Microsoft annonce la disponibilité d'Azure Stack pour Septembre 2017

Microsoft a profité de sa conférence Inspire pour annoncer le lancement de son offre de cloud privée hyperconvergée Azure Stack en septembre. LeMagIT revient sur l'annonce, sur le périmètre fonctionnel d'Azure Stack et sur sa tarification.

Microsoft a profité de sa conférence Inspire qui se tient cette semaine à Washington pour officialiser la date de lancement d’Azure Stack, son offre de cloud privé hyperconvergée.

Avec cette nouvelle offre, Microsoft a pour objectif de permettre aux entreprises de déployer des solutions d’infrastructure et des applications en mode hybride en conjonction avec son cloud public Azure.

Azure Stack est une adaptation au cloud privé des principaux services et des principales technologies d’Azure et son but et de permettre aux entreprises de déployer en interne des services et applications compatibles.

Une offre d’appliances disponible chez la plupart des grands constructeurs mondiaux

L’offre Azure Stack sera commercialisée sous la forme d’appliances par les principaux constructeurs mondiaux. En septembre, Dell EMC, HPE et Lenovo seront les premiers à se lancer, suivis en fin d’année par Cisco puis par Huawei en 2018.

À notre connaissance, c’est la première fois que le constructeur chinois proposera une technologie de cloud non développée en interne et qui n’est pas basée sur du code open source à l’international (Huawei avait initialement annoncé un partenariat avec Simplivity dans l’hyperconvergence, mais ce dernier à été mis à mort quelques semaines plus tard lors de l’acquisition de la jeune société par HPE).

Azure Stack joue la complémentarité avec Azure pour le cloud hybride

Techniquement, Microsoft présente Azure Stack comme une extension d’Azure ce qui est certainement plus vrai que ce que l’éditeur avait annoncé avec Azure Pack, que nous avions qualifié de « Canada Dry d’Azure » lors de son lancement.

Si l’on met de côté le fait qu’Azure est un cloud public à grande échelle avec une infrastructure bien particulière, notamment en matière de stockage et de réseau, Azure Stack reprend en effet quelques-uns des grands fondamentaux d’Azure à commencer par son portail, ses mécanismes d’authentification, son bus de services et ses principales API, notamment en matière de déploiement d’applications et de provisionning de ressources.

Si Azure Stack et Azure ont beaucoup en commun, l’offre de cloud privé de Microsoft est toutefois loin d’implémenter l’ensemble des services du cloud public et les deux ne seront sans doute jamais en parfaite synchronisation.

Au démarrage certains services clés seront aussi absents, comme Azure Service Fabric-as-a-Service ou Azure Container Service-as-a-Service. Selon Microsoft, ces services n’arriveront que dans le courant 2018 (sans précision sur la date d’arrivée, ce qui veut en général dire plutôt tard que tôt). Le catalogue des services disponibles au lancement reste toutefois significatif.

Azure Stack implémente certains grands services d’Azure mais reste encore incomplet

En matière d’infrastructure, Azure Stack propose bien évidemment des services de virtualisation avec trois tailles de machines virtuelles (À D et Dv2), des services de stockage (Blobs, Tables — stockage NoSQL — et Queues - Bus de messages) et des services réseau (Réseaux virtuels, équilibrage de charge, passerelle VPN).

Côté PaaS, les principaux services applicatifs d’Azure (Web Apps, Mobile Apps, API Apps) sont disponibles, de même que les Azure Functions (l’architecture Serverless à base d’événements de Microsoft). Les services de bases de données MySQL et SQL Server as a service sont aussi proposés sous forme optionnelle.

