subtilités du paramétrage, l’utilisation est très facile. Depuis l’interface, je glisse et dépose les fichiers de nos NAS sur la bibliothèque. L’enregistrement ne se déclenche pas tout de suite, cela crée un job, qui s’alimente tout au long de la journée avec nos demandes manuelles d’enregistrement et que je lance en fin de journée. Bien évidemment après m’être assuré que suffisamment de cassettes vierges ont été placées dans la bibliothèque. »

Au fil du temps, Guillaume Bossu expérimentera tout de même des difficultés de-ci, de-là. Mais il se félicite du support technique de l’éditeur qui a toujours su venir à son secours en temps et en heure. « Par exemple, lorsque nous avons ajouté nos deux bibliothèques LTO-8, nous avons été victimes de lenteurs inexplicables. J’ai envoyé un e-mail au support technique, qui m’a apporté la réponse dès le lendemain et qui m’a même rappelé le surlendemain pour savoir si tout marchait comme attendu. Leur proactivité est très appréciable ; les autres fournisseurs avec lesquels nous travaillons doivent systématiquement être relancés. »

De nombreuses perspectives d’évolution

Séduit par la solution d’Atempo, Guillaume Bossu pense pouvoir l’exploiter à terme au-delà de ses simples fonctions de sauvegarde, pour appuyer ses besoins métier. « Par exemple, nous avons souvent besoin de remixer un film. Dans ce cas, notre logiciel d’étalonnage a conservé en mémoire le nom de tous les fichiers nécessaires. Aujourd’hui, nous consultons cette liste et indiquons manuellement à ADA les fichiers à restaurer. Demain, nous devrions pouvoir dire à ADA d’aller consulter lui-même cette liste pour savoir quels fichiers restaurer », imagine-t-il.

Il pense pouvoir également optimiser le travail entre ADA et ses NAS. « Lorsque les jobs se lancent, ADA scanne sur les NAS tous les fichiers à sauvegarder, pour savoir lesquels ont été mis à jour et lesquels n’ont pas changé et n’ont donc pas besoin d’être à nouveau enregistrés. Cependant, l’information de ce qui a été mis à jour existe dans nos NAS, et le scan serait inutile si ADA pouvait la récupérer. Nous gagnerions ainsi du temps sur les sauvegardes. » Selon lui, cette facilité serait néanmoins conditionnée par un rapprochement entre Atempo et le fabricant des NAS, en l’occurrence Rozo Systems. Il se trouve que les deux fournisseurs sont français.

Enfin, Guillaume Bossu espère pouvoir décliner les agents Data Mover d’Atempo sur les stations de travail elles-mêmes. « Nous avons équipé nos Mac de cartes réseau 25 et 50 Gbit/s pour communiquer à pleine vitesse avec le stockage partagé. Mais il se trouve que le système de ces machines ne sait pas tirer parti de toute la bande passante possible lorsqu’il copie les fichiers vers nos NAS. Les outils d’Atempo, eux, fonctionnent parfaitement. »

Pour approfondir sur Backup et protection de données

Close