À cela s’ajoute les « templates » SQL Server et Cloud Foundry. Les templates liés à Azure Container Service devraient être supportés avec l’arrivée du moteur en 2018 (Mesosphere DC/OS, Docker Swarm, Kubernetes). Selon Microsoft au lancement Azure Stack supporte aussi les templates de Bitnami et ceux de Kemp technologies (Firewall applicatif et Load balancer)

Enfin côté sécurité et identité, la première mouture d’Azure Stack supporte les services Azure Active Directory (AAD) en mode multi-tenant et les services de fédération AD (ADFS)

Une infrastructure à même d’être déployée dans de multiples datacenters

Lors du lancement, chaque pod d’infrastructure Azure Stack – ce que Microsoft appelle une « Scale Unit » pourra agréger entre 4 et 12 nœuds, une limite qui sera étendue en fin d’année à 16 serveurs.

 Dans chaque scale Unit, les configurations des serveurs doivent être homogènes (mêmes CPU, mémoire, disque et réseau). Il est possible d’agréger de multiples scale Unit au sein d’un même datacenter (ce que Microsoft appelle une région). Et il est enfin possible d’agréger de multiples régions en un cloud.

L’ensemble des ressources de ce cloud est vu au travers de l’Azure ressource Manager et exposé via le portail Azure Stack ou via l’interface en mode ligne de commande. Il est aussi possible dans le cadre d’une approche DevOps de voir et de consommer ces ressources directement via Visual Studio.

Une tarification à plusieurs niveaux

La tarification d’Azure Stack s’opère à plusieurs niveaux. Tout d’abord, il est nécessaire d’acquérir les appliances physiques Azure Stack auprès d’un des fournisseurs certifiés. Celapeut se faire en mode CAPEX ou, selon les options de financement des constructeurs, en mode OPEX.

Ensuite, l’utilisation d’Azure Stack est facturé à l’usage. Ainsi le prix à l’heure d’une VM est respectivement de 0,7 centime/vCPU/h ou de 3,9 centimes/vCPU/h selon que la machine est une VM de base (sans OS) ou un VM sous Windows (soit 5,06 €/vCPU/mois ou 28,68 €/vCPU/mois).

Ce tarif paraît élevé au regard du prix public des licences Windows Server. Ainsi, en admettant une utilisation de l’ensemble des cœurs d’un serveur moderne à 32 cœurs, Azure Stack revient à un peu plus de 11 000 € par an et par serveur bi-socket à 32 cœurs, contre 12 310 $ pour une licence perpétuelle de Windows Server 2016 DataCenter Edition et 7200 $ additionnels pour System Center. Il est à noter que les entreprises disposant déjà de licences Windows Server 2016 dans le cadre de leur accord de licence d’entreprise pourront affecter ces licences aux nœuds Azure Stack et ne payer alors que le prix de la VM de base.

À ce coût des VM s’ajoute celui des autres services. Pour le Stockage, les blobs (stockage objet) sont facturés 0,6 centime/Go/mois, tandis que les services Table et Queues sont facturés 1,6 centime/Go/mois. Enfin, la consommation des services applicatifs (Web Apps, Mobile Apps, API Apps, Functions) ajoute 4,8 centimes/vCPU/h (soit 35,42 €/vCPU et par mois) à la facture.

Microsoft indique qu’il est aussi possible pour les entreprises d’opter pour une facturation forfaitaire basée sur le nombre de cœurs installés dans les appliances. La tarification de cette option n’a toutefois pas été précisée.

Au final, les entreprises devront comparer le coût de la solution de Microsoft à celle de ses concurrents. Parmi ces derniers, on peut noter l’offre émergente de cloud hybride de Nutanix (qui combine les appliances hyperconvergées du constructeur, l’offre applicative Calm et le cloud hybride Xi) ainsi que l’offre de cloud vSphere Cloud Foundation de VMware qui sera notamment déployée par IBM ou dans le cloud Amazon.

Il faudra aussi surveiller de près l’évolution de l’offre OpenStack de Huawei (FusionSphere) proposée à la fois sous forme de cloud public par le constructeur, mais aussi sous forme privée, via ses appliances hyperconvergées. Cette offre est notamment poussée activement en France par Orange Business Services (qui propose par ailleurs également les solutions de Nutanix).

